Eric Chevillard a fait de ses textes des lieux peuplés de toutes sortes de créatures, bestiaire grouillant de crabes, punaises, hérissons, orang-outans ou, plus récemment, tortues qui font partie de sa panoplie littéraire. Ici, dix-huit cages, comme autant de scènes, et dans chacune un couple d'une espèce différente évoque de banales questions de séduction, de territoire ou de mort... Plongée aussi indiscrète que nécessaire au coeur du zoo, ces dialogues animaux agissent comme loupe et miroir, révèlent autant qu'ils auscultent : nous voici scrutés par un verbe bien vicieux. (Sans doute révèle-t-il aussi le côté bestial d'Eric Chevillard car, muni de seulement dix doigts, il ne semble pas possible de pouvoir appuyer sur autant de failles et fausses évidences...) Philippe Favier, à force de subtils collages spécialement pensés pour ce livre, vient finir de noyer notre imaginaire.
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Nombre de pages
88
Date de parution
10/09/2020
Poids
190g
Largeur
139mm
Plus d'informations
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EAN
9782377920525
Titre
Zoologiques
Auteur
Chevillard Eric ; Favier Philippe
Editeur
FATA MORGANA
Largeur
139
Poids
190
Date de parution
20200910
Nombre de pages
88,00 €
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Monotobio plutôt que Mon autobio, avec quatre O comme quatre roues bien rondes, car il s'agit de ne pas traîner. Nul temps mort dans nos vies, le train des conséquences ne ralentit jamais, tout s'enchaîne selon la logique impérieuse du destin. Nous rencontrons ici un écrivain éperdu, aux prises avec son autobiographie. Peut-il se permettre de passer sous silence les plus menus incidents de son existence ? Chaque instant compte. La seconde où il a marché sur sa balle de ping-pong, celle où il a caressé un zèbre... S'il tait ces épisodes, la trame de son récit ne risque-t-elle pas de se défaire ? Et si tout était écrit avant d'être vécu, que lui reste-t-il maintenant à inventer ?
Résumé : Un jour, Gaston Chaissac a saisi un pinceau. Que se passa-t-il alors ? Rien. Nulle foule rassemblée, nulle pluie d'étoiles, nul craquement sinistre de la machine du monde. Je m'étonne décidément que les gestes les plus importants ne soient jamais perçus comme tels aussitôt par quelqu'une des innombrables antennes sensibles qui vibrent dans les airs. La nuit tomba sur ce jour comme sur tous les autres, avec indifférence. Le lendemain, enfin, les ennuis commencèrent. Voici le peintre maigre à la recherche d'un peu de santé pour lui-même. Mais c'est le monde alentour qui reprend des couleurs. Regardez-les : les tableaux de Chaissac ne seront jamais ces marqueterie desséchées devant quoi l'esthète se prosterne, dont le souffle bavard décolle une à une les écailles. Les peintures des enfants ne sont pas si pimpantes, et pourtant, sommes-nous assez obtus encore pour n'y rien comprendre et ne rien voir de la solitude et de l'effroi de l'homme né dans un cerne noir ?
Le journal en public d'Eric Chevillard est bien installé dans sa pré-adolescence et prouve cette année encore qu'il reste d'une grande vivacité, d'une réelle drôlerie et d'une indispensable pertinence : parlant de littérature et de quotidien, de faits infimes confrontés à une actualité oubliable, des vicissitudes de vivre et d'écrire en même temps que du bonheur d'être père, il enchante par ses inventions et sa langue précise. C'est une entreprise pour le moins originale et qui n'a pas d'équivalent dans la littérature contemporaine française. Avec ses inconditionnels qui suivent depuis douze ans le parcours d'un auteur exigeant.
Si certains en prennent pour leur grade, si les idées reçues y sont soumises à l'épreuve implacable de l'acide et de l'ironie, aucun animal en revanche n'a été maltraité ou blessé pendant l'écriture de ce livre. A l'exception d'un blaireau, bien sûr, comme son titre en fait l'aveu. Mais l'auteur semble hors de cause et plutôt déterminé à le venger. Y parviendra-t-il ? Ce n'est pas le seul enjeu du livre, mais ce n'est pas non plus le moindre. Un journal est-il d'ailleurs autre chose qu'un quotidien suspense ?
Sollicitée par les Cahiers du Sud pour le numéro sur Le génie d'Oc et l'homme méditerranéen, Simone Weil livrera ces deux textes. Le premier est écrit au début de l'année 1941, le second un an plus tard. L'ensemble, en écho aux sombres heures que traversa ce vingtième siècle asphyxié par la barbarie, paraît dans la revue en 1943. Au coeur de cette Agonie d'une civilisation à travers un poème épique, la philosophe se penche avec acuité sur les événements qui ont conduit à l'écrasement de la civilisation d'Oc. Elle en donne une lecture personnelle d'un caractère profondément politique et social, indissociable de notre présent. Elle unit, comme dans le reste de son oeuvre, le mysticisme chrétien à une critique incisive du pouvoir et de la violence. Ainsi, des con ? its passés autour de la Méditerranée, elle exhume un paradoxe cruel : la terreur frappe plus durement ceux qui défendent leur humanité que ceux qui songent à détruire et à écraser. La peur et l'imagination peuvent ainsi saper les résistances des sociétés libres bien plus sûrement que les armes elles-mêmes. Un appel à la vigilance face aux nouvelles formes de domination - plus pressant que jamais - qui nous enseigne que le combat pour la liberté est, avant tout, celui de l'esprit.