L'opposition épistémologique radicale de la théorie "savante" aux "savoirs ordinaires" doit-elle nous conduire à penser que les savoirs opératoires seraient dénués de toute capacité autodescriptive ou bien, au contraire, ignorer ce cadre d'analyse, en gommant les formes les plus rationalisées de la théorie scientifique, nous apporterait-il plus de clarté conceptuelle ? Pour sortir de ces impasses, l'ambition de cet ouvrage collectif est de prendre en compte la diversité conceptuelle des régimes théoriques et la diversité des acteurs qui s'en saisissent pour dresser une cartographie plus ouverte de l'activité théorique et des formulations réflexives. Les contributions de ce volume cherchent à décrire les formes élémentaires de la théorie qui ne s'assument pas comme telles en mettant en évidence des régimes théoriques, manifestes pour certains, furtifs pour d'autres, en s'intéressant aux théories et savoirs opératoires que produisent les praticiens, qu'il s'agisse des horlogers du XVIIe siècle, des musiciens et chefs d'ensembles de la musique ancienne, du music-hall, des fictions télévisuelles contemporaines, ou des pratiques et outils éditoriaux du monde universitaire au XIXe ou XXe siècle.
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Date de parution
07/03/2013
Poids
398g
Largeur
170mm
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EAN
9782713223785
Titre
THEORIES ORDINAIRES
Auteur
CHEYRONNAUD/PEDLER
Editeur
EHESS
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170
Poids
398
Date de parution
20130307
Nombre de pages
0,00 €
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Ce volume délimite les périmètres qu'épousent les formes spectaculaires en explorant les frontières de ce qui fait spectacle. D'où l'attention portée aux situations et dispositifs borderline qui ne rentrent pas strictement dans les définitions ordinaires de cette forme - les foires commerciales, les interactions urbaines ordinaires, la messe télévisée, l'opéra hors les murs - ou aux opérations conduisant à renouveler ou à déplacer la forme spectacle - la prédation, les iconoclasties médiatiques. Est également interrogée dans ce volume la parenté des formes spectaculaires contemporaines avec les rituels républicains, avec les dispositifs anciens que nous reconnaissons aujourd'hui, de manière téléologique, comme spectacles. Articulé en trois parties, La forme spectacle explore, grâce à la contribution d'anthropologues, d'historiens et de sociologues, les régimes de spectacle en leurs diversités tout en questionnant leurs fondements, puis met en lumières leurs formes critiques pour proposer ensuite une anthropologie des dispositifs spectaculaires numériques.
Jacques Cheyronnaud, directeur de recherche au CNRS, est spécialisé en ethnologie religieuse de l'Europe. Il a consacré une thèse d'ethnologie au lutrin d'église et aux chantres (XIXe-XXe siècles). Marcel Pérez a créé en 1984 un centre de recherche sur l'interprétation des musiques médiévales à la Fondation Royaumont et dirige depuis bientôt vingt ans l'ensemble Organum. Il s'applique à mettre en relation les traditions vivantes avec les répertoires disparus.
Musique, politique, religion ont ici une entrée commune l'hymne et cette manière de chanter ensemble qui fédère nations et églises, partis et syndicats. Ancrant son regard dans une anthropologie de nos équipements culturels (l'institutionnalisation d'une ethnomusicologie de la France), Jacques Cheyronnaud scrute la façon dont la musique entre dans nos dispositifs politiques et religieux : hymnes activés dans leurs meetings par les candidats aux élections présidentielles de 1995 et 2002, engagement du groupe Zebda dans les municipales de 2001... Puis vient la religion, et l'attention portée à la profération chantée se déplace sur le risque blasphématoire. Rire de la religion ? Ici, les études portent sur La dernière Tentation du Christ, le " baiser Benetton ", Larry Flint... On retrouve dans ce livre plusieurs manières de faire et de penser dans les sciences sociales du dernier quart de siècle et que J. Cheyronnaud met à l'épreuve de l'expérimentation anthropologique. Pionnier de l'ébranlement des territorialisations disciplinaires, il contribue ainsi au rapprochement de l'anthropologie, de l'histoire et de la sociologie. A l'heure où l'on peut tout craindre des repliement identitaires sur des principautés disciplinaires, la lecture active de ce livre permettra de contrecarrer bien des régressions.
L'Homme poursuit l'enquête engagée dans le précédent numéro : quelle est donc cette curieuse chimère à deux têtes qui orne sa couverture depuis sa fondation ? Selon Claude Lévi-Strauss, qui l'a choisie, il s'agirait d'un "dieu Tortue" de la culture pré-colombienne Coclé, en Amérique centrale. Que sait-on de cette culture et de ses productions graphiques ? A quel genre de dieu, et à quel genre de tortue, correspond ce personnage ? Et que dire de la bicéphalité joyeuse et hypnotique qui le caractérise ? Richard G. Cooke et Carlo Severi apportent quelques éclaircissements sur ces questions. Trois "Etudes & Essais" forment le coeur de ce numéro, illustrant une nouvelle fois l'ouverture épistémologique de notre revue. Camille Chamois explore à quelles conditions ethnographiques, philosophiques et psychologiques une théorie perspectiviste peut envisager la multiplicité de points de vue d'êtres différents, humains ou non humains. Abigaël Pesses nous conduit ensuite chez les Karen de Thaïlande et nous présente un curieux motif dessiné sur l'envers d'un plateau de riz, dans lequel toute une cosmologie se voit sobrement condensée afin de guider les morts sur le chemin de l'au-delà. Sophie Blanchy et Haddad Salim Djabir, pour leur part, restituent les échanges cérémoniels qui rythment et organisent les relations entre groupes de descendance sur l'île de Mohéli dans l'archipel des Comores, de même que le processus historique de la préservation de ces usages sous l'influence de riches marchands étrangers. Laurent Berger, enfin, clôt ce numéro par un nouveau commentaire critique du livre de Charles Stépanoff, Voyager dans l'invisible. Techniques chamaniques de l'imagination (La Découverte, 2019), en réexaminant la corréla¬tion entre naissance de la hiérarchie et mode de médiation reli¬gieuse. Il est ainsi question de cosmologies, dans ce numéro, et de la matière cérémonielle et picturale par laquelle une population figure - et donc rend disponible - le monde relationnel qu'elle habite et qu'elle produit.