Où un être humain puise-t-il la force d'affronter ce qui peut le détruire dans sa personne, son identité ou sa culture ? Comment réussit-on à survivre à la solitude, la détresse, la menace de mort ? Journal, autobiographie ou témoignage, les ?uvres d'Anne Frank, Amadou Hampâté Bâ, Claude Vigée et Primo Levi sont autant de lieux de survie : à la clandestinité pour Anne Frank ; à la disparition de sa culture d'origine, orale et nomade, pour le Peul Amadou Hampâté Bâ ; à l'extermination par les nazis de sa famille et de sa communauté, juive alsacienne, et à l'exil pour Claude Vigée ; au camp d'Auschwitz pour Primo Levi. Dans l'?uvre de chacun se dévoile une figure commune, un semblable en soi auquel le Je s'adresse, un " témoin interne ", qui leur permet de faire ?uvre de résistance intérieure. Anne Frank s'invente une amie, Kitty, à laquelle elle se confie. Pour sauver le passé de l'effacement, Claude Vigée et Amadou Hampâté Bâ convoquent les récits familiaux, les voix de leurs proches. Et Primo Levi témoigne de l'importance du dialogue intérieur, d'une relation à soi quand les nazis tentent d'abolir toute relation à autrui, de détruire en chacun le sentiment d'appartenance à l'espèce humaine. Mais ces figures exemplaires vont bien au-delà d'elles-mêmes : elles montrent que le dialogue intérieur avec le " témoin interne " est un enjeu psychique fondamental pour chacun, car c'est lui qui nous donne le sentiment d'exister et d'appartenir à l'espèce humaine. C'est ce que démontre avec beaucoup de profondeur et de sensibilité Jean-François Chiantaretto, qui formalise ainsi un nouveau concept.
Nombre de pages
180
Date de parution
13/04/2005
Poids
200g
Largeur
136mm
Plus d'informations
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EAN
9782700724394
Titre
Le témoin interne
Auteur
Chiantaretto Jean-François
Editeur
AUBIER
Largeur
136
Poids
200
Date de parution
20050413
Nombre de pages
180,00 €
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Résumé : La perte de soi est souhaitable pour tout un chacun, au titre d'une nécessité intérieure. Se parler et parler, être présent dans les mots et être représenté par les mots : cela suppose de consentir à se perdre, à ne jamais coïncider avec soi-même. A l'opposé, il est une autre figure de la perte de soi, relevant de la destructivité et de l'autodestructivité : la disparition de soi à soi-même. Comment survivre à cette perte ? Telle est bien la question posée par "l'existence limite", qui traverse tout le livre. Avec deux éclairages, aussi indirects qu'essentiels. D'une part, le dialogue de Freud et Ferenczi, destructeur et créateur, qui re-commence la psychanalyse. D'autre part, l'écriture survivante de Kertész, qui fait oeuvre de l'effacement.
L'écriture de soi (autobiographie, journaux intimes, autofiction, etc.) met toujours en scène une tension entre deux positions psychiques : attester d'une identité (voilà qui je suis), témoigner d'une altération (voilà qui je suis empêché d'être). L'enjeu semble la délimitation de soi, au sens d'un espace intérieur, d'un lieu singulier d'interlocution interne. Entre la sculpture et la marche, la fouille et la déambulation, le récit et son impossibilité. Une telle délimitation de soi prend une valeur spécifique lorsque l'auteur témoigne dans l'écriture d'une expérience psychique d'effraction, d'implosion ou de falsification de l'être. Il s'agit notamment des expériences traumatiques extrêmes ou des troubles ayant rendu précaire ou incertaine la construction même de l'espace psychique. Dans ces différents registres de la survivance, l'écriture de soi prend alors littéralement fonction d'une écriture des limites : l'effort de (re)construire un lieu pour soi, suffisamment vivable et vivant. Le croisement de l'écriture et de la clinique est ici nécessaire, avec des spécialistes de la littérature, des écrivains, des traducteurs et des psychanalystes.
Le déploiement contemporain de la littérature dite personnelle appelle un changement de point de vue, quant à l'entrecroisement de la psychanalyse et de la littérature. Dans le même temps, les psychanalystes sont de plus en plus nombreux à reconsidérer leur rapport au champ littéraire, à partir des questions nées de leur propre pratique de l'écriture. Littéraires et psychanalystes se trouvent ainsi engagés, davantage et autrement, à faire travailler ensemble leurs interrogations ; et particulièrement les plus vives, autour du problème de l'écriture de soi. Quels sont les enjeux chez les écrivains d'une mise à distance du "biographique" ? Où en est aujourd'hui, du côté des analystes, la relation d'altérité entre littérature et psychanalyse ? En quoi les "cas" sont-ils à envisager d'un point de vue littéraire ? Quel rôle la littérature, et plus particulièrement la littérature personnelle, a-t-elle joué dans le développement historique de la psychanalyse ? Comment penser l'articulation du temps et de la narration dans la cure ? Quelles sont les fins de l'écriture autobiographique après la cure ? ... Telles sont les questions, parmi d'autres, abordées dans ce livre.
En quoi l'écriture autobiographique concerne-t-elle la psychanalyse et le psychanalyste? Que peuvent apporter la psychanalyse et le psychanalyste à une réflexion sur l'autobiographie? Dialoguant avec les théoriciens et critiques littéraires, l'auteur pose la question de l'écriture autobiographique chez Freud. Il en dégage un modèle, qui s'avère utile pour rendre compte des textes autobiographiques d'analystes, de ceux intégrant l'écriture de la cure par l'analysant et, enfin, de l'autobiographie sartrienne. L'ouvrage avance sur cette base les éléments théoriques pour une approche psychanalytique de l'autobiographie. S'opposant à l'idée de la psychanalyse appliquée, l'auteur met ainsi en oeuvre une position de lecture indissociablement de psychanalyste et de critique littéraire.
Petits dialogues familiers, naturels, presque à bâtons rompus - on les dirait parfois tenus au coin du feu : ces entretiens d'hier et d'aujourd'hui sont ceux de Gitta avec son Ange. Pour la première fois, celle qui fut le scribe des quatre Messagers avoue une intimité qu'elle n'avait jamais révélée jusqu'ici ; après avoir voulu, pendant des années, transmettre l'Enseignement d'une façon aussi rigoureuse et structurée que possible, elle nous raconte enfin à visage découvert comment elle vit, quotidiennement, la présence de son Maître intérieur. Ici se joue une pièce à deux personnages, où il n'est question que de l'essentiel ; tragique par moment, mais avec des pauses, des moments de repos souriant, des face à face tranquilles : " Je lis justement un article scientifique, et je te sens prêt à entamer une petite conversation à ce sujet... " Les grands thèmes des Entretiens s'y retrouvent, bien sûr : l'amour et la joie, la culpabilité et la peur, la naissance de l'homme de demain, la nécessité vitale du don de soi ; mais sous un éclairage différent, qui nous permet d'aller plus loin, d'y découvrir une autre nourriture. Gitta n'a jamais prétendu avoir tout saisi consciemment des paroles de vie qu'elle avait entendues : même si elle sait les Dialogues par c?ur, elle n'en comprend, comme tous les lecteurs, que ce qu'elle est capable d'intégrer, de faire sien. Avec ce nouveau livre, elle vient aujourd'hui nous faire partager ses dernières découvertes.
Mallasz Gitta ; Raoul-Duval Dominique ; Hinshaw Fi
Attention, ce n'est plus moi qui parle ! " Par ces mots commence, dans un petit village de Hongrie, une étonnante aventure spirituelle. En 1943, au coeur de l'Europe déchirée, quatre jeunes gens - Hanna, Lili, Joseph et Gitta - décident d'installer à la campagne leur atelier de décoration. Eloignés de toute pratique religieuse, mais en quête de vérité, ils souhaitent vivre une vie plus attentive à l'essentiel. Des lors, et durant dix-sept mois, des forces de Lumières - que les quatre amis appelleront aussi "Anges " ou "Maîtres intérieurs" - s'expriment régulièrement par la bouche de Hanna. Ces entretiens brûlants s'achèvent tragiquement par la déportation et la mort de Joseph, Lili et Hanna, Juifs tous trois ; Gitta, la seule survivante, entreprend de transcrire mot à mot les messages de l'Ange. Les petits cahiers où elle a consigné cette expérience spirituelle donnent naissance à ce document stupéfiant que sont les Dialogues avec l'ange, publié pour la première fois en 1976 et traduit dans une quinzaine de langues. Les dix messages dits de "Aube" qui constituent l'enrichissement principal de cette nouvelle édition ont tout d'abord été publiés en 1981 dans leur version originale allemande. Pour la première fois, ils sont intégrés à l'édition française des Dialogues, contribuant de manière précieuse à leur compréhension.
L'âge d'or du duel en France. ce n'est pas l'époque des mignons de Henri III. mas le siècle du fer et de la vapeur: après la Révolution française, plus besoin d'être noble pour porter l'épée et provoquer un adversaire aussi bien né que vous. Tout le monde peut se battre, et tout le monde se bat, à l'épée, au sabre, au pistolet; à propos d'un pied écrasé par mégarde, d'un article de journal venimeux, ou d'un adultère trop voyant. A force de se battre, on commence à se tuer moins: le dernier duel meurtrier connu a lieu en 1903. Et puis, après la boucherie de la Grande Guerre, le duel s'étiole, même si quelques combats ont encore lieu jusque dans les années 50 - notamment celui qui opposa Defferre à Ribière, indigné d'avoir été traité d'"abruti". Fourmillant de récits de rencontres légendaires ou méconnues, ce beau livre raconte la saga du duel sous toutes ses formes, sociales, littéraires ou politiques.