Cet ouvrage n'est ni un guide ni un dictionnaire de films de zombies. Il se propose plutôt de songer le cinéma par le prisme de ces ombres étranges qui n'ont de cesse de revenir s'entasser dans le champ, de suite en suite, de saga en saga. Le mort-vivant pourrait être considéré comme un chaînon cinématographique manquant, des funambules catastrophistes du burlesque aux losers du film noir ; des héros démotivés du Nouvel Hollywood aux personnages sans repères du cinéma contemporain non horrifique. Ce maillon en état de putréfaction plus ou moins avancé est moralement insituable : ni bienveillants, ni réellement malfaisants, ces cadavres errants traversent le cadre et, par leur manque de volonté, mettent les récits en faille. Ces corps contradictoires se comprennent comme des fissures et leur apparente neutralité accompagne le déclin des idéologies, notamment hollywoodiennes. Organisme essentiellement pluriel, les zombies font masse dans tous les sens du terme. Par leur ordinarité, leur banalité funèbre ? de simples « voisins morts » pour reprendre les termes de George Romero ?, ils imposent de mettre à mort le premier plan, c'est-à-dire le star-system et les croyances qui l'accompagnent. N'importe qui peut jouer un mort-vivant ; plus encore, ce dernier doit être n'importe qui. C'est la mise en avant de l'arrière-plan qui se manifeste ici, comme un horizon funeste dévorant les hiérarchies.Artiste et maître de conférences en arts plastiques à l'université Rennes 2, Karim Charredib enseigne les arts, le cinéma, la science-fiction et la culture japonaise contemporaine. Son travail de recherche se focalise sur certaines configurations de l'altérité dans les fictions (zombies, personnages non jouables, kaijû, robots, etc.) comme mode critique du monde contemporain. Il a consacré plusieurs articles et conférences à la figure du zombie ainsi qu'au cinéma japonais ou encore au motif du robot géant (mecha) dans la culture japonaise. En tant qu'artiste, il a exposé en France, en Turquie, au Japon et aux États-Unis.
Depuis sa sortie en 1995 et son succès quasi immédiat, la série animée japonaise Neon Genesis Evangelion est devenue un véritable phénomène de société, encore vivace aujourd’hui. Condensé des inquiétudes du Japon de la fin des années quatre-vingt-dix, ce dessin animé utilise les conventions du genre mecha anime pour les détourner afin de porter un regard critique sur l’état du Japon contemporain. Luttant contre des créatures aux formes étranges, les héros adolescents pilotent des robots géants, appelés EVA, dans la plus pure tradition japonaise. Cependant, plus le récit avance plus l’histoire s’écarte des attentes du spectateur pour désigner d’autres ennemis : la solitude, la perte de repères ou encore la cellule familiale éclatée. Du rapport entre la série et la postmodernité japonaise à la particularité de ses robots, en passant par les enjeux des spécificités techniques d’animation et le rapport aux héroïnes guerrières, ce livre décrypte un anime culte salué pour ses ambitions formelles et narratives. Enrichi par des annexes parmi les plus complètes à ce jour sur la série, sur Hideaki Anno et sur le studio Gainax, il permet d’appréhender cet objet télévisuel iconique.
L'ouvrage est organisé en 2 parties : - Un dictionnaire de plus de 3 000 notices classées par ordre alphabétique, avec pour chacune d'elles une fiche technique et un résumé du film, ainsi qu'un commentaire critique pour les oeuvres majeures. - Un guide simple et pratique - Filmographies : une sélection de 300 films représentatifs des principaux genres, pays, réalisateurs, acteurs... - Palmarès : résultats détaillés des Oscars, des Césars, et du festival de Cannes.
Valière Laurent ; Laudenbach Sébastien ; Ocelot Mi
Principal producteur à ce jour de films d'animation en Europe, dont les succès d'Arthur et les Minimoys à Kirikou en passant par Persepolis ou Astérix et le domaine des dieux ne se démentent pas, la France est aussi devenue l'un des principaux pourvoyeurs d'artistes, dont certains formés à la prestigieuse école des Gobelins. Les studios américains n'hésitent pas à faire appel à ces créateurs, quitte à racheter un studio à l'instar d'Universal qui a entièrement produit Les Minions à Paris. Ce livre abondamment illustré, avec de nombreux inédits, dont des documents de travail venant des créateurs eux-mêmes, raconte 125 années d'une histoire passionnante. Il rend hommage aux génies créateurs, d'Emile Reynaud et Emile Cohl à Benjamin Renner et Sylvain Chomet, en passant par Paul Grimault ou Michel Ocelot... Il dévoile les coulisses de la création de nombreux dessins animés fabriqués en France - dont le prochain film de Michel Ocelot, Dilili à Paris -, grâce à des interviews inédites de ceux qui font l'animation aujourd'hui : story-boarder avec Bibo Bergeron (Un monstre à Paris), l'animation en 3D avec Pierre Coffin (Les Minions), character designer avec Valérie Hadida (Chasseurs de dragons), adapter une bande dessinée en film d'animation avec Marjane Satrapi (Persepolis),le stop motion avec Claude Barras (Ma vie de Courgette)...
Quel spectateur peut résister à un film ou une série « d’Agatha Christie » ? Vues, revues et multirediffusées, les adaptations à l’écran de la célèbre romancière ponctuent l’histoire de la production cinématographique et télévisuelle depuis… 1928, et attirent un public fidèle, conquis par l’atmosphère très « Cluedo » de ces « whodunit », intrigues policières tarabiscotées menées tambour battant au sein de demeures chicissimes. Et pourtant, Agatha Christie détestait le cinéma ! Pas rancuniers, tous les grands noms du 7e art se sont bousculés au générique des films tirés de ses romans : Billy Wilder, Sidney Lumet, Guy Hamilton, Kenneth Branagh, René Clair, Pascal Thomas, côté réalisateurs, et, côté vedettes, Marlène Dietrich, Liz Taylor, Sean Connery, Maggie Smith, Bette Davis, Peter Ustinov, Jane Birkin, Lauren Bacall, Johnny Depp, Michelle Pfeiffer, Catherine Frot, André Dussollier, François Morel, Danielle Darrieux, Charles Aznavour… Et ces tournages, comme les histoires dont ils s’inspirent, sont riches de petits secrets plus ou moins avouables et d’anecdotes croustillantes livrés avec perfidie entre les pages de ce premier ouvrage consacré en France aux films et séries d’Agatha Christie… à l’exemple de ces quelques indiscrétions glanées dans les coulisses du Crime de l’Orient-Express : Star de Témoin à charge (Billy Wilder, 1957), Marlène Dietrich ne figurera pas au générique du Crime de l’Orient-Express (Sidney Lumet, 1974) : à l’époque, son principal talent réside dans son aptitude à lever le coude… Albert Finney (l’Hercule Poirot du Crime de l’Orient-Express de Sidney Lumet, 1974) refuse de réendosser la défroque du détective belge pour Mort sur le Nil (1978). La raison : il craint que son maquillage fonde sous le soleil égyptien… Lors du grand déballage occasionné par le procès du couple Depp-Heard, l’agent de l’acteur a confirmé que Johnny avait touché 10 millions de dollars pour incarner, dans Le Crime de l'Orient-Express (Kenneth Branagh, 2017)… la victime, qu’on ne voit guère plus de 20 minutes à l’écran. Faites le calcul : environ 500 000 dollars la minute !
Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, disait Jean Yanne. Mais dans le milieu du cinéma français, ce n'est pas tout à fait vrai. De Belmondo balançant une droite à Jean-Pierre Melville sur le plateau de L'Aîné des Ferchaux à Maurice Pialat hurlant sur ses acteurs, les tournages de films sont parfois un peu chaotiques... Certains ne vont même pas jusqu'au bout. On ne verra ainsi jamais Marco Polo avec Alain Delon et Don Camillo et les contestataires avec Fernandel, interrompus en cours de route. On ne verra pas non plus des projets alléchants comme l'adaptation du Voyage au bout de la nuit écrite par Michel Audiard et réalisée par Jean-Luc Godard ou ce western comique avec les Charlots et John Wayne ! Ca tourne mal ! donnera un éclairage étonnant, voire inédit, en tout cas amusant, des coulisses du cinéma populaire français, et vous apprendrez des choses qui vous permettront de briller dans les dîners en ville. Vous saurez tout sur les débuts honteux et reniés de Richard Anconina, les coups de gueule de Jean-Pierre Mocky, les relations d'Alain Delon avec le milieu marseillais, l'engueulade d'anthologie entre Godard et Truffaut, la campagne de presse menée par "la critique française" contre L'As des as, etc. Moteur... Action !