Faute de sources adéquates (des archives d'entreprises analogues à l'extraordinaire fonds Oberkampf, déjà exploité par l'auteur), les problèmes du marché et de la croissance de la production ont été ici délibérément écartés, au profit de l'analyse de la mutation des formes de la production, de la proto-industrie à l'usine mécanisée, matrice de la civilisation industrielle. La naissance de l'industrie cotonnière s'opère en France en trois grandes phases: - de 1760 à 1785, "temps des indiennes", domine dans les proto-fabriques l'activité "à forte valeur ajoutée" de l'impression des cotonnades, importées du Bengale par les Compagnies des Indes, ou tissées en France dans les vieilles régions d'activité toilière; - à partir de 1785, et jusqu'à 1815, se diffusent les "mécaniques anglaises" à filer, mues à la main (jennies et mules) ou par l'énergie hydraulique (les water-frames), qui concentrent le filage en fabriques, tout en maintenant dispersé le tissage. On remarquera que ce transfert de technologie coïncide avec la Révolution française, et la fermeture des frontières aux produits étrangers; - après le retour de la paix et le maintien des tarifs protectionnistes, la mécanisation gagne tous les stades de l'activité cotonnière: filature (à l'eau ou à la vapeur), tissage (à bras pour les toiles fines, mécanique pour les qualités ordinaires), impression au rouleau, teinture et séchage à la vapeur pour l'ennoblissement. Ainsi s'impose l'usine comme forme dominante de la production. Pour chaque phase, en gros équivalente à la durée d'une génération, l'auteur s'est interrogé en historien économiste sur le coût d'établissement des entreprises cotonnières, mais aussi, en historien du social, sur le milieu des entrepreneurs qui les ont créées. Les patrons du coton témoignent-ils d'une rupture ou d'une continuité? Ce livre est une tentative de réponse concrète à cette interrogation.
Nombre de pages
733
Date de parution
12/04/1995
Poids
1 140g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782713209680
Titre
Le coton et ses patrons. France, 1760-1840
Auteur
Chassagne Serge ; Bergeron Louis
Editeur
EHESS
Largeur
160
Poids
1140
Date de parution
19950412
Nombre de pages
733,00 €
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Résumé : Une biographie en apprend souvent plus sur une époque qu'un long traité d'histoire. Il en est ainsi de la vie de Christophe-Philippe Oberkampf (1738-1815), qui parvint en moins de vingt ans à imposer sur le marché français les toiles de Jouy et ses camaïeux monochromes, dont le succès fut immédiat. A travers le récit de cette réussite exemplaire, Serge Chassage raconte l'évolution d'une entreprise textile ouverte à l'international, attentive aux progrès techniques mais aussi réactive à l'actualité qui lui inspire ses plus beaux motifs : l'Indépendance américaine, le ballon des frères Montgolfier ou le Mariage de Figaro. Ce protestant n'en est pas moins un homme pragmatique, qui gère d'une main de maître ses hommes - près d'un millier à l'apogée de la manufacture - et innove en rationnalisant la division du travail. Anobli par la monarchie, Oberkampf incarne la figure du grand patron à la française, célébré et honoré par les princes de son temps.
Résumé : Lyon, célèbre pour ses soieries depuis la Renaissance, est, au XIXe siècle, une fois effacées (mais non oubliées) les séquelles de la terrible crise de 1793, un important foyer d'industries (textile et chimie) et de services (bancaires, ferroviaires et gaziers). La biographie sérielle d'une soixantaine d'entrepreneurs actifs à la période du Second Empire, dont plusieurs président la prestigieuse chambre de commerce locale, permet de mieux comprendre les atouts de la place qui domine largement l'espace rhodanien, et aussi l'extraordinaire accumulation de capital qui en résulte en une ou deux générations. Le paradoxe de la période est pourtant que le P.L.M. (constitué en 1857) qui relie Lyon à la Méditerranée soit l'?uvre de (capitalistes) parisiens au détriment des Lyonnais pionniers en la matière (faut-il rappeler que le premier chemin de fer tiré par une locomotive à chaudière tubulaire arrive à Perrache en 1832 ?). Mais jusqu'à une date récente, le Crédit Lyonnais, né au Palais du commerce en 1863, était la première banque française. Le volume est le neuvième de la collection Les patrons du Second Empire dirigée par Dominique Barjot. Il s'inscrit dans le cadre d'un vaste programme de recherche lancé par l'Institut d'histoire moderne et contemporaine (IHMC) du CNRS et poursuivi par le Centre Roland Mousnier de l'Université Paris-Sorbonne (Paris IV) et par le Centre de recherche sur les économies, les sociétés, les arts et les techniques (CRESAT) de l'Université de Haute-Alsace.
Finaliste du Prix château de Versailles du livre d'histoire édition 2025 A partir d'un corpus de plus de mille lettres adressées de 1778 à 1795 par un avocat parisien, Adrien Colson, à son ami Roch Lemaigre résidant dans le Berry, Timothy Tackett fait revivre le Paris de la Révolution. Sexagénaire sans prétention, instruit mais issu d'une modeste famille d'artisans provinciaux, devenu par ses études et son labeur l'agent de nobles de petite qualité et d'une famille de marchands de vin auxerrois, logé et exerçant au coeur des quartiers populaires de la ville, entre le Châtelet et l'Hôtel de Ville, Adrien Colson fait le lien, par sa situation, entre le monde de la bourgeoisie et de la petite noblesse, d'une part, et les milieux ouvriers citadins, d'autre part. Proche des insurgés, il est aux premières loges lors des barricades, mais, en même temps, il défend les intérêts de la classe privilégiée qui l'emploie. Sans jamais avoir été un meneur, ni un acteur de premier plan sur la scène politique, Colson nous permet par ses mots, et par la lecture qu'en fait Timothy Tackett, d'observer le travail accompli par l'histoire au coeur même d'un destin individuel. En convoquant la correspondance de Colson, Timothy Tackett donne à voir la vie de la capitale, à un moment crucial de son histoire et de l'histoire de la nation, soulignant tout particulièrement dans son enquête le rôle de la rumeur et de la peur qui poussent les citoyens ordinaires à la radicalisation. Paris est observé à l'échelle de l'individuel et du quotidien : de l'appartement, du pâté de maisons, du quartier, fragments aujourd'hui disparus d'une ville, colossale à l'échelle européenne, parcourue à pied par un homme d'âge mûr, que l'accélération des temps fascine.
Au lendemain des attentats du 13 novembre 2015, des personnes de tous horizons se sont rassemblées dans les rues de Paris, aux abords des lieux attaqués, pour rendre hommage aux victimes. Des mémoriaux se sont formés, faits de milliers de messages, de bougies, de fleurs et d'objets les plus divers. Durant des semaines, les Archives de Paris en ont collecté le contenu qui appartient aujourd'hui au patrimoine national. Fruit d'une collaboration inédite entre chercheurs et archivistes, cet ouvrage enrichi de près de 400 photographies revient sur cette transformation et constitue ainsi un véritable livre-mémorial. Les textes de ce livre retracent le parcours de ces mémoriaux et sont autant de reportages illustrés sur leurs aspects, leur collecte ou leurs usages sociaux. Des courtes notices les accompagnent sur des sujets aussi divers que les citoyens s'étant érigés en gardiens des mémoriaux éphémères, le rôle des agents de nettoyage de la Ville de Paris dans le travail de collecte, la mémoire des attentats de 2015 à Saint-Denis, ou encore la relation particulière des supporteurs du PSG à la mémoire des attentats du 13 novembre. Eclairant sous un angle nouveau un événement majeur et récent de l'histoire de France, cet ouvrage est à son tour un mémorial unique et précieux, une réflexion originale et illustrée sur la manière dont une société est appelée à ne pas oublier.
Au Ve siècle av. J.-C., les Athéniens pouvaient exiler pour dix ans un citoyen soupçonné d'aspirer à la tyrannie, sans autre forme de procès. Le nom de la victime était inscrit sur des tessons d'argile : les ostraka. Conservés par milliers, ces fragments de poterie livrent aujourd'hui une parole populaire d'une rare intensité : aux noms s'ajoutent parfois des dessins moqueurs et des injures cinglantes adressées aux figures honnies de la cité. Souvent conçue comme un instrument d'oppression populaire, la procédure d'ostracisme était en réalité fort régulée : arbitraire dans son principe, elle était encadrée dans son déroulement et limitée dans ses effets. C'est ce qui explique qu'elle fut globalement acceptée, y compris par ceux qui en furent la cible. Elle permit de domestiquer les citoyens les plus puissants sans provoquer leur défection ni leur révolte. S'appuyant sur une documentation iconographique exceptionnelle, Vincent Azoulay enquête sur l'une des institutions les plus déroutantes de la démocratie athénienne. Il en met au jour le moteur caché - l'honneur et l'infamie - et en explore les résurgences de la Florence de la Renaissance à la Révolution française, jusqu'aux usages contemporains du "dégagisme".
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