Comment comprendre le passage de la " sacra doctrina " - essentiellement référée à l'Ecriture et au Livre des livres - à la " théologia ", elle-même définie comme science suprême et susceptible de revendiquer pour son compte tous les traits de la " sagesse " aristotélicienne ? C'est l'histoire de ce bouleversement en profondeur, induit par la redécouverte de l'épistémologie des Premiers et Seconds Analytiques que retrace le présent ouvrage : en étudiant comment la problématique de la théologie-science, élaborée dès la première question de la Somme d'Alexandre de Halès, s'impose progressivement et conduit à redéfinir le sens de l'intellectus fidei. A cette question, neuve et originale, directement liée à une nouvelle méthodologie, le XIIIe siècle apportera des réponses contrastées, de Bonaventure à Thomas d'Aquin, en passant par Guillaume d'Auxerre et Eudes Rigaud. Si l'?uvre de l'Aquinate, dont la doctrine de la " subalternation des sciences " permet de concilier en une synthèse puissante la raison et la foi, occupe une position centrale dans cette étude, c'est aussi parce que ses contours ne se dessinent nettement que sur le fond d'une nouvelle constellation problématique dont l'auteur restitue ici tous les enjeux : exégèse ou science, argument et évidence, sagesse ou science, lumière de la raison naturelle et lumière de foi. Ainsi, le présent ouvrage, modèle d'histoire doctrinale, dégage un fil conducteur privilégié pour caractériser sur son versant philosophico-théologique le XIIIe siècle. Ce volume reproduit sans changement la troisième édition (considérablement revue et augmentée) du texte publié pour la première fois en 1942.
Date de parution
11/07/2000
Poids
300g
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EAN
9782711601363
Titre
LA THEOLOGIE COMME SCIENCE AU XIIIE SIECLE
ISBN
2711601366
Auteur
CHENU
Editeur
VRIN
Largeur
0
Poids
300
Date de parution
20000711
Nombre de pages
0,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Il n'est pas impossible que les présentes études sur la théologie au XIIe siècle aident à mieux comprendre l'unité de la théologie thomiste qui, aux yeux de leur auteur, est inséparable du thomisme véritable. On a souvent observé qu'il y a déjà de la scolastique dans la théologie au XIIe. Il est aussi important de noter qu'il y a encore de la patristique dans la scolastique du XIIIe. Il semble désormais certain qu'on doive renoncer au schéma historique longtemps perçu : fin de la patristique, scolastique, Renaissance. Non que le schéma soit faux, mais il est bien trop sommaire. A bien des égards, le XIIe siècle se présente comme le temps d'un ample mouvement théologique, dont certaines tendances se développent en scolastique pendant que d'autres, refoulées par l'extraordinaire fécondité de la théologie du XIIIe siècle, entrent dans une sorte de demi-sommeil, ou simplement deviennent moins visibles, en attendant le retour offensif qu'elles prononceront au XIVe siècle. Il ne fait pour nous aucun doute que la devotio moderna, dont le sens nouveau est d'être une réaction contre la scolastique du XIIIe siècle, continue simplement un courant plus ancien opposé d'avance à des méthodes théologiques dont, même vers la fin du XIIe siècle, le développement futur n'était pas encore prévisible ". Etienne Gilson, Préface à La théologie au XIIe siècle de M.-D. Chenu, page 9.
C'est dans l'analyse des genres littéraires que s'accomplit, pour des oeuvres écrites, la découverte de cette communion entre la pensée et son milieu, où précisément la pensée puise ses moyens d'expression, conceptuels autant que linguistiques. Pousser à fond cette analyse des formes de la pensée nous a paru d'une fécondité extrême ; et c'est là l'unité de notre travail, qui ne veut pas être une simple collection de renseignements érudits sur la chronologie ou l'authencité des oeuvres de saint Thomas. [... ] Saint Thomas, professeur à l'Université de Paris, enseigne, dispute, commente. La diversité des genres littéraires est précisément, dans cette Université en plein essor, l'un des signes de sa vitalité créatrice, jusqu'en théologie, devenue dès lors une science, organe nécessaire d'une chrétienté. "
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Bienvenue dans le monde sans coutures du tricot aux aiguilles circulaires ! Vous avez toujours voulu essayer le tricot circulaire sans jamais oser vous lancer ? Cet ouvrage est pour vous ! Laissez-vous guider par Nadège Chenu et découvrez - ou redécouvrez - en toute simplicité le matériel et les techniques pour tricoter en rond. Armé de vos aiguilles circulaires, mini-aiguilles ou doubles pointes, vous pourrez alors vous lancer dans la réalisation d'un pull basique aussi simple à faire qu'à porter grâce à un patron de base et à ses multiples déclinaisons accessibles aux débutants : modèles femme, homme, enfant, bicolore, rayé, torsadé ou même jacquard. Un modèle, 12 déclinaisons Tailles femme de S à 3XL. Tailles homme de S à XXL. Tailles enfant de 6 mois 10 ans.
Norman McLaren oeuvre dans le domaine onirique de l'animation. David Cronenberg est maître du genre de l'horreur intérieure. Que peuvent donc partager ces deux cinéastes canadiens aux univers si distincts ? Chacun a construit une relation à long terme avec un compositeur - respectivement Maurice Blackburn et Howard Shore. D'un duo à l'autre, le musicien occupe une place centrale au sein de la création collective ; sa musique se révèle comme une composante fondamentale. Quels processus créatifs lui permettent de se déployer ? Le livre fait la lumière sur les mécanismes collaboratifs et la pensée de ces duos. Plus généralement, il établit une poïétique de la création musico-filmique, décrit et comprend les processus créateurs filmique et musical qui déterminent la composition d'une musique de film et, plus encore, une musicalité de tout le complexe audiovisuel. Du cinéma d'animation expérimental (A Phantasy) au long-métrage de fiction (Crash, A Dangerous Method) en passant par le documentaire engagé (Jour après jour), l'auteure offre un portait inédit de pratiques musico-filmiques novatrices tout en proposant de nouvelles approches analytiques pour la musique de film.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.