Johnny Bel-Oeil. Un conte de la Révolution américaine
Charyn Jerome ; Richard Catherine
RIVAGES
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EAN :9782743622756
En cette fin du printemps de l'année 1776, la révolte des colonies de sa Majesté George III d'Angleterre a vraiment une drôle d'allure. À la tête d'une armée dépenaillée, un taciturne fermier de Virgnie, monté sur son cheval blanc, attend l'arrivée des troupes britanniques. Sur l'île de Manhattan transformée en camp retranché, Robinson Street - connue sous le nom de « Terre sainte » à cause de la proximité de la chapelle St. Paul - est une enclave de plaisir. C'est là qu'officient les « nonnes », qui veillent au bien-être des soldats. Le plus célèbre bordel de la rue est le Jardin de la Reine, domaine de l'influente Gertrude qui traite d'égale à égal avec le shérif et ne refuse rien au général Washington.Autre familier de la maison de Gertrude, le jeune John Stocking, surnommé Johnny Bel-Œil depuis qu'il a perdu un ?il aux côtés du général Benedict Arnold au Canada. Johnny est devenu le protégé de Gertrude et des nonnes, alors que son père, un faux monnayeur de Leeds, cherchait à se soustraire à la justice anglaise. Depuis, il est une figure locale, étudiant à King?s College, espion à la solde des Britanniques, mais indéfectiblement attaché à la personne du général Arnold. Sans parler de la dette qu'il a contractée envers George Washington qui l'a sauvé de justesse de la pendaison.Mais Johnny ne se contente pas d'être un agent double ou triple (lui-même le sait-il?) Il poursuit avant tout un objectif: gagner les faveurs de Clara, la pensionnaire préférée de Gertrude. Clara est une superbe octavonne à la flamboyante chevelure, elle fume une pipe à long fourneau et n'a pas froid aux yeux. Johnny est prêt à tout pour Clara, lui qui s'enferme dans le placard à chaussures des nonnes pour toucher, humer, regarder les délicates pantoufles de sa belle. Enfin, l'autre quête de Johnny, tandis qu'il joue les infiltrés et est victime de nombreuses mésaventures, c'est l'identité de son véritable père, qui est peut-être le général Washington lui-même...Johnny narre son odyssée sur un ton à la fois familier et faussement précieux. Il prend le lecteur à témoin pour mieux l'entortiller dans les rets de son récit où s'entremêlent le vrai et le faux, l'épique et l'anecdotique, l'action et le commentaire, dans la tradition narrative de Tom Jones ou de Tristram Shandy. À travers ce personnage aux multiples facettes, Jerome Charyn fait défiler toute la Révolution américaine, épisode fondateur du pays, dont il réinvente la matière au moyen de scènes hautes en couleur, inscrites dans un quotidien parfois surréaliste.On retrouve le Charyn conteur juif, digne héritier d'Isaac Babel, au mieux de sa forme littéraire, avec son écriture toute en images merveilleuses et singulières. Il joue avec beaucoup de malice et d'ironie sur l'utilisation d'un style « d'époque », aussitôt contrebalancé par des expressions familières, voire contemporaines. Sous sa plume, George Washington descend de son piédestal et devient un être humain attachant, drôle, contradictoire, en un mot, un vrai personnage de roman.
Les journaux, dans leurs dernières éditions, faisaient déjà leur deuil d'Isaac Sidel. Les drapeaux de la mairie étaient en berne. L'inspecteur principal préparait les funérailles. Il y aurait un grand défilé. Isaac aurait droit aux salves de canon et aux magnifiques chevaux noirs. Aucun autre commish ne s'était fait descendre de cette manière... Cela faisait dix heures qu'Isaac se trouvait sur le billard... Il était censé mourir. Mais il ne mourut pas... " Qui a voulu tuer le commissaire Sidel ? Est-ce Maria Montalban, qui avec ses " filles ", prostituées, travestis et autres, est accusée de voler les cantines scolaires et de faire du trafic de drogue ? Mais Maria est assassiné. Est-ce Sal Rubino, un vieil ennemi, qui a demandé à Caroll, le principal adjoint d'Isaac, de descendre son patron ? Il y a aussi une jolie millionnaire, un enquêteur turc, un chef d'orchestre, un patron de la Mafia, qu'on pourrait tous soupçonner...
Il y avait une fois un vieil homme avec un ver dans le ventre. Le ver aimait grignoter. Le vieil homme devait s'empoigner, comme s'il voulait s'arracher les entrailles. Il s'était mis à dégager une odeur épouvantable. Il ne pensait pas souvent à changer de pantalon. Il ne se rasait qu'une fois par semaine. Il nourrissait son ver dans une gargote grecque au coin de la Huitième Avenue et de la Quarante-cinquième. Il mangeait des salades et du pain blanc. Sur quoi, cédant à ses envies, il se traînait jusqu'à la Neuvième Avenue pour son cappuccino. C'était une faiblesse qu'il avait. Le café fort et le lait fumant. Le café était mauvais pour son ver, dont les mille petites pinces s'accrochaient aux intestins du vieil homme, qui chancelait sur le trottoir en bredouillant " Merde, putain, Dieu, ou toutes les insanités qui lui passaient par la tête. Il évitait le café pendant cinq ou six jours. Puis ne pouvait plus s'empêcher. "
L'Andorra du roman obsédant de Peter Cameron est inspiré d'une principauté isolée dans les Pyrénées. Transformée en un paradis éclaboussé de soleil, chacun y a quelque chose à cacher. C'est là que vient Alexander Fox, pensant y trouver réconfort et refuge, alors qu'il n'y rencontre que des souvenirs inquiétants de son passé. Andorra est un roman brillant et inventif sur le mensonge, le désir, et la tromperie de la mémoire.
Un trafiquant d'armes de Miami veut rapatrier clandestinement aux États-Unis l'argent qu'il a placé aux Bahamas. Il charge Jackie Burke, une hôtesse de l'air qui a déjà pas mal d'heures de vol, de rapporter à chacun de ses voyages quelques paquets de dollars. Jusqu'au jour où, arrêtée par des agents du FBI, elle est incarcérée pour importation illégale de devises. Contre sa libération, elle accepte d'aider les fédéraux à coincer le trafiquant. Mais afin de se ménager une autre porte de sortie, elle sympathise avec Max, venu verser sa caution, et lui propose un plan pour gruger police et truand. Ce récit plein d'humour d'un des maîtres du roman noir a inspiré Jackie Brown, le film de Quentin Tarantino. À cinquante ans passés, Jackie et Max, attirés l'un vers l'autre, retrouvent leur candeur d'adolescents pour s'engager dans un gros coup joyeusement immoral. Cette histoire d'arnaque, qui reste un modèle du genre, est soutenue par des dialogues réalistes et brillants. --Claude Mesplède
Ce petit recueil de 4 contes nous permet de découvrir différents aspects de l’œuvre de Madame de Murat qui explore, à travers le merveilleux, les limites du genre et contrebalancent les caractéristiques du féminin et masculin. Une liberté d’expression et une rébellion face aux archétypes sociétaux qui est à l’image de sa vie que nous pouvons découvrir grâce à la préface de Sylvie Robic. Savoureux, ces Contes de fées queer démontrent une modernité absente des contes classiques et nous rappellent le pouvoir subversif de l’imaginaire.
Nudités rassemble en une série de brefs essais les motifs au coeur de la recherche de Giorgio Agamben : depuis la fête, qu'il met de manière inattendue en relation avec le phénomène contemporain de la boulimie, jusqu'à la nudité, dont les implications théologiques cachées sont soumises à l'enquête archéologique ; depuis le problème du corps glorieux des béats, qui ont un estomac et des organes sexuels mais qui ne mangent pas et ne font pas l'amour, jusqu'à la figure nouvelle d'une identité impersonnelle imposée à l'humanité par les dispositifs de la biométrie. Le point de fuite vers lequel convergent tous ces thèmes est le désoeuvrement. Non comme oisiveté ou comme inertie, mais comme le paradigme de l'action humaine et celui d'une nouvelle politique.
L'Andorra du roman obsédant de Peter Cameron est inspiré d'une principauté isolée dans les Pyrénées. Transformée en un paradis éclaboussé de soleil, chacun y a quelque chose à cacher. C'est là que vient Alexander Fox, pensant y trouver réconfort et refuge, alors qu'il n'y rencontre que des souvenirs inquiétants de son passé. Andorra est un roman brillant et inventif sur le mensonge, le désir, et la tromperie de la mémoire.
A Santa Fe, les clients de "La Posada" sont formels : l'hôtel est hanté. Le fantôme de Julia Staab, une émigrante juive-allemande ayant vécu au XIXe siècle, existe bel et bien. De son visage blême émane une aura de tristesse. De quel outrage son spectre réclame-t-il justice ? Nul ne le sait. Sauf Hannah Nordhaus, son arrière-arrière-petite-fille qui part sur les traces de son ancêtre et honore sa mémoire. Un dernier hommage qui, peut-être, permettra à Julia de trouver le repos éternel.
Dans un quartier populaire de Londres, deux petites filles métisses nouent une relation fusionnelle autour d'un même rêve : devenir danseuses. Mais seule Tracey, la plus effrontée, a du talent. L'autre possède des idées : sur le rythme et le temps, les corps et la musique noire, ce que signifie appartenir, ce que signifie être libre. Leur amitié explosive s'interrompt brusquement au début de la vingtaine. Empruntant des chemins différents vers un destin qu'elles imaginent lumineux, chacune s'égarera pourtant en route. Débordant d'énergie, d'humour et d'émotion, Swing Time raconte les espoirs et les désillusions de ceux qui suivent la danse et de ceux qui la mènent.
Wells Herbert George ; Laurent Achille ; Nicolaï C
C'est en hiver que l'étranger s'est installé à l'auberge du village d'Iping. Ses bandages, qui lui enveloppent entièrement la tête, sauf le nez, d'un rouge vif, lui donnent un aspect étrange, assez terrifiant, et les langues vont bon train. On l'aurait peut-être laissé en paix s'il n'avait pas retardé le paiement de sa note et s'il n'y avait pas eu un vol mystérieux au presbytère. Mandat est donné de l'arrêter, mais comment se saisir d'un personnage qui disparaît à mesure qu'il se dépouille de ses vêtements? Quant à l'étranger, obligé d'être nu pour échapper aux poursuites, il souffre cruellement du froid et de la faim. Ainsi débute l'aventure du savant qui a découvert la formule de l'invisibilité, un des romans les plus célèbres de Herbert George Wells et, par son invention et son humour, un des chefs d??uvre de la littérature fantastique.