Au départ c'est une simple proposition du second au premier : écrire, ou plutôt s'écrire, échanger des textes. Un essai, une tentative pour comprendre ce qui peut les rapprocher : " L'idée d'un monde qu'on n'accepte pas, dont on sait les urgences. Ecrire pour ne pas céder à la panique. Ecrire pour articuler ce que l'on a à se dire, ce qui bat en nous et ce pour quoi on se bat ", lui écrit-il. Très vite le sujet s'impose, tout simplement parce qu'on ne peut pas ne pas en parler. Les migrants. Il ne s'agit là ni d'informer ni d'analyser. D'autres l'ont fait, le font. Ni même de faire preuve d'originalité, mais d'affirmer un point de vue. Celui d'Européens placés devant la détresse de ces personnes chassées de leur pays par la guerre, la misère, les persécutions, la ruine... Il s'agit de témoigner de ce qui nous bouleverse, brouille notre représentation du monde, trouble nos certitudes. Témoigner, non pas à proprement parler de la situation de ceux qu'on appelle les migrants comme s'ils avaient vocation à ne jamais trouver de point de chute, mais du miroir que nous tendent ces personnes qui, dans le plus grand dénuement, se présentent à nos frontières. "?De qui parlons-nous ??", s'interrogent Eric et Michel. Etrangers, réfugiés, demandeurs d'asile : ces termes expriment une réalité juridique. Clandestins, sans-papiers, immigrés stigmatisent. Expatriés, ce n'est pas cela. Exilés, oui, mais pas seulement. Des arrivants. C'est Michel qui a proposé ce terme après l'avoir entendu à la radio, car tout de suite, il a parlé à son oreille et il a résonné dans sa bouche de comédien. Arrivant. Cependant, comme tous les mots, il ne leur paraît pas tout à fait satisfaisant. Il a le défaut de sa qualité. Suffisamment neutre pour ne pas véhiculer de mauvaises interprétations, trop neutre pour être véritablement politique. Il est vrai au sens où il signifie une réalité mais il est insuffisant. Ils l'ont cependant gardé, face à cet autre qu'est chacun de nous, dans l'attente que se révèle, s'il existe, le mot juste, celui qui dira tout, à la fois le départ, le voyage et l'arrivée, la peur et l'espoir, la solitude, l'attente et la fatigue, la mer et les montagnes, les frontières à franchir, les passeurs, la police et, aussi, les solidarités qui naissent et qui s'affirment. Il n'en est plus si su?r. Elle l'a attendri. Elle l'a se?duit. Mais y avait-il de l'amour dans ses gestes ? C'est peut-e?tre une question qu'il ne devrait pas se poser. Maintenant, il en est certain, s'il l'a aime?e un jour, il ne l'aime plus. Sa petite personne est trop su?re d'elle et trop folle. Elle est capable de tout sur un coup de te?te. Son proce?s ne l'a pas gue?rie. Il faut fuir. Tant que des milliers de kilome?tres ne les se?pareront pas, Frank ne pourra pas refaire sa vie. Ce n'est pas seulement qu'il ne pourra pas refaire sa vie, c'est bien pire que cela : il ne se sentira pas en se?curite?.
Nombre de pages
32
Date de parution
26/02/2018
Poids
50g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9791092173437
Titre
L'arrivant et l'autre
Auteur
Chevance Eric ; Richard Michel
Editeur
IRE MARGES
Largeur
150
Poids
50
Date de parution
20180226
Nombre de pages
32,00 €
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Rassemblés ici sous la forme du journal, ces textes écrits entre 2013 et 2017 pour être initialement publiés sur un réseau social, pourraient n'être qu'un florilège de billets d'humeur, une chronique de notre temps, des questions et controverses qui l'ont agité.Mais plus ou mieux que cela, ce recueil, récit au quotidien des luttes sociales et politiques d'une partie de la décennie passée, dresse un inventaire implacable des violences faites aux plus démunis, les sans logis, les sans-emploi, les sans-avenir, les sans-voix.Au gré des indignations et des colères de l'auteur, parfois de ses bonheurs, ce journal trace en filigrane le portrait d'un citoyen et l'itinéraire d'un engagement.Notes Biographiques : Éric Chevance a dirigé plusieurs établissements culturels dont le TNT ? Manufacture de chaussures qu'il a cofondé à Bordeaux en 1997. Il est aujourd'hui enseignant associé à la filière d'études théâtrales de l'université Bordeaux-Montaigne.Engagé auprès de plusieurs associations artistiques et culturelles, il l'est aussi aux côtés des migrants et réfugiés.Il a également publié en 2018, L'arrivant et l'autre, avec Michel Richard aux éditions L'Ire des marges et L'argent public, à quoi ça sert ? # 1 aux éditions N'a qu?1 oeil.
Haute performance, évolutivité et fiabilité élevée Commerce électronique, gestion des transactions bancaires, gestion des stocks ou des commandes, recherche scientifique... Nombreux sont les secteurs d'activité qui exigent des systèmes informatiques haute performance, évolutivité et fiabilité élevée. Les options d'architecture pour serveurs multiprocesseurs offrent, à des degrés divers, des solutions adaptées à ces différents secteurs. Une étude comparée des différentes architectures Cet ouvrage retrace l'évolution des architectures et présente tous les types d'architectures multiprocesseurs, depuis les serveurs NT biprocesseurs jusqu'aux clusters et aux machines massivement parallèles (MPP). Les différentes solutions font l'objet d'une comparaison rigoureuse, tant sur le plan de la performance, de la scalabilité que de la disponibilité. Des critères de choix, autant technologiques qu'économiques, permettront aux responsables informatique et aux décideurs de disposer de points de repère clairs et précis. A qui s'adresse ce livre ... * Aux responsables informatique à la recherche de solutions alliant haute performance et fiabilité et tentés par la migration vers Unix ou NT ; * Aux architectes de systèmes et développeurs d'applications en environnement Client/Serveur ; * Aux administrateurs système chargés de l'installation et de l'administration de serveurs multiprocesseurs ; * Aux étudiants en informatique intéressés par les différentes options d'architecture et l'évolution des technologies matérielles et logicielles.
Les maladies mentales sont l'objet de fantasmes, de peurs et de tabous aggravant l'isolement des patients et de leurs proches. La réalité quotidienne de la maladie mentale et des professionnels qui oeuvrent pour assurer des soins de qualité est mal connue du grand public. A travers trois parties (la psychiatrie, les soignants, les patients), le livre propose de sortir des clichés et des peurs en déconstruisant 90 idées reçues sur la santé mentale et la psychiatrie : l'image d'une psychiatrie toute puissante... qui ferait fi de la parole des patients et de leurs droits ; la notion de dangerosité accolée systématiquement à la maladie mentale. Or sait-on que les patients suivis en psychiatrie sont plus souvent victimes qu'agresseurs ? Et qu'un patient suivi en psychiatrie a 12 fois plus de risque d'être victime d'un crime violent que la population générale ? Malgré les campagnes d'information réitérées, les choses ne changent pas ou très peu. La stigmatisation ajoute au poids de la maladie celui de la disqualification voire de la relégation jusqu'à l'exclusion de celui qui en est victime. Par son traitement, son format, ce livre destiné au très grand public peut devenir un outil précieux pour donner une information fiable aux patients, à leurs familles, aux soignants, susciter des échanges, provoquer des discussions et diminuer les préjugés autour de la santé mentale.
En 2010, Oleh et Natalya quittent Kyiv où la vie est trop chère et s'installent dans le village de Bazar, au bord de la zone interdite de Tchernobyl, avec leur fille de cinq ans. C'est un nouveau départ, tout est à inventer. Il faut apprendre à vivre entre la séduction de la zone et le risque de la contamination toujours présente. Peut-on élever un enfant sur des terres irradiées pour des générations ? À l'origine de ce livre, une photographie du reporter français Guillaume Herbaut, prise en Ukraine, dans le village de Bazar, près de Tchernobyl, en 2011. Cette photo représente Natalya, seule chez elle. Herbaut a documenté ces existences précaires dans de multiples reportages, mais il n'existe qu'une photo de Natalya. La Lumière de Tchernobyl année 40 est une fiction qui tire parti de cette photo pour imaginer la vie de cette famille. Oleh est né 2 ans avant l'explosion de la centrale, en 1986. Il avait 35 ans quand la Russie a envahi l'Ukraine et occupé Tchernobyl, quand l'armée poutinienne a été stoppée à quelques kilomètres de Bazar. Diana a 20 ans aujourd'hui. Que sont-ils devenus ? Une première version de ce livre a paru en 2016. Depuis dix ans, ses personnages ont vieilli et le monde a basculé. Comment vit-on dans la « zone » aujourd'hui ? Qu'est-ce que la guerre a changé ? Est-ce qu'une photo nous apprend quelque chose ? À partir d'une image, 40 ans d'histoire se déroulent. Ce récit raconte l'histoire d'une famille et livre une réflexion sur ce que la photographie peut nous dire de l'histoire dans un temps suspendu.