Dans un aéroport, une femme attend : son époux s'est absenté un instant. En escale à Paris, ils partent pour Sydney, Ismaïl est chirurgien, Médée est sculpteur. Mais l'attente se prolonge. L'embarquement de leur vol vient d'être clôturé, il ne reviendra pas. Médée se fige. Mariée depuis vingt-cinq ans, elle n'a cessé de célébrer leur couple, comblée parla naissance de ses enfants, assumant sa vie de mère et trouvant néanmoins l'espace et le temps nécessaires à l'édification d'une oeuvre considérable, elle ne pouvait imaginer une telle chute. Médée est immobile, elle ne veut pas sortir du sas où l'a placée la violence de l'abandon, et pour cela décide de s'installer dans une chambre de l'hôtel attenant à l'aéroport. Sur un fil, funambule, Médée s'apprête à traverser le miroir. Car plus fortes que son corps dévasté, que ses sombres pensées, ses mains vont se saisir encore une fois de la dramaturgie humaine et d'une boule de terre extraire le geste, la trahison, et dès lors les comprendre. Serré, tendu telle une corde encre deux tours, ce livre célèbre la puissance d'une femme, sa résilience et sa capacité à déloger de son corps affaibli la matrice de l'art : émergence salvatrice, échappée absolue pour tout être entravé.
Biographie de l'auteur Edouard Louis a 21 ans. Il a déjà publié Pierre Bourdieu : l'insoumission en héritage (PUF, 2013). En finir avec Eddy Bellegueule est son premier roman.
Résumé : Parti sur les traces de Robert Desnos et de son séjour à Cuba en 1928, le narrateur arpente les rues de La Havane, découvre les nombreuses églises et les bars, flâne sur le Malecón pour y capter le " réel merveilleux " auquel il finira par succomber. Au fil de ses séjours, il croise des personnages hauts en couleur, dont un ancien guérillero, des musiciens, des anonymes extravagants rêvant de départs, une riche New-Yorkaise qui attend la chute du castrisme, une mystérieuse infirmière, un prêtre de la santería... Des souvenirs remontent : une amante ensorceleuse, un chauffeur de taxi fanfaron, des poètes et des cinéastes, ainsi que des figures illustres ; Sartre et Beauvoir enflammés par la révolution, Alejo Carpentier, Lezama Lima, le boxeur Kid Chocolate, Paul Morand, le coureur automobile Fangio (kidnappé par les barbudos), Hemingway, Allen Ginsberg, García Lorca et quelques invités surprises, tels que le jeune Leonard Cohen ou encore Anaïs Nin.
Résumé : A Pointe-Noire, dans le quartier Voungou, la vie suit son cours. Autour de la parcelle familiale où il habite avec Maman Pauline et Papa Roger, le jeune collégien Michel a une réputation de rêveur. Mais les tracas du quotidien (argent égaré, retards et distractions, humeur variable des parents, mesquineries des voisins) vont bientôt être emportés par le vent de l'Histoire. En ce mois de mars 1977 qui devrait marquer l'arrivée de la petite saison des pluies, le camarade président Marien Ngouabi est brutalement assassiné à Brazzaville. Et cela ne sera pas sans conséquences pour le jeune Michel, qui fera alors, entre autres, l'apprentissage du mensonge. Partant d'un univers familial, Alain Mabanckou élargit vite le cercle et nous fait entrer dans la grande fresque du colonialisme, de la décolonisation et des impasses du continent africain, dont le Congo est ici la métaphore puissante et douloureuse. Mêlant l'intimisme et la tragédie politique, il explore les nuances de l'âme humaine à travers le regard naïf d'un adolescent qui, d'un coup, apprend la vie et son prix.