On assiste dans les régimes démocratiques à une différenciation croissante du champ politique et au développement de nouvelles catégories d'agents commentateurs politiques, politologues, sondeurs, spécialistes en communication, etc., qui, avec leurs intérêts propres, participent désormais directement au jeu politique. On considère généralement que les moyens modernes de communication (la télévision, notamment), qui informent de mieux en mieux les "citoyens', ainsi que les technologies importées des sciences sociales (comme les enquêtes d'opinion), qui permettent de mieux connaître la"volonté populaire', constituent autant de progrès pour la démocratie. L'analyse sociologique de la pratique des sondages d'opinion, des débats politiques à la télévision et des manifestations de rue montre qu'en fait, s'il y a progrès, c'est surtout dans la sophistication croissante des "technologies sociales" visant à faire croire que l'on donne la parole au peuple. Paradoxalement, en effet, le champ politique tend à se refermer sur lui-même, le jeu politique étant de plus en plus une affaire de spécialistes qui, à travers notamment les sondages, prétendent "faire parler le peuple', mais le font en réalité à la manière du ventriloque qui prête sa voix à ses marionnettes. L'idéal démocratique est sans doute moins menacé aujourd'hui par le totalitarisme que par une sorte de démagogie savante d'autant plus dangereuse qu'elle a formellement toutes les apparences de la démocratie."
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Nombre de pages
312
Date de parution
24/10/1990
Poids
350g
Largeur
130mm
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EAN
9782707313591
Titre
FAIRE L'OPINION. Le nouveau jeu politique
Auteur
Champagne Patrick
Editeur
MINUIT
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130
Poids
350
Date de parution
19901024
Nombre de pages
312,00 €
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Les sondeurs et la télévision ne sont pas deux acteurs de plus dans le jeu politique. Ils contribuent à mettre en place un système politico-médiatico-sondagier dans lequel ils jouent un rôle de premier plan. Omniprésents, les sondeurs revendiquent officiellement le monopole de la connaissance scientifique de la "volonté populaire" et proposent officieusement aux partis politiques les moyens pour la manipuler. Par ailleurs, la médiatisation de la politique et notamment des manifestations de rue, et leur accompagnement par les sondages et les baromètres de notoriété, ont contribué à redéfinir ce qu'on met aujourd'hui sous l'expression "faire de la politique". Pour dire la richesse de ce livre passionnant, il faudrait aussi évoquer les pages sur les manifestations de rue et la façon dont elles se sont transformées pour se plier aux règles du nouveau pouvoir journalistique sans lequel aucun événement ne saurait exister comme tel. Ou encore mentionner l'art et la manière avec lesquels le sociologue décrit l'ignorance de la réalité du monde politique, tant il est fermé sur lui-même.
Résumé : Cet ensemble de textes publiés entre 1975 et 1985 est le fruit de diverses enquêtes réalisées dans le milieu rural, principalement en Mayenne et en Bresse bourguignonne. Avec une grande clarté, l'auteur analyse la situation d'une classe sociale qui a subi une double crise de reproduction : à la fois technique et économique avec la généralisation des méthodes de production intensive, mais aussi sociale et culturelle dans laquelle est en jeu une identité paysanne menacée par le problème de la transmission du patrimoine. S'interrogeant sur les facteurs qui expliquent cette évolution souvent brutale, l'auteur met en évidence les insuffisances d'une analyse purement économique et montre qu'il faut prendre en compte les phénomènes plus cachés dits de " domination symbolique ". Patrick Champagne entreprend ainsi une analyse des stratégies de reproduction sociale qui met en avant l'économie des échanges entre générations. Des clés pour comprendre la situation des classes sociales qui, à l'instar de la paysannerie, connaissent de profonds bouleversements et dont l'avenir est l'un des enjeux de notre société.
Résumé : Alternativement défenseur héroïque de la liberté d'information quand il est grand reporter ou complice servile des puissants quand il sert des médias tenus par l'argent, le journaliste a une image ambiguë. Il doit de fait composer avec les contraintes propres au métier (réactivité, urgence, polyvalence, disponibilité, concision, etc.), mais surtout il subit, en partie à son insu, les puissants rapports de force propres aux champs politique et économique. A partir de cas très concrets - une manifestation de rue, la fausse agression du RER D, la crise du journal Le Monde et les avis de son médiateur, etc. - ce livre analyse toute la part d'arbitraire qui gouverne les luttes entre les journalistes, machines à produire l'"événement". Plus largement, il donne les instruments permettant de comprendre la fabrique de l'actualité et les modalités de production de l'"opinion publique".
Il y a 10 ans, le 23 janvier 2002, Pierre Bourdieu disparaissait.Intellectuel engagé, il portait une attention passionnée aumonde, non seulement comme objet d'étude mais aussi commechamp d'intervention citoyenne. Fondateur d'une théoriesociologique, adossée à des enquêtes de terrain qui ont faitdate (sur l'Algérie, sur l'école, sur la précarité, etc.) et fait delui le sociologue le plus cité et discuté au monde, il fut aussiun acteur infatigable des luttes contre le néo-libéralisme etcontre les formes les plus brutales de la mondialisation. De cescombats, dans lesquels il investissait l'exigence critique dusociologue, il a tiré des livres décisifs comme La Misère dumonde, des textes d'intervention incisifs (Sur la télévision,Contre-feux, etc.) et une collection d'ouvrages militants(Raisons d'agir) créée au lendemain du mouvement social dedécembre 1995. La présente initiation à la sociologie deBourdieu est le fruit de la collaboration d'un sociologue(Patrirk Champagne) et d'un historien (Olivier Christin), deuxchercheurs qui ont longtemps travaillé avec lui et avec le soucid'investir sur leurs terrains respectifs (la crise de l'agricultureet le journalisme pour l'un; l'histoire religieuse pour l'autre)quelques-uns des concepts et des outils critiques de son travailsociologique. Ils ont ici choisi d'en présenter les troisprincipaux: les concepts d'habitus, de capital et de champ, enplace dès les recherches de Bourdieu en Algérie (1958-1961),mais sans cesse repris et développés au fur et à mesure de sesenquêtes. De la théorie à l'enquête, de l'investigation àl'abstraction, la praxis de l'oeuvre définit une philosophierefondant les sciences sociales.
Je vous prie de me faire la faveur de publier Le Verdict en un petit volume autonome. Le Verdict, auquel je tiens tout particulièrement, est certes très court, mais il relève plus du poème que du récit, il a besoin d'espace dégagé autour de lui et il ne serait pas indigne qu'il l'obtienne". Franz Kafka Lettre à son éditeur Ecrit d'une seule traite dans la nuit du 22 au 23 septembre 1912, Le Verdict est le texte fondateur de Kafka. Jean-Philippe Toussaint en propose ici une nouvelle traduction.
J'étais plutôt son genre, et elle m'avait dans la peau. Mais pourquoi me demander ça à moi ? Parce que j'étais disponible ? Parce que j'habitais juste en face et que Miko, son mari, m'invitait souvent à la pêche à la mouche et n'y verrait que du feu ? J'avais beaucoup d'ennuis, tout de même. Je lui ai demandé si c'était parce qu'elle n'avait pas d'autre solution ? Véritablement, Sally ne savait pas dans quoi elle s'embarquait en ma compagnie.
Le temps d'un séjour de quelques semaines dans sa maison d'enfance, la narratrice raconte ses retrouvailles avec sa famille, où, depuis trois générations, hommes et femmes ont choisi le métier de pasteur. Mais quand elle arrive, quelque chose de cet ordre ancien s'est profondément déréglé. De ses proches, elle raconte les rires, les chutes, les chants. De toutes ses forces, elle les soutient, quand leur vie ne semble plus tenir qu'à un fil.
Né en 1928 à Sighet en Transylvanie, Elie Wiesel était adolescent lorsqu'en 1944 il fut déporté avec sa famille à Auschwitz puis à Birkenau. La Nuit est le récit de ses souvenirs : la séparation d'avec sa mère et sa petite s?ur qu'il ne reverra plus jamais, le camp où avec son père il partage la faim, le froid, les coups, les tortures... et la honte de perdre sa dignité d'homme quand il ne répondra pas à son père mourant. " La Nuit, écrivait Elie Wiesel en 1983 est un récit, un écrit à part, mais il est la source de tout ce que j'ai écrit par la suite. Le véritable thème de La Nuit est celui du sacrifice d'Isaac, le thème fondateur de l'histoire juive. Abraham veut tuer Isaac, le père veut tuer son fils, et selon une tradition légendaire le père tue en effet son fils. L'expérience de notre génération est, à l'inverse, celle du fils qui tue le père, ou plutôt qui survit au père. La Nuit est l'histoire de cette expérience. "