Entre les premiers développements de la mécanique galiléenne et la publication des Principia de Newton, s'est jouée une transformation radicale de la philosophie naturelle des modernes. Mathématiques, sciences de la nature et techniques de précision ont façonné d'une part une nouvelle manière, active et opératoire, d'interroger la nature, et d'autre part une image du monde fondée sur l'idée d'une rationalité intégrale des phénomènes. Interlocuteur infatigable de Mersenne, Galilée, Descartes, Leibniz ou Newton, Christiaan Huygens (1629-1695) a assuré un lien nécessaire pour son époque entre l'assimilation critique des Principes de la philosophie de Descartes, dont il retient l'exigence d'intelligibilité dans la conduite de la science, et la réception - critique elle aussi - des Principes mathématiques newtoniens. La méthode de Christiaan Huygens se structure dans les apports cartésien et galiléen: choc des corps, oscillations du pendule, étude de la force et du mouvement en tant qu'expressions de rapports géométriques, caractérisation de la nature de la lumière sont autant de champs dans lesquels il est impossible de ne pas voir l'imprégnation d'un questionnement philosophique permanent. C'est donc en philosophe tout autant qu'en physicien qu'il s'oppose aux définitions newtoniennes de la lumière et de la pesanteur. La lecture traditionnelle voit en Huygens un savant positif, dépris de toute tutelle métaphysique et imprégné d'un cartésianisme vaguement réduit aux acquêts. Celui que nous découvrons répond à la nécessité de rendre raison des lois et phénomènes qui entrent sous leur mesure. Biographie de l'auteur Agrégé de philosophie et lauréat du prix 2000 de la Société Française d'Histoire des Sciences et des Techniques, Fabien Chareix a enseigné l'histoire des sciences à l'UFR de Physique de l'Université des Sciences et Technologies de Lille (Université de Lille 1). Il est actuellement maître de conférences en philosophie à l'Université de Paris IV-Sorbonne.
Date de parution
04/09/2006
Poids
460g
Largeur
215mm
Plus d'informations
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EAN
9782711618262
Titre
LA PHILOSOPHIE NATURELLE DE CHRISTIAAN HUYGENS
ISBN
2711618269
Auteur
CHAREIX
Editeur
VRIN
Largeur
215
Poids
460
Date de parution
20060904
Nombre de pages
0,00 €
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Résumé : Un révolutionnaire fondateur de la physique moderne ? Le simple continuateur de la physique médiévale ? L'inspirateur de la méthode expérimentale ? Le dernier rejeton de l'idéalisme platonicien ? Si l'on s'en tient aux nombreuses étiquettes qui ont historiquement qualifié la pensée de Galilée, la confusion est patente. Au crépuscule d'une domination sans partage d'une certaine image grecque du monde, l'?uvre du Florentin est pétrie d'ambitions multiples mais suit cependant une orientation invariable : lutter, dans toutes les régions du savoir, contre le dogme de la philosophie naturelle aristotélicienne. L'astronomie, la mécanique, les définitions de la matière et de l'entendement qui s'y rapporte : tout est prétexte, chez Galilée, à une activité de critique radicale dans laquelle nous voyons émerger, peu à peu, les fondements d'une idée de nature qui, aujourd'hui encore et malgré les révolutions successives de la physique contemporaine, nous semble familière et nôtre. Mais la connaissons-nous autrement que par les mythes qu'elle n'a cessé de véhiculer ? Or, cette science nouvelle ne s'est pas produite par génération spontanée : elle est le fruit d'un patient travail au cours duquel Galilée a dû passer outre l'enseignement de ses maîtres. Si la science galiléenne possède une forme définitive consignée dans le Dialogo et les Discorsi, il est plus que nécessaire de parcourir les étapes historiques et conceptuelles de sa formation. C'est ce que propose le présent livre.
Galilée reçoit en 1616 l'interdiction d'enseigner le système héliocentrique de Copernic. En 1633, condamné par l'Eglise, il doit abjurer ses opinions sur le mouvement de la Terre. Alors que la science ouvre à l'esprit les dimensions indéfinies de l'univers, l'Eglise protège son monde fini. Mais la révolution galiléenne tient-elle seulement à ce passage du fini à l'infini cosmologique? Et quels sont les domaines où elle a pris forme? Textes commentés. Sujets de dissertations. Sur la collection Collection dirigée par Jean-Pierre Zarader.La collection "Philo', par l'indétermination même de son intitulé, s'ouvre à toute réflexion qui met en jeu la philosophie. Elle sera donc aussi bien le lieu d'études techniques, répondant à une orientation universitaire, que d'études interdisciplinaires s'adressant à tous ceux qui, plus largement, s'intéressent à la philosophie."
Baudart Anne ; Cantagrel Gilles ; Chareix Fabien ;
On est un génie par naissance, mais on devient universel. L'universalité n'est pas l'oeuvre d'un jour, ou de quelques coups d'éclat : elle doit s'attester et se consolider au fil du temps et des générations. Elle réclame des médiateurs, des intercesseurs et des relais. Elle se confirme dans la chaîne de la reconnaissance, mais aussi à travers les usages multiples auxquels se prête l'héritage d'une pensée ou d'une oeuvre. L'humanité compte quelques grandes figures universelles. Combien sont-elles ? Une quinzaine ? Une cinquantaine ? "Grands hommes" ou personnalités d'exception, bienfaiteurs ou héros des nations, sages ou génies des sciences et des arts, ils vivent encore parmi nous, car nous revenons sans cesse à eux. Comment l'expliquer ? Anciens ou modernes, fondateurs ou réformateurs, ils ont leur place aux sources de la civilisation, quel que soit leur âge. C'est le cas de Confucius, Socrate, Gandhi, Avicenne, Galilée et Bach (tome 1), et également de Shakespeare, Mozart, Luther King, De Vinci, Descartes ou encore Einstein (tome 2) : de la philosophie à la politique, en passant par les sciences de la nature, le théâtre, la musique, etc. Chacune de ces figures s'inscrit en son temps dans un contexte particulier, parfois celui d'une société ou d'une culture qui ne nous est plus familière. D'où vient que nous les honorions encore, en dépit de tout ce qui devrait nous en éloigner ? Quels sont les ressorts de cette universalité ? Quelques spécialistes se sont penchés sur leur cas. Avec, pour ce tome I, des contributions d'Anne Baudart, Gilles Cantagrel, Fabien Chareix, Anne Cheng, Robert Deliège, et Ahmed Hasnaoui.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.