Les mouvements familiaux et leur institution en France: anthologie historique et sociale
Chauvière Michel
CHSS
35,00 €
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EAN :9782905882691
Les mouvements familiaux occupent une place singulière et exceptionnelle sur l'échiquier institutionnel français. Quantitativement d'abord. On dénombre une soixantaine de grandes organisations nationales reconnues, sans compter celles qui ?uvrent pour la famille sans l'afficher ; qualitativement ensuite. En France, depuis plus de soixante ans, le statut d'association familiale est défini et protégé par la loi. Sociologiquement, le mouvement familial se situe au carrefour de plusieurs processus et enjeux sociaux fondamentaux. D'où l'importance de bien comprendre les rapports du champ familial avec la société civile et, dans l'action publique, ce que l'on peut qualifier d'économie politique de la question familiale. En France où cet axe d'investigation est encore peu développé, seules quelques recherches tentent de comprendre les rhétoriques, les enjeux juridiques et institutionnels et la construction des intérêts collectifs. La connaissance fine d'un tel ensemble constitue un vaste chantier historique et sociologique. Le présent volume entend y contribuer utilement en rassemblant et en publiant une sélection de travaux disponibles mais insuffisamment connus avec quelques inédits.
Nombre de pages
640
Date de parution
02/11/2006
Poids
1 052g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782905882691
Titre
Les mouvements familiaux et leur institution en France: anthologie historique et sociale
Auteur
Chauvière Michel
Editeur
CHSS
Largeur
155
Poids
1052
Date de parution
20061102
Nombre de pages
640,00 €
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Le "roman" de l'enfance inadaptée est largement enseigné dans les écoles d'éducateurs et diffusé auprès du grand public par le biais des associations fondatrices des établissements et services spécialisés. Tout irait bien en matière de rééducation si une incontrôlable progression des effectifs, si le malaise chronique des travailleurs sociaux et si l'étonnante distribution des équipements, quelquefois analysée en terme de quadrillage, ne répandaient le doute sur la haute mission de réintégration et de prévention de tout ce secteur. Quel réseau institutionnel, quels groupes socio professionnels, quels intérêts ont marqué et marquent encore de telles pratiques sociales? L'ouvrage de Michel Chauvière met à jour l'action "du paternalisme nauséeux" de Vichy, du corporatisme remis à l'honneur et de la technicisation des problèmes sociaux dans la création des institutions de l'enfance inadaptée, il étudie cet héritage dans les années de l'immédiat après-guerre, durant lesquelles le dispositif va se développer et surtout se verrouiller. "L'efficace des années quarante", qui complète la présente édition, permet à l'auteur de répondre aux vives controverses qu'a suscitées la thèse générale de ce livre et d'élargir son propos jusqu'à l'actualité des politiques sociales. Biographie de l'auteur Michel Chauvière est directeur de recherche au CNRS, membre du CERSA, CNRS/ Université de Paris II. Ses travaux portent sur les politiques du social et du familial. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont notamment Le travail social dans l'action publique, (Dunod, 2004) et Trop de gestion tue le social (La Découverte, 2007).
Les idées néolibérales progressent aujourd'hui par le social. N'ayant plus les moyens économiques de notre modèle historique, il nous faudrait impérativement réduire la voilure, rationaliser le système, nous ouvrir à la concurrence et au marché. Autrement dit, déréguler ce qui peut l'être, améliorer la gouvernante à grand renfort de consultants, renforcer le contrôle des opérateurs et professionnels sur fonds publics et renvoyer le reste au gré à gré ou au caritatif. Exit les idéaux de solidarité nationale, d'émancipation ou d'éducation, le social entre à son tour dans le monde des affaires. Il en est ainsi du côté de l'aide à domicile (dépendance et handicap), de l'insertion, de la petite enfance, de la protection judiciaire, de la formation... Comment opèrent ces changements? Quelles en sont les conséquences pour l'action sociale organisée? Pourquoi les avons-nous laissés s'installer? Que devons-nous défendre maintenant? A travers l'analyse du nouveau lexique, largement inspiré de l'entreprise, qui s'est imposé dans tout le secteur social (services à la personne, démarche qualité, privilège de l'usager, performance, évaluation, etc.), Michel Chauvière montre que celui-ci est dénaturé et asphyxié par un processus de "chalandisation" qui formate les consciences, sape les fondamentaux de l'engagement et prépare à accepter plus de privatisations des services et une plus grande hégémonie de la gestion. Mais rien n'est définitivement joué!
Au cours du XXe siècle, un modèle social s'est imposé en France au prix de luttes parfois dures et longues. Beaucoup d'intelligence et de pugnacité ont été nécessaires pour penser et mettre en oeuvre une architecture pertinente, à la hauteur des enjeux. Celle-ci repose notamment sur quatre principaux registres interdépendants: les droits, les institutions, les savoirs et les actes de métier. Or les politiques mises en oeuvre ces dernières années opèrent une dislocation de ces différents registres, au nom du pragmatisme, de l'individualisation ou de la performance. En outre, la recherche effrénée d'économies s'accompagne d'un lot de publicités mensongères (qualité, libre choix, droit opposable...). Un intense travail de remise en cause des représentations du social et des valeurs de solidarité est passé par là, contribuant à affaiblir les pratiques de terrain et la culture politique propres au champ social, malgré la remontée préoccupante des inégalités. Comment y résister collectivement? Poursuivant la réflexion entamée dans Trop de gestion tue le social (La Découverte, nouvelle édition en 2010), Michel Chauvière montre ici que notre héritage juridique, institutionnel, cognitif et professionnel, loin d'être la cause d'inutiles dépenses publiques et d'un assistanat chronique, constitue au contraire une ressource incontournable pour apporter une réponse solidaire et globale à la question sociale qui nous interpelle tous.