Malala Andrialavidrazana (née en 1971 à Madagascar) est une artiste plasticienne formée en architecture dont le travail est basé sur les notions de barrières et d'interactions dans des contextes interculturels. Qu'il s'agisse de sa série « d'Outre-Monde », s'intéressant aux coutumes funéraires aux confins de la nature et de la culture, ou de son projet « Echoes (from Indian Ocean) » sur le quotidien d'une région spécifique, l'Océan Indien, Malala Andrialavidrazana, grâce à une succession de va-et-vient entre espaces privés et enjeux globaux, explore les imaginaires sociaux, prinpalement à travers la photographie. La série « Figures », initiée en 2015, est structurée à partir de cartes obsolètes du XIXe siècle que l'artiste juxtapose avec des éléments tirés d'archives de divers pays (timbres, billets, cartes postales, etc.). Ces éléments, une fois remaniés, lui permettent de questionner l'histoire et les idées reçues afin de mieux déconstruire les stéréotypes diffusés par ces mêmes cartes. Malala Andrialavidrazana détourne ces images, initialement outils politiques et idéologiques, pour donner naissance à un nouveau discours et montrer qu'il existe plusieurs possibilités d'interpréter les histoires écrites et diffusées par les documents. Dans le cadre de son exposition au Palais de Tokyo, de mi-octobre 2024 à mi-janvier 2025, Malala Andrialavidrazana présentera une fresque créée pour l'occasion, proposant une relecture de cette série « Figures ». Longue de 60 mètres et présentée sur la cimaise courbe du rez-de-chaussée du musée, cette fresque, à laquelle fait écho une première version présentée à la biennale de Sharjah 2023, combine plusieurs images de cette série « Figures »dans un sorte de fondu enchaîné. Le livre, catalogue d'exposition et monographie consacrée à la série « Figures », emblématique du travail de l'artiste, reproduira l'intégralité des ?uvres de la série des « Figures » (30 pièces ainsi qu'une dizaine d'images produites dans le cadre de ce même projet) et de nombreux documents préparatoires montrant le processus de création de la fresque. Ce corpus iconographique sera accompagné d'un texte du commissaire d'exposition François Piron, ainsi que de trois textes : un d'Yves Chatap, un autre de Missia Libseka et un entretien entre l'artiste et Dominique Malaquais (1964-2021), historienne et critique de l'art africain contemporain.
Est-il possible de définir l'être humain à partir d'une formule mathématique ? Moulay El Hassan Chatar en assume la gageure. Pas à pas, il guide le lecteur dans l'élaboration d'une équation probabiliste, et pose ses symboles où chaque signe, chaque trait affinent l'analyse, dans une volonté holistique de saisir de plus en plus d'aspects communs à tous les êtres humains. Ce développement formel ne peut néanmoins progresser qu'en s'appuyant sur des interprétations dans le cadre d'une analyse dynamique, nuancée et relativiste. Cette nouvelle approche entraîne des néologismes, où le terme génome trouve son pendant psychologique avec "le viome", où "viosomes" riment avec chromosomes et où les "psynes" correspondent aux gènes. Somme toute, une construction rigoureuse du concept d'hérédité psychologique.
Après avoir exposé et produit les artistes ou les projets artistiques les plus fous, la Monnaie de Paris, fidèle à son ADN de faiseuse d'expositions précieuses, réunit deux grandes figures de l'art contemporain et donne carte blanche à Bertrand Lavier pour un hommage à Raymond Hains. Raymond Hains (1926-2005), esprit génial, libre et facétieux qui déclarait être « le ministre de sa propre culture » sera ici célébré et chahuté par Bertrand Lavier qui proposera, dans chacune des douze salles de l'exposition, d'en revisiter les chefs d??uvre. Douze clins d??il où Bertrand Lavier confronte, provoque et joue avec les ?uvres de Raymond Hains, mais également avec les siennes. Dans cette exposition où la poésie le dispute à l'absurde, on vous parlera notamment de bière, de ski, de Matisse et de Picasso.
En 2009, à Nantes, Ange Leccia réalisait Nymphéa, ?uvre permanente d'Estuaire, qui consiste en une projection vidéo à la surface de l'eau : il venait installer, dans la ville de naissance de Jacques Demy, l'image surnaturelle d'une icône de la mode et du cinéma, Laetitia Casta. En jouant des effets éclatants de l'image sur l'élément aquatique, Ange Leccia revenait à l'essence même de la vidéo : la projection de lumière. Le temps de la prise de vue y rejoint le temps de l'eau qui passe. Nymphéa est sous l'eau comme toutes les images que va chercher Ange Leccia sont en lui. Cette quête, ce voyage à l'intérieur de soi, est le programme de « La mer allée avec le soleil ». Une exposition introspective, telle une plongée dans trente-cinq années de pratique dans laquelle on rencontre toutes les figures qui font la singularité et la beauté du travail d'Ange Leccia : l'omniprésence de l'eau, des images comme des souvenirs de sa jeunesse corse ; les explosions, tempêtes, orages et déferlantes qui illustrent sa sensibilité à fleur de peau ; des images télévisuelles retravaillées dans lesquelles la gravité intérieure rejoint la gravité du monde (en contraste, sans cesse, la beauté du monde naturel) ; les jeunes filles ou l'adolescence comme l'état de création artistique de tous les possibles, mais où l'on se sent perdu face à l'inconnu ; la pop music et les tubes qui souvent collent au souvenir d'un sentiment fort. Pensé au départ comme un événement biennal (2007-2009-2012), Estuaire Nantes Saint-Nazaire est aujourd'hui une collection à ciel ouvert de trente oeuvres permanentes réalisées in situ, à Nantes, Saint-Nazaire et dans les communes riveraines de l'estuaire de la Loire qui les relie. Le projet artistique accompagne un projet politique : la construction de la métropole Nantes Saint-Nazaire. Ainsi, chacune des oeuvres de ce «monument dispersé » guide vers un lieu atypique ou un site remarquable de l'estuaire. Entre réserves naturelles fragiles et bâtiments industriels gigantesques, l'estuaire de la Loire est un territoire complexe. Dédales de petits chemins, enchevêtrements d'étiers, portes d'entrées multiples à sa découverte : les ?uvres d'Estuaire sont le fil d'Ariane d'un espace en mutation constante.
Yves Klein n'a eu que peu de temps pour se faire un nom dans le milieu de l'art. Pourtant, lorsqu'il meurt d'une crise cardiaque en 1962, l'artiste est déjà une légende. En quelques années, il est devenu l'une des figues majeures de l'art contemporain à l'international. Représenté par les plus grandes galeries de son temps, Yves Klein a également exposé dans les plus prestigieuses institutions. Comprenant très tôt l'importance croissante des médias - qu'il utilise à son avantage -, il ne considère pas la photographie comme un simple moyen de documentation, mais plutôt et surtout comme une façon de présenter ses modèles. En décidant lui-même par qui et comment il est photographié, Yves Klein a fait de sa vie artistique un mythe, rendant floues les limites entre ses oeuvres et sa vie privée. Yves Klein in/out Studio propose la reproduction d'oeuvres de Klein (Le Saut dans le vide, les murs de l'Opéra-Théâtre de Gelsenkirchen, des vues de son exposition programmatique "Monochrome und Feuer" au Museum Haus Lange de Krefeld, en 1961) ainsi qu'un regard sur l'envers de son travail, notamment de ses performances. Au fil des pages, on découvrira ainsi la genèse de ses fameuses "Anthropométries" et des peintures de feu, des portraits de l'artiste dans son studio ou en voyage, ainsi que de nombreuses planches contact reproduisant des photos "non autorisées" et encore inédites.
Ce livre est publié à l'occasion de la première exposition de Jiang Dahaï à Paris, à l'invitation du musée national des Arts asiatiques Guimet. Né à Nankin en 1946, Jiang Dahaï (naturalisé Français depuis 1991) partage son temps entre Paris et Pékin. Formé successivement à l'Académie centrale des beaux-arts de Chine (Pékin) et à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, son ?uvre picturale s'affirme aujourd'hui comme l'une des plus achevées d'une génération durement éprouvée par la Révolution culturelle. Renouvelant le dialogue fécond suscité par la rencontre, au siècle dernier, entre les traditions picturales française et chinoise entreprise par des artistes formés à Paris, comme Zao Wou Ki, Chu Teh Chun, ou avant eux Xu Beihong, les peintures de Jiang Dahaï, détachées du lyrisme gestuel de la calligraphie, livrent, dans une langue abstraite et minimale, une subtile et fascinante vision de paysages à la fois cosmiques et célestes. Faites d'une chorégraphie manuelle de légères gouttes de couleurs transparentes lancées par le pinceau sur la toile, sans contact avec elle, les peintures révèlent des modulations harmoniques infinies, à la fois immobiles et fluides, qui se déploient comme dans un ciel sans cesse renouvelé par la capture de la lumière.