Peut-on encore parler de traumatisme ? La question mérite d'être posée tant le mot est galvaudé aujourd'hui et qu'il autorise les idéologies les plus diverses, les pratiques les plus contradictoires. On le retrouve partout : il est passé dans la langue courante autorisant les demandes de psychothérapies les plus variées, il fait office de supplément d'âme humanitaire, il sert de viatique à toutes les cellules d'urgence psychologiques pour gérer les crises de toutes natures. On pourrait croire qu'il est devenu tellement répandu qu'il a perdu toute pertinence, qu'il n'est plus l'index d'aucun réel. Ce que ce mot banalisé implique et conforte c'est bien sûr l'empire de la " psychologie ", même si elle se présente volontiers parée de concepts issus de la psychanalyse. La souffrance majeure est avant tout désormais une " souffrance psychologique ", dont la nomination est enjeu de combats juridiques : faire reconnaître cette souffrance intime, la faire passer au public, est devenu le préalable à l'ouverture des droits à réparation. selon la logique du droit des victimes. " L'enfant " est devenu par excellence cet être menacé par la violence et le sexe et l'on se précipite dans un activisme de prétendues réponses techniques, selon des protocoles normés, et sous la menace omniprésente de la responsabilité juridique. Il fallait donc en premier lieu aborder directement la critique de certaines pratiques qui s'autorisent de ce discours sur le traumatisme, qu'il s'agisse du signalement des abus sexuels sur mineurs, ou des méthodes standardisées de débriefing. Il fallait aussi prendre la mesure de l'écho de cette thématique dans la culture et dans l'histoire. Il fallait enfin revenir au concept de traumatisme tel qu'il a été formalisé dans la théorie psychanalytique, où il a donné lieu à des débats dont les enjeux apparaissent du coup éminemment concrets.
La folie n'est plus d'actualité : sa figure inquiétante s'est dissoute dans les savoirs modernes. Le fou n'est plus, qui jadis incarnait l'autre par excellence : il est devenu notre prochain, malade, simplement. La modernité, ce serait cet effacement positif de l'altérité, dans le règne général des échanges et de la discussion. En est-on si sûr ? Ne voit-on pas émerger de nouvelles figures qui répètent à l'envi les antiques partages, trouvant pour les dire les mots angoissés de notre temps ? L'autisme par exemple n'est-il pas folie de la communication, la pédophilie folie du sexe ? Il serait plus pertinent de dire que la folie est toujours inactuelle, étant ce qui résiste à la rhétorique consensuelle de l'actualité, et ce qui insiste pour qu'il en soit pris acte. La polyphonie de cet ouvrage tente d'en rendre compte, en s'interrogeant sur le rapport entre le lien social tel qu'une époque le construit et les catastrophes subjectives qui témoignent des points d'effondrement. Hors-temps : un temps qui ne passe pas, un autre temps expulsé, arraché au temps de l'histoire, les métaphores s'épuisent à tenter de dire ce qui noue drame subjectif et mémoire partagée. Il faut un acte pour que cesse l'in-actuel, l'immuable suspension, l'attente interminable. Acte d'inscription par lequel la douleur d'un seul cesse d'être un trou béant pour prendre place dans la création partagée du politique.
Le champ de la psychiatrie de l'enfant est un domaine où de nombreux praticiens se réfèrent à la psychanalyse. Cet ouvrage témoigne de la pertinence de cette orientation et de la vitalité des pratiques analytiques dans les situations les plus complexes, les pathologies les plus graves. A travers des témoignages précis et variés de pratiques thérapeutiques, les auteurs montrent que, pour cheminer avec les jeunes patients et non les précéder, pour mettre au travail l'inattendu, le singulier, la surprise, dans le fil de la méthode freudienne, il faut des conditions rigoureuses, à la fois institutionnelles, éthiques et politiques, en un mot, désaliénistes, toujours à réinventer. A l'opposé de l'idéologie contemporaine qui valorise protocoles et savoirs préconçus, la radicale singularité de la rencontre transférentielle s'articule à la pluralité des dispositifs et à la création de parcours cliniques. Savoirs, transferts, espaces constituent ainsi les axes de cet ouvrage. On peut en suivre le déroulé, mais aussi bien prendre des chemins de traverse et se laisser porter par une lecture au fil de l'eau.
L'?uvre de Lacan (1901-1981) a exercé une influence profonde bien au-delà du champ de la clinique. En témoigne le fait que nombre de concepts lacaniens ont diffusé très largement dans le domaine juridique où la prise en compte du "sujet", sa confrontation à "la loi" dans l'espace du procès conçu comme espace "symbolique" font désormais partie du discours courant. Mais au pris d'un affaiblissement, voire d'un détournement de ces concepts. Aujourd'hui la confusion est grande quant à la place et à la fonction de chacun, le juge se faisant thérapeute et le clinicien revendiquant la vertu du jugement. La critique de cette confusion passe par un retour à quelques concepts fondamentaux forgés par Lacan, de manière à distinguer l'éthique du droit et celle de la psychanalyse et, par là même, contribuer à clarifier les enjeux contemporains touchant au droit et àla norme.
Pourquoi n'ai-je plus de désir alors que je l'aime toujours ? Pourquoi le désir s'épuise-t-il ? Quelles sont les conséquences pour notre couple ? Comment se retrouver ? Perçue comme indispensable à l'équilibre du couple, la sexualité y occupe pourtant une place mal estimée. Les couples qui pratiquent des activités sexuelles sans désir réciproque, "pour faire plaisir ou pour rassurer", finissent paradoxalement par malmener leur lien. Le désir s'épuise et l'expression de la tendresse s'amenuise. Une distance émotionnelle se forme en semant te doute sur ta stabilité du couple. Ce processus de désengagement intime se nomme te burn-out sexuel. Ce livre fait le point sur tes attentes psychologiques, relationnelles, culturelles et sociales qui pèsent sur la sexualité des couples. A partir de témoignages et d'une analyse systémique de l'intimité des couples, la sexualité peut être redéfinie comme le fruit d'une relation réinvestie et non plus comme une ressource acquise et inépuisable. Libérés des contraintes du désir à tout prix, tes couples peuvent retisser un lien apaisé et à nouveau propice aux plaisirs d'être ensemble.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Un manuel de terrain, précis et complet! Trois années de formation en soins palliatifs suivie par plus de 650 médecins généralistes ainsi que l'expérience partagée de nombreux experts et collaborateurs permettent à ce livre d'aborder les principaux problèmes liés à l'accompagnement des patients en fin de vie, que ce soit à domicile ou dans différents services hospitaliers. Dans la première partie, résolument pédagogique, les auteurs analysent de manière concrète et détaillée les symptômes les plus fréquents. Pour chacun d'entre eux, ils développent une démarche diagnostique, une stratégie d'intervention, des conseils pour une écoute active et des repères pour une réflexion éthique. La seconde partie complète la première en approfondissant certaines compétences techniques mais aussi relationnelles et éthiques: exigences de l'interdisciplinarité, écoute de soi-même comme préalable à l'écoute de l'autre, accompagnement des proches, travail de deuil, grilles d'aide à la décision en éthique clinique... Les compétences dont il est question dans ce livre répondent ainsi aux exigences d'une formation en soins palliatifs pour tous les intervenants de terrain.
Enfin un livre qui présente la langue et la culture ukrainiennes. Certes, l'ukrainien est une langue slave écrite avec l'alphabet cyrillique, mais les différences avec le russe sont nombreuses et l'intercompréhension n'est pas spontanément possible entre locuteurs des deux langues. Cet ouvrage présente aussi bien un rappel de l'histoire de l'Ukraine que des caractéristiques de la grammaire de l'ukrainien, des éléments de conversation courante, des textes typiques de la culture ukrainienne et toutes les explications souhaitables sur les thèmes les plus divers de cette culture (noms de personnes et de lieux, instruments de musique, etc.). Quelques textes bilingues ainsi que des lexiques ukrainien-français et français-ukrainien complètent cet ouvrage.