A la "question juive" du XIXe siècle est venue se substituer ou s'ajouter au XXe siècle, la "question d'Israël", suscitant dans les milieux politiques et intellectuels des clivages surprenants et des revirements quelquefois inattendus. La création d'Israël a ravivé une série de problématiques qui ont modelé la politique contemporaine: Etat/ communauté, laïcité/ religion, orient/ occident, etc. Dès avant 1948, les intellectuels français ont largement discuté de ces questions, depuis les débats entre le franco-judaïsme et le sionisme jusqu'aux prises de position contrastées d'un Louis Massignon ou Maurice Blanchot, de Jean-Paul Sartre ou François Furet, d'Albert Cohen ou Chris Marker, d'Annie Kriegel ou Alain Badiou, dont les revues d'idées se firent l'écho. Entre les condamnations et les enthousiasmes, les incompréhensions et les fidélités, ce sont les "aventures" de ces prises de position et polémiques qui sont présentées dans cet ouvrage collectif, issu de deux colloques tenus à l'Université de Tel-Aviv en 2007 et 2008.
Nombre de pages
250
Date de parution
21/11/2009
Poids
378g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782841622016
Titre
Les intellectuels français et Israël
Auteur
Charbit Denis
Editeur
ECLAT
Largeur
150
Poids
378
Date de parution
20091121
Nombre de pages
250,00 €
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A la fin du XIXe siècle, du sein des communautés juives en Europe, des voix s'élèvent et réclament la création d'un Etat juif pour échapper aussi bien à l'assimilation totale qu'à la virulence de l'antisémitisme et aux persécutions. C'est la naissance d'un des mouvements politiques et culturels les plus importants de notre siècle, mais aussi l'un des plus contestés, qui ne s'arrêtera pas avec la fondation de l'Etat d'Israël, il y a cinquante ans. Héritier des Lumières juives du XVIIIe siècle, le sionisme est tout à la fois un instrument de (re)conquête politique, une volonté de renaissance, centrée, en particulier, sur la restauration de la langue hébraïque, une vision de l'histoire et de l'identité juive comme nation, une sécularisation, une valorisation du territoire, une cause humanitaire pour les juifs apatrides et, enfin, un laboratoire d'utopie communautaire. Par la mise en perspective des textes majeurs qu'elle opère, l'anthologie rassemblée et commentée par Denis Charbit, professeur de civilisation française à l'Université de Tel-Aviv, fait apparaître pour la première fois l'extraordinaire diversité des sionismes. Le débat autour du théologico-politique, les perceptions et les solutions au conflit israélo-palestinien, l'aspiration à " être un peuple commes les autres ", etc., ne sont pas sans avoir révélé des points de vue contradictoires et des tensions qui pèsent encore sur le destin d'Israël. De Theodor Herzl à Amos Oz, c'est le récit pluriel de l'aventure de pionniers, d'hommes politiques, d'intellectuels, d'écrivains, qui se déploie, ainsi qu'un bilan que chacun pourra apprécier à l'heure où la paix devrait enfin sonner.
Le mot "sionisme", né il y a à peine plus de cent ans, ne semble plus compris de nos jours et subit toutes les altérations qu'entraîne la polémique. Ce livre vise à rétablir son sens véritable et à examiner ce qu'il en est dans la réalité israélienne d'aujourd'hui: revenir à Sion, terre ancestrale, reconstituer les juifs en tant que nation, créer un Etat démocratique, rétablir la langue hébraïque et offrir aux juifs en détresse un refuge et une patrie.
Retour à Altneuland revient sur les utopies qui sont au fondement du mouvement sioniste, tant sur le plan social et politique que culturel, et permet d'enrichir le sens d'une idée dont on ne perçoit souvent en Occident que la part qui en a occulté la dimension "révolutionnaire". Denis Charbit s'attache ici à en rétablir les sources et la complexité et nous permet de mieux comprendre les enjeux et la "nécessité" de ce nouveau pays ancien, entre religion et laïcité, voisinage et communauté, kibboutz et économie de marché, héritage européen et filiation orientale. Retour à Altneuland dérangera peut-être comme a dérangé, en son temps, l'Altneuland de Theodor Herzl, mais contribuera, on l'espère, à dissiper quelques malentendus.
Alors qu'Israël traverse l'une des crises les plus graves depuis sa création, l'antisionisme connaît un regain d'adhésion et de popularité inégalé. Qu'il soit ou non une forme renouvelée de l'antisémitisme, on ne s'est jamais proclamé antisioniste avec un tel sentiment de bonne conscience. Jamais on n'a tant fait du sionisme le repoussoir de tous les idéaux, la forme ultime et accomplie du mal en politique, synthèse de l'apartheid sud-africain, du colonialisme européen, du suprémacisme blanc et de l'impérialisme occidental. Le mot "sionisme" , né il y a un peu plus de cent ans, ne semble plus compris et subit toutes les défigurations qu'entraîne la polémique. La nouvelle édition de ce livre vise à rétablir le sens véritable de ce projet, à examiner ses succès et ses échecs, ses acquis et ses apories, sans céder ni à l'image d'Epinal ni à la diabolisation.
L'institution du Shabbat est la plus importante contribution du judaïsme à l'humanité, tout en étant le fondement de la vocation spécifique d'Israël. Résistance à l'oubli de l'origine, appel à la maîtrise du temps pour assurer la liberté de l'homme, évocation d'un jour futur "qui sera tout entier Shabbat et repos pour une vie du monde qui vient", il introduit dans l'existence une dimension essentielle, dont le monde contemporain, livré à la démesure, doit absolument prendre conscience. A un projet prioritairement économique, obsédé par la satisfaction du besoin et le culte de la croissance, il oppose une vision d'avenir liée non à un manque, mais à une plénitude. Il rappelle l'indispensable valeur de la limite et du lien entre les générations.