La pratique musicale des ménétriers, depuis son apparition au XIVe siècle, constitue un trait marquant de l'histoire de la musique instrumentale française. Durant au moins quatre siècles, elle va se trouver au c'ur de tous les rituels sociaux, urbains comme ruraux. Elle va même s'organiser à l'échelon du royaume et se placer sous l'autorité d'un personnage hors du commun, le Roi des ménétriers.La musique ménétrière ? quantitativement majoritaire ? est certainement la musique la plus publique, la plus fréquemment jouée. Pourtant, elle demeure l'une des faces la mieux cachée de la vie musicale française. Serait-ce à cause de son oralité, de son anonymat, du genre « mineur » que sont censées représenter la musique de danse et la musique cérémonielle ...Au moyen d'une investigation minutieuse, l'auteur restitue ici la première synthèse de cette histoire méconnue, sans négliger aucun de ses aspects : juridique, économique, social, artistique. Une histoire mouvementée, qui n'est ni linéaire, ni constante. Bâtie, en effet, sur les ruines de la jonglerie, elle construit ses propres bases au XIVe siècle, se développe pour atteindre son apogée au milieu du XVIIe siècle et sa ruralisation au siècle suivant.Au-delà de la reconstitution, l'auteur se penche sur les origines de cette régression. Symbolique instrumentale, symbolique de la danse, oralité face à l'académisme des XVIIe et XVIIIe siècles, marque d'une identité consulaire ? et donc communale ? combattue par une centralisation accrue dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, incompatibilité avec l'esthétique et la philosophie révolutionnaires de 1789 : cet ouvrage se propose de démontrer en quoi l'élimination de la musique ménétrière de l'espace urbain français, loin d'être une fatalité historique, est révélatrice de notre histoire culturelle et politique.
Nombre de pages
336
Date de parution
03/05/2000
Poids
550g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782252029794
Titre
Les ménétriers français sous l'Ancien régime
Auteur
Charles-Dominique Luc
Editeur
KLINCKSIECK
Largeur
160
Poids
550
Date de parution
20000503
Nombre de pages
336,00 €
Disponibilité
Epuisé
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C'est LA revue francophone de référence pour tout ce qui concerne les musiques autres. Le timbre musical, au coeur de la matérialité du son, ne se mesure pas et ne peut être décrit objectivement. Comment l'aborder autrement que par le biais d'une riche interdisciplinarité ? le présent numéro est une illustration. . Seule revue francophone d'ethnomusicologie, les Cahiers sont devenus l'outil de travail indispensable à tout professionnel de la musique. Fondés à Genève en 1988 dans le cadre des Ateliers d'ethnomusicologie et soutenus par la Société française d'ethnomusicologie, les Cahiers d'ethnomusicologie proposent à leurs lecteurs une publication annuelle. Chaque ouvrage est centré sur un dossier thématique, complété par des rubriques d'intérêt général : entretiens, portraits, brèves et comptes rendus.
A partir du XIIIe siècle, s'élabore une nouvelle esthétique musicale fondée sur le clivage, prégnant au Moyen Age, du haut et du bas. Cette dichotomie concerne d'abord le corps et la voix avant de passer dans le domaine instrumental. Ces deux catégories qui s'opposent du point de vue religieux- le bas prônant les valeurs chrétiennes de l'humilité et le haut celles de l'orgueil et de l'excès - s'inscrivent dans le partage chrétien du sacré et du profane tout en dessinant les contours d'une part d'une musique religieuse et savante et d'autre part d'une musique populaire volontiers perçue comme diabolique et sorcière. S'appuyant sur des sources variées, depuis les récits de vie ou de voyage jusqu'aux écrits spéculatifs et religieux sur la musique, en passant par les sources d'archives, l'iconographie et la littérature orale, c'est une anthropologie historique de la musique savante et populaire que propose cet ouvrage novateur. Ce regard polymorphe renouvelle les approches des fonctions symboliques du sonore et permet, entre autres, de comprendre différemment la musique baroque. Biographie de l'auteur Luc Charles-Dominique est maître de conférences en ethnomusicologie à l'Université de Nice-Sophia-Antipolis. Directeur de collections bibliographiques et discographiques d'ethnomusicologie, il est l'auteur de plusieurs ouvrages d'ethnomusicologie (La vocalité dans les pays d'Europe méridionale et dans le bassin méditerranéen et Les hautbois populaires. Anches doubles, Enjeux multiples, Parthenay, Modal, 2002) et d'anthropologie musicale historique; (Les ménétriers français sous l'Ancien Régime, Paris, Klincksieck, 1994).
Totalement pionnier, ce colloque rassemblant musicologues, historiens, ethnologues, tente de réfléchir à l'éthnomusicologie de la France, aujourd'hui totalement multiculturelle et urbaine, à son héritage scientifique et intellectuel, mais aussi à l'évolution moderne des problématiques et méthodes de recherches sur le terrain. La "France" s'est élargie à un large espace francophone totalement multiculturel incluant territoires d'outre-mer et anciennes colonies. Le concept de "musiques et danses traditionnelles" a connu une évolution fulgurante.
Charles-Dominique Luc ; Defrance Yves ; Pistone Da
Cet ouvrage a pour but d'étudier les formes de la découverte de l'altérité musicale qui s'est développé au XIX° siècle, la circulation sociale et culturelle des matériaux musicaux qu'elle engendra, la naissance de nouveaux imaginaires auxquels elle donna lieu. Sont également pris en compte les espaces de découverte de cette altérité musicale (expositions universelles et coloniales) et les cadres scientifiques et institutionnels en charge de l'étude de ces nouvelles cultures musicales.
Caché derrière ses peupliers d'où émergent son haut toit et ses deux tours carrées, le " château vosgien " est, en 1789, à peu près ce qu'il était en 1600 ou à la fin du Moyen Age : un corps de logis solide et discret, se démarquant à peine du reste des maisons rurales et un peu plus du clocher de l'église ou du prieuré, vrai centre du village. Le châtelain de 1789 y vit-il différemment de celui du XVIIe siècle, voire du Moyen Age ? Ce livre pénètre dans l'univers et le décor familiers des futurs émigrés dont les aïeuls vécurent sur place les drames de la Guerre de Trente Ans. A travers lettres, mémoires et inventaires, une page d'histoire peu connue est retracée ici. Son auteur, professeur agrégé d'Histoire, responsable de l'Association Saône lorraine et délégué des Vieilles Maisons Françaises pour les Vosges, la fixe souvent comme un instantané, un " pris sur le vif ", une incursion dans l'intimité des vieilles familles et des récents anoblis. Beaucoup de ces demeures et de ces familles ont aujourd'hui disparu, et l'on démolit encore des châteaux, comme à Gironcourt-sur-Vraine, au nom du " progrès " et du " réalisme ". Ces pages de vie quotidienne et d'attitude face à l'adversité sont aussi pour l'auteur l'occasion de montrer au grand public et aux divers responsables qu'autant qu'un château fort, ces " Grandes Maisons " sont dignes de conservation et de respect.