Clameur publique et émotions judiciaires. De l'Antiquité à nos jours
Chauvaud Frédéric ; Prétou Pierre
PU RENNES
20,00 €
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EAN :9782753528970
Quel sens accorder aux manifestations sonores et publiques qui émaillent l'histoire de la justice ? Oubliés aujourd'hui, des cris judiciaires parfaitement licites avaient pu investir des collectivités humaines entières d'un statut complet d'auxiliaire de la justice et de protection des vulnérables. Le "Haro" normand, sans doute le plus connu de ces cris, mobilisait tout un voisinage contre une offense. Mais il n'est pas le seul : bien des procédures justifiaient qu'une "clameur publique" saisisse le prétoire, autorise une poursuite à "cor et cris", étreigne un suspect, avant d'exiger du juge un prompt jugement. L'origine et l'ampleur de ces manifestations collectives bruyantes méritent de nouvelles approches inspirées par la recherche en histoire sonore du fait politique. De l'Antiquité à nos jours, si l'on connaît quelques formes de ces appels au secours judiciaire qui fondaient une plainte reçue par une procédure, la justice qui se construisait - ou se déconstruisait - autour de ces bruits reste à explorer, ou doit être relue par la focale de cet objet sous-estimé qu'est la clameur publique. Elle se lie et se délie sans cesse autour de l'histoire de l'oralité, des f1agrances et de la dénonciation. Jetées à la face des juges, les expressions de la mobilisation collective engageaient également les identités communautaires et patriotes : appel au pouvoir souverain, elles renvoyaient ce dernier à son rôle fondamental de débiteur de justice. Escortant de près ces interactions intenses entre le pouvoir judiciaire et la foule, la clameur publique évoque aussi la vindicte et le lynchage. Est-ce cela qui fit qu'elle fut nettement infléchie aux Temps modernes ? Doit-on y lire une dérégulation des mouvements collectifs au bénéfice de la police et de la justice ? Les communautés, lentement dépossédées de leurs cris judiciaires par l'Etat justicier, n'ont pourtant pas si facilement abandonné le monopole de la violence licite face à la flagrance des offenses. Les réactions collectives dressent et redressent continuellement les scènes du théâtre de nos agitations publiques. De la clameur publique, aux émotions judiciaires, il est donc un chemin historique que cet ouvrage arpente pour faire la démonstration suivante : ces interactions frénétiques unissant les foules à leurs justices, nouées autour de la clameur publique, hantent encore nos procédures.
Nombre de pages
313
Date de parution
06/02/2014
Poids
494g
Largeur
155mm
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EAN
9782753528970
Titre
Clameur publique et émotions judiciaires. De l'Antiquité à nos jours
Auteur
Chauvaud Frédéric ; Prétou Pierre
Editeur
PU RENNES
Largeur
155
Poids
494
Date de parution
20140206
Nombre de pages
313,00 €
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A l'époque de la Première Guerre, les crimes de Landru, les grèves ouvrières, les mauvais traitements infligés aux animaux apparaissent comme les ultimes manifestations de la force brutale. Et pourtant, au début de la Restauration les coups sont fréquents et le sang coule d'abondance. Pierre Rivière égorge sa famille, les maisonnées et le voisinage connaissent de funestes démêlés, les pugilats au village comme les rixes en rase campagne foisonnent, les émeutes et la répression rythment le siècle. Comment est-on passé d'une époque où la brutalité était familière à une autre qui a rejeté toutes les formes de violence ? L'ouvrage retrace cette grande métamorphose à travers les pratiques, les discours et les perceptions.
Spécialistes diligentés par la justice, les " experts du crime " doivent fouiller les chairs boursouflées, analyser les entrailles, proposer un diagnostic des facultés mentales des accusés. Ce savoir-faire, il leur a fallu un siècle pour l'imposer : en 1791, ils n'existent guère aux yeux de la justice et de l'opinion ; le législateur prévoit (et encore, dans les seuls cas de mort violente) la présence d'un homme de l'art pour examiner les cadavres. Or, à la veille de la Grande Guerre, le recours aux experts est devenu presque systématique. Dans l'intervalle, ils inventent de nouvelles catégories de blessures, proposent un inventaire raisonné des folies admises dans les prétoires, fondent la toxicologie, découvrent même les traces des " poisons invisibles " : malgré quelques erreurs judiciaires retentissantes, ils triomphent au point que l'on songe, dans les années 1890, à leur donner la première place dans le procès pénal. L'histoire de cette corporation et des pratiques médico-légales, essentielles pour comprendre la " société judiciaire " restait à faire.
De la Révolution française au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la justice pénale impressionne. Elle a gardé, en dépit des révolutions, des insurrections, des émeutes, des guerres et du processus de désacralisation qui affecte l'ensemble des institutions, le lustre du passé, la majesté de l'architecture judiciaire, ses colonnes et ses frontons, ses escaliers qui éloignent les lieux de justice des simples mortels l'illustrent. Ils contribuent à donner le sentiment que la justice est presque inaccessible. Il est vrai que la justice pénale, telle qu'elle a fonctionné depuis 1790, est une " justice de punition ". De la sorte, elle ne peut se déprendre des interrogations sur le droit de punir, puis sur la légitimité du " châtiment pénal ". Dans l'imaginaire collectif, le crime, considéré comme l'un des fléaux majeurs de la société contemporaine, est associé à la justice pénale. Aussi importe-t-il de restituer l'imaginaire d'une époque à partir du plus visible et du plus monstrueux. La fiction construite par les romans judiciaires. les canards sanglants, les périodiques scientifiques, la presse spécialisée, puis populaire donnent à voir de sombres tableaux de la société on se mêlent des crânes fracassés, des malheureuses souillées et violentées, des enfants enlevés et torturés, des cadavres abandonnés. Le présent ouvrage s'attache également à l'enquête judiciaire, à la fois paradigme d'une époque, suite de démarches empiriques et formalisation dans une discipline naissance : la criminalistique qui assure la promotion de la police scientifique et suscite des controverses sur l'émergence d'une justice technique. Toutefois, tandis que l'institution judiciaire évolue à un rythme lent, de nombreux observateurs et acteurs pointent les distorsions de la justice, plaident pour une plus grande rationalisation, et demandent que les " scandales " qui se rapportent aux erreurs judiciaires, à la mort d'un enfant en prison ou secouent le monde de l'expertise judiciaire ne restent pas sans effets, mais soient l'occasion de réformer la Justice, présentée comme le premier besoin des peuples.
Le corps malmené, violenté, brutalisé a fait l'objet, pour la période moderne et contemporaine, d'un certain nombre de travaux remarquables, mais souvent épars. L'étude des " corps saccagés ", vivants ou morts, pose la question d'une " cruauté résiduelle " et celle du transfert de la violence concrète vers l'imaginaire. Mais faire l'inventaire des corps dégradés, lacérés ou encore démembrés s'avère sans doute une entreprise démesurée. Il reste toutefois possible de multiplier les approches et de s'attacher aussi bien à décrire les corps brutalisés, qu'à s'interroger sur les logiques du passage à l'acte ou à analyser la " réception " des violences corporelles. Dans le même temps s'élabore une science des " indices ", étudiant les plaies et les traces sanguinolentes, tentant d'expliquer les crimes particulièrement horribles. À leur tour, des artistes se mettent à la recherche de la matérialité du corps, quitte à s'attacher plus particulièrement " à cette charogne des corps morcelés enfouie en chacun de nous ". Le crime individuel comme le massacre, les violences sexuelles à l'intérieur de la famille ou l'instrumentalisation des violences corporelles donnent au " corps saccagé " une actualité sans cesse renouvelée. Du corps des enfants violentés aux corps malmenés des soldats, il s'agit de varier les échelles d'analyse et d'examiner aussi bien les brutalités individuelles que les drames collectifs. Les usages du corps renseignent sur la volonté de savoir ce qui s'est passé : ils informent sur les pratiques inavouables à l'encontre des corps vivants ou morts ; ils fixent, selon les époques, les formes de violences corporelles jugées inacceptables.
Humbert-Amemiya Hiroko ; Cabel Eflamm ; Numajiri R
Le japonais... comme au Japon. Chotto Nihongo vous offre : des explications en français facilitant l'auto-apprentissage, un lexique de plus de 1 300 mots et une centaine d'idéogrammes (Kanji) pour découvrir et pratiquer l'écriture japonaise ; un accès aux structures de base de la langue et de la grammaire japonaises avec des exercices corrigés ; des dialogues et de petits textes inspirés de la vie quotidienne avec les expressions usuelles pour se débrouiller dans la vie réelle. Ils sont suivis par des exercices de compréhension et leurs corrigés en fin de volume ; des présentations du contexte socioculturel japonais comme dans aucun autre manuel. Chotto Nihongo est un excellent outil interactif entre étudiants et enseignants dans un cursus d'apprentissage du japonais. C'est dans un tel cadre qu'il a été élaboré, au cours de plusieurs années, par l'auteur.
L'histoire du serment politique en Occident est celle d'un long dévoiement. Ce rite habillé d'oripeaux antiques, médiévaux et religieux, avait été pensé comme l'instrument de la conjuration des hommes libres. Il sera devenu un des moyens de conjurer leur liberté. Alliance des hommes libres et égaux sous le regard de Dieu, il est progressivement encadré par les puissances politiques et ecclésiales, puis capté par l'Etat moderne à partir du XVIIe siècle. L'expérience révolutionnaire cherchera à redonner au serment son caractère démocratique et égalitaire, avant qu'au XIXe il ne devienne un rite de sujétion bureaucratique. Dans les régimes autoritaires et totalitaires, il exprime non seulement une fidélité politique mais il est la marque d'un biopouvoir par lequel l'individu abdique sa conscience et jusqu'à son propre corps dans le peuple, le parti, l'Etat, l'idéologie, le chef. C'est à une histoire politique enracinée dans les pratiques juridiques et les doctrines religieuses propres à l'Occident, et aujourd'hui négligée, que ce livre s'attache à donner une lecture originale et novatrice, puisqu'il s'agit de la première synthèse en français sur l'histoire du serment.
Fille aînée de Louis XV, Louise-Elisabeth (1727-1759), dite Madame Infante après son mariage avec Don Philippe, fils cadet de Philippe V d'Espagne, est sans doute l'une des princesses européennes les plus mystérieuses et les moins connues du XVIIIe siècle. Cette femme de tête connaît une destinée particulière en devenant, à l'issue de la guerre de Succession d'Autriche (1740-1748), duchesse de Parme, Plaisance et Guastalla. Cependant, Madame Infante ne voit dans ces Etats qu'un séjour de transition dans l'attente d'un établissement plus digne de sa naissance. Aussi n'a-t-elle qu'un seul souci, les échanger ou les agrandir. Jamais elle ne se résigne au rang modeste que lui assigne le traité d'Aix-la-Chapelle. Pour autant, elle ne se désintéresse pas des duchés et s'efforce d'y vivre en tentant de recréer la splendeur de la cour de Versailles, tout en cherchant à s'émanciper de la tutelle espagnole pour mieux défendre ses intérêts. Pour mener à bien sa politique de grandeur, elle cultive sans relâche son réseau de correspondants (ministres, diplomates, maîtresse royale) dont elle espère tirer les plus grands bienfaits. Eprise d'un amour filial, elle conserve aussi des relations très étroites avec sa famille et n'hésite pas à revenir à plusieurs reprises à Versailles pour plaider sa cause. Situé à la charnière de l'histoire des femmes de pouvoir et des relations internationales, l' ouvrage a pour ambition de dresser le portrait d'une souveraine en action, omniprésente tant dans la politique parmesane qu'européenne.
Résumé : Chaque jour depuis plus de 20 ans, le docteur Vincent Morel accompagne des patients qui vont mourir. Comment ces malades abordent-ils cette phase ultime de leur existence ? Quelles questions posent-t-ils ? Comment les accompagner et les soulager ? Comment leurs expliquer ce que sont réellement les soins palliatifs trop souvent assimilés à l'échec des traitements ? Ces questions se doublent aujourd'hui de celle de l'euthanasie et du suicide assisté. Cette question posée par les patients eux-mêmes fait aussi partie de son quotidien. Et elle mobilise autant les soignants qu'elle anime la société. Au lieu de s'enfermer dans une réponse binaire qui chercherait à soutenir une position militante, l'auteur invite au doute et à la réflexion. A partir de ses rencontres au chevet des malades, il présente les différents arguments qui agitent le débat public. Dans une société en mouvement, il apporte les outils cliniques, historiques, éthiques, conceptuels, juridiques nécessaires à la prise de position que chacun prendra librement.