C'est avec l'appui d'Himmler, numéro 2 du pouvoir nazi, que Carl Vaernet put réaliser ses sinistres expériences sur quinze détenus au camp de Buchenwald en 1944. Mais ses forfaitures, maintes fois évoquées au procès de Nuremberg, n'ont jamais fait l'objet de poursuites judiciaires et sont donc restées impunies. Le docteur Vaernet a fini sa vie en Argentine où il est mort en 1965 à l'âge de 72 ans. Fils d'éleveurs, Carl Vaernet avait hérité de son milieu une pensée eugéniste et productiviste en vogue au début du XXe siècle, idées qu'il partage avec les étudiants et ses professeurs lors de ses études de médecine en 1914. Il eut cinq enfants issus de deux mariages. Sa seconde femme, Gurli, restera la compagne de sa vie en dépit de son alcoolisme. Médecin apprécié et recherché dans son pays, Vaernet voyage à travers l'Europe d'avant-guerre pour mettre au point le procédé censé sauver les " invertis " : une capsule diffusant des hormones dans le corps de façon continue. Deux rencontres vont être déterminantes pour Vaernet, qui se lie d'amitié dans les années 30 avec le futur chef du parti nazi danois et un chanteur lyrique de même origine vivant à Berlin, proche du nouveau pouvoir hitlérien. Elles suffisent à éveiller la curiosité pour ses recherches des plus hautes instances nazies et lui permettre de rencontrer ses principaux représentants, dont Himmler. Lequel veut lui aussi trouver une solution pour régler le problème homosexuel, sa deuxième obsession après les Juifs. En 1943, menacé au Danemark par la résistance, Vaernet trouve refuge à Berlin où il est accueilli en rédempteur. Il prête serment à Hitler devant Himmler qui le fait embaucher par un laboratoire pharmaceutique à Prague, lui ouvre les portes de Buchenwald et lui fournit des cobayes. En 1944, Vaernet se rend trois fois dans ce camp où il réalise deux séries d'opérations qui se soldent par des échecs tragiques. A la fin de la guerre, Himmler le rencontre une dernière fois pour assurer la pérennité de " l'invention ". Contraint de quitter l'Allemagne nazie en train de s'effondrer, Vaernet est arrêté dans son pays en 1945. Relâché par une police corrompue, il part en toute légalité en Suède d'où il s'enfuit en Argentine où il est accueilli à bras ouverts par le président Juan Peron et son ministre de la Santé. Dans ce roman vrai ou cette biographie romancée, l'auteur montre comment l'obsession du Bien et celle de la norme peuvent conduire aux confins du Mal et au pire des fanatismes. Il décrit son personnage tel qu'il est, non comme un monstre diabolique, ni même comme un homophobe hystérique, mais comme un homme presque ordinaire qui s'est un jour persuadé que sa vocation était de " sauver l'humanité ". Sa volonté était non de punir mais de " guérir " les homosexuels, autrement dit de combattre ce qui était perçu par les dirigeants nazis et une large partie de l'opinion publique comme une maladie particulièrement nocive. Cette idée de l'homosexualité identifiée à une pathologie reste aujourd'hui vivace dans certains pays totalitaires où l'on continue, comme en Chine, d'ouvrir des cliniques spécialisées dans la guérison des homosexuels. Mais le roman d'Olivier Charneux dépasse ce seul cas pour illustrer à travers lui tous les dangers d'une certaine " éthique médicale " guidée et inspirée par une vision moralisatrice et régulatrice de la société.
Catherine a eu dix-huit ans en 1970, le mouvement féministe naissait. Alors que la parole commençait à advenir, le silence l'a saisie. A-t-elle subi la violence des hommes ? A-t-elle vécu une histoire d'amour malheureuse d'autant plus que c'était sa première ? A-t-elle eu recours à un avortement clandestin ? Les conditions de sa conception dans les années 1950, la trahison de classe de sa mère ont-elles déterminé son parcours ? Le suicide de son père, deux ans avant le sien, a-t-il provoqué sa dépression ? L'auteur, âgé de sept ans lors de la mort de sa soeur aînée, a marché dans ses pas à Charleville-Mézières, dont ils sont originaires, et à Stuttgart en Allemagne où elle travaillait comme femme de chambre. Il a aussi, pour écrire ce roman, interrogé sa famille avant la disparition des traces de son bref passage sur terre.
12 juillet 1963, Aix-en-Provence. Charles Trenet déjeune à la terrasse du restaurant où il a ses habitudes. Soudain, une altercation éclate avec un jeune homme et, quelques heures plus tard, le chanteur est arrêté puis jeté en prison. De quoi l'accuse-t-on ? D'"actes impudiques et contre-nature sur mineurs de moins de vingt et un ans". Dès le lendemain, la rumeur enfle : Charles Trenet organiserait des parties fines, des "ballets bleus". Une certaine presse en remplit ses colonnes en confondant, avec la volonté de les confondre, "pédérastes" et "pédophiles". Parce qu'à cette époque, une loi héritée du gouvernement de Vichy considère qu'une personne homosexuelle ne saurait être capable d'un consentement éclairé avant vingt et un ans. Charles Trenet, d'un tempérament insoumis et éternellement juvénile, refuse de céder au chantage auquel il s'avère en réalité confronté. Mais dans la solitude de sa prison, l'artiste se laisse aller à une incontournable introspection : est-il seulement victime de la morale ? Ses élans et plaisirs ne seraient-ils pas coupables à force d'être minoritaires ? Est-il un adulte raisonnable ? Un fou chantant ? Dans un récit imaginé à la première personne, Olivier Charneux accompagne un homme qui vacille. A travers cet épisode judiciaire, l'auteur nous rappelle combien nos moeurs sont instables, les lois parfois inadaptées et nos jugements souvent brutaux.
Et vous, comment vous débrouillez-vous avec la vie?" Telle est la question que j'ai posée à quarante personnes vivant en France, des inconnus de tous âges et de toutes origines, rencontrés au hasard ou suivant mes envies. Écrire leurs portraits était mon désir. Savoir où nous en étions aujourd'hui, eux et moi, m'importait. J'avais le sentiment d'être perdu, de ne plus voir la réalité. Ces gens-là m'ont aidé à comprendre mon propre parcours. Leurs histoires m'ont donné du courage, ils m'ont incité à poursuivre dans l'écriture. Oui, nous avons tous une vie héroïque dont la littérature pourrait s'occuper. À vous maintenant d'aller vers nous. O.C.
Quand, au début des années 1980, un mal étrange et encore innommé décima nombre d'homosexuels, Olivier Charneux vit mourir beaucoup de ses proches.Bien qu?épargné par ce fléau, il chercha dans ce face-à-face avec la mort précoce des raisons de comprendre et d'espérer.Jeune écrivain, il se tourna vers des « Phares » qui balisèrent alors son chemin de survie. Ces « Phares », pour lui, se nommèrent Racine, Pina Bausch, Marguerite Duras, Barbara, Violette Leduc, Jim Jarmusch, Christian Boltanski, Gus Van Sant, Nan Goldin, Coppola, Bram Van Velde, Hervé Guibert et quelques autres...Avec eux, grâce à eux, il a surmonté le chaos.Ces artistes lui ont surtout appris à aimer par temps de détresse.Voici le livre qui détaille avec minutie cette aventure aussi douloureuse que lumineuse.
Partez à la rencontre de Seft tailleur de silex, Joia fille d’éleveur, Pia fille d’agriculteur, Bez homme des bois, et tout un large éventail d’autres personnages. Leurs existences seront liées de plus ou moins près à la création d’un site historique mondialement connu. On découvre le quotidien de ces populations préhistoriques bercées par le rythme des solstices, dépendantes du climat et fragiles face à l’hostilité de certains. Une fresque historique passionnante et richement documentée qui retrace la vie de celles et ceux qui ont permis la construction de ce lieu légendaire : Stonehenge !
Partez à la rencontre de Seft tailleur de silex, Joia fille d’éleveur, Pia fille d’agriculteur, Bez homme des bois, et tout un large éventail d’autres personnages. Leurs existences seront liées de plus ou moins près à la création d’un site historique mondialement connu. On découvre le quotidien de ces populations préhistoriques bercées par le rythme des solstices, dépendantes du climat et fragiles face à l’hostilité de certains. Une fresque historique passionnante et richement documentée qui retrace la vie de celles et ceux qui ont permis la construction de ce lieu légendaire : Stonehenge !