L'espace public, pris entre social et politique, n'est pas seulement un lieu d'échanges d'opinions et de construction de consensus ou de consentement discursif. Il est aussi un lieu où se construisent et se déploient des liens entre les différents acteurs qui le constituent et qui s'exercent dans un espace hiérarchisé et saturé de rapports de pouvoir et de domination.La quête de sens, de vision d'un avenir commun, et la création des liens sociaux vont ensemble : elles impliquent et mettent en jeu les finalités de l'agir public. Le lien politique qui pouvait ouvrir à une pluralité d'espaces publics semble aujourd'hui être en question ou, peut-être, est-il dépassé et remplacé par des logiques discursives, médiatiques et technologiques qui affectent les cadres intellectuels et mentaux qui structuraient notre représentation du monde.S'arrêtant sur la publicisation et l'importance de la visibilité voire de la célébrité dans l'agir public, ce livre et les 14 contributions qui le constituent s'interrogent sur les formes, les modalités et les enjeux que peuvent avoir aujourd'hui la publicité et l'expression publique. Il tente de comprendre ce qui peut faire le public de l'espace public se demandant alors si la notion d'espace public peut être encore centrale pour la compréhension du lien social et de la politique.
Les écrans numériques nous sont aujourd'hui devenus indispensables. Disponibles, rapides, ils répondent infailliblement. Leur omniprésence, leur usage coutumier, ne permettent pas, au-delà des rituelles proclamations de risques d'addiction, d'apprendre à discerner les métamorphoses de nos vies qui se produisent par eux.Cet ouvrage nous invite à quitter notre position d'utilisateur et à chercher des éléments de compréhension de la transformation digitale dans les théories de l'écriture. À l'heure où le traitement par le signal, la rationalité technique et l'automatisation investissent de plus en plus nos interactions sociales, l'art de lire et de déchiffrer les signes, le travail d'appropriation du sens,fournissent un antidote, offrent des ressources insoupçonnées pour nous aider à développer une intelligence des contextes.Nos petits écrans du quotidien sont ainsi interrogés par Pierre-Antoine Chardel comme des expériences existentielles à part entière, engageant notre condition d'être interprétant, tout autant que l'avenir de nos sociétés démocratiques.Il est encore temps d'intervenir sur l'évolution de nos sociétés hyper-connectées en favorisant l'épanouissement des subjectivités créatives, dont l'avenir demeure à écrire, par-delà l'empire du signal qui croît.
Zygmunt Bauman est une figure majeure de la sociologie européenne. Son oeuvre est dominée par l'inquiétude provoquée par la succession des crises politiques, économiques, morales qui affectent nos sociétés contemporaines. Du Coût humain de la mondialisation à L'éthique a-t-elle une chance dans un monde de consommateurs?, ses travaux portent un diagnostic corrosif sur notre époque sans se laisser enfermer dans des cadres théoriques trop univoques. Diversifiant les angles d'interprétation, engagé dans un constant dialogue avec une multitude d'auteurs, de Camus à Levinas, de Gramsci à Arendt, Bauman parvient à embrasser la complexité des phénomènes sociaux en couvrant des champs de réflexion a priori hétérogènes - de l'interrogation sur le statut de l'Holocauste dans l'histoire de la modernité industrielle à l'avènement du consumérisme dans nos sociétés devenues "liquides". C'est cette exigence critique singulière que nous rend présent Pierre-Antoine Chardel dans cet essai, le premier en français consacré à ce penseur hors norme.
L'expansion des technologies dans le cyberespace menace-t-elle de transformer chaque citoyen en "bête d'aveu", pour reprendre l'expression de Michel Foucault ? En répondant à ces questions, cet ouvrage montre que pour surmonter les menaces liées à la cybergouvernance, il est urgent d'adapter la culture scientifique aux défis du numérique, en privilégiant des dynamiques d'innovation qui rendront possible l'exercice du libre-arbitre des sujets, par la possibilité de faire silence, de préserver des zones d'anonymat. Une étude argumentée en forme de plaidoyer pour l'autonomie du sujet.
Chardel Pierre-Antoine ; Reber Bernard ; Kemp Pete
Né à Tokyo en 1922, Tomonobu Imamichi est l'un des grands philosophes japonais contemporains. Spécialiste de philosophie antique et d'esthétique, il s'est engagé depuis plusieurs décennies dans l'élaboration d'un dialogue entre les traditions extrême-orientales et occidentales dont est née la notion d'éco-éthique. II s'agit par cette notion d'ouvrir la réflexion éthique et esthétique à la nouveauté technologique comme au risque environnemental. Plus profondément, l'éco-éthique dessine la possibilité d'une relation renouvelée des hommes à la planète, relation conçue comme le prolongement d'un juste rapport à autrui. Si des philosophes occidentaux contemporains tels que Paul Ricoeur, Raymond Klibanskv ou Mikel Dufrenne ont rencontré la pensée de Tomonobu Imamichi, celle-ci est encore très peu connue du grand public francophone. Le présent ouvrage entend, pour la première fois en langue française, mettre en lumière l'originalité de l'éco-éthique.
...Le livre passionnera ceux qui veulent savoir comment se fait une découverte et la nature des efforts parfois inouïs cachés derrière la communication impersonnelle qui annonce un résultat important dans une revue scientifique. Il réveillera l'émotion de ceux qui eurent à se préoccuper de la qualité des soudures, ou de la sécurité de cet instrument qui pouvait aussi devenir une bombe redoutable. Il rend hommage à ceux qui ont une part souvent ignorée aux grandes découvertes. " Georges Charpak
Ce livre est le fruit de 20 ans d'aventure scientifique vécue par une équipe de passionnés. Il débute avec le bouillonnement d'idées qui fut à l'origine des choix scientifiques du CEMEF. Puis chacun des axes de recherche est illustré par les chercheurs du centre, par des anciens passés dans l'industrie, ou bien par des spécialistes extérieurs qui ont tenu ainsi à manifester leur amitié. Sont passées en revue la modélisation et la simulation numérique des opérations de formage (fonderie, forgeage), puis la rhéologie des polymères. Sont abordés ensuite les aspects microstructuraux : endommagement des matériaux hétérogènes, problèmes d'échelle (relations micro/macro) et de cristallisation des polymères. Enfin, vient la tribologie de la mise en forme, c'est-à-dire l'art de gérer au mieux les contacts entre outil et produit (en laminage et en emboutissage). Une occasion exceptionnelle de survoler en 300 pages l'état actuel d'une recherche multidisciplinaire dans le domaine de la mise en forme des matériaux.
L'étude du travail des designers prend place dans une interrogation générale qui vise le travail de construction nécessaire pour que la situation de marché apparaisse. Les designers, obligés de réaliser physiquement l'objet et d'anticiper sur un marché futur, sont particulièrement intéressants pour qui veut comprendre les mécanismes complexes de l'incorporation de la demande dans les produits. Le design est pris dans des définitions divergentes. Mais les designers partagent une définition commune de leur travail : celle d'une articulation entre l'usager et l'objet. C'est à ce titre qu'ils sont étudiés, comme sociologues de l'usage. Trois équipes de designers industriels, choisies pour la complémentarité de leur conception du design et de leur cadre de travail ont été suivies. L'étude de leurs pratiques, de leurs modes d'organisation et des techniques de représentation utilisées a dégagé les modalités possibles d'une anticipation de l'usage. Par opposition au marketing, les designers sont soumis à une contrainte pressante : leur tâche de " réalisation " de l'objet souligne tout ce que l'objet comporte d'indéterminé par rapport à un cahier des charges idéal portant les desiderata de la demande. Cette indétermination impose la nécessaire condensation de ses dimensions esthétiques, techniques, fonctionnelles, marchandes. C'est ce moment indécis où l'objet prend forme, qui refait surgir des esquisses la pluralité des solutions possibles, et l'indétermination structurelle de l'offre par rapport à la demande.