Toute oeuvre de Jean-Paul Chabrier est traversée par deux sempiternelles questions de fond : " Suis-je vraiment au monde ? Pour y faire quoi ? " Pas étonnant que ses maîtres en littérature soient Kafka, Walser, Brautigan... Il confie à ses personnages la mission de répondre à ces questions en les jetant dans des situations absurdes dont ils auront les pires difficultés à se libérer, voire qui perturberont leur évolution irrémédiablement... Il faut insister sur les qualités d'écriture de cette oeuvre qui se singularise, entre autres, par l'usage de formules quelque peu désuètes, par une richesse de vocabulaire sans doute hors de saison. Une dénonciation, en creux, d'une certaine pauvreté de ce qui s'écrit aujourd'hui... Ce recueil de nouvelles donne un large aperçu de la palette de l'auteur, de la drôlerie au désespoir, de l'innocence à la cruauté. S'il fallait ne retenir qu'un titre, illustrant bien les questions exprimées plus haut, ce pourrait être : Vendredi prochain, je passe à la télévision régionale (page 69).
Nombre de pages
187
Date de parution
17/01/2012
Poids
272g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782356080417
Titre
Avril en octobre
Auteur
Chabrier Jean-Paul
Editeur
ESCAMPETTE
Largeur
140
Poids
272
Date de parution
20120117
Nombre de pages
187,00 €
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Amputé d'une part de lui-même, Kowalski erre dans les couloirs d'un hôpital, en proie à d'insolubles questions sur la réalité du monde et de sa vie. Sans début ni fin, le roman s'enroule sur lui-même à l'image de cette conscience désorientée.
A sa première sortie, en 1998, ce livre fut salué par une presse abondante. Dans Le Nouvel Observateur, Jean-Louis Ezine signait une belle page ponctuée de fortes formules : "Un auteur rare (mais drôle)", "C'est du Montaigne caustique". Les différentes faces du talent de Jean-Paul Chabrier, particulièrement cette capacité à se moquer de lui-même, à tourner en dérision les situations les plus désespérées, percent à chaque page... L'ensemble forme un florilège de la loufoquerie.
Résumé : D'être du Sud-Ouest, me direz-vous, qu'est-ce que ça change ? A vrai dire, rien ; et pourtant ça change tout. Mais ce serait trop long à expliquer. J'espère tout de même que je ne vais pas me lancer dans le récit de toutes ces salades, toutes ces années qu'on passe comme ça, à chercher. A chercher quoi, je vous le demande. On cherche les années et ce qu'elles recouvrent, ce qui n'est pas toujours très beau à voir. Ni très propre non plus. Au bout du compte, s'apercevoir qu'on est un type du Sud-Ouest, en soi, ce n'est pas le plus grave. Au contraire, ça fait rudement plaisir de comprendre qu'on est de quelque part, comme tout le monde. Bien content que j'étais quand je m'en suis aperçu. Rassuré en un mot, avec mon Sud-Ouest sur les bras.
La recherche du nom et de l'identité, la crédibilité de l'homme dans le monde, sont les préoccupations majeures de ce livre grave aux images parfois oniriques, et non dépourvu d'un certain humour. Biographie: Abraham Elishama est né à Nancy. La découverte, puis l'approfondissement de son identité juive l'amènent très vite à s'installer à Jérusalem, où il adopte la nationalité israélienne. Actuellement, il réside à Toulouse avec sa famille.
Il y a aussi dans la palourde et étrangement pour moi plus que dans tout autre bivalve, du petit coffre naturel, extrait de l'ombre, un coffre abritant un secret sur lequel la main, dans une sorte de protection redoublée, se referme entièrement. C'est la raison pour laquelle elle demeure liée si fortement aux anciennes cérémonies du don enfantin quand l'autre, les yeux fermés, devait deviner. L'autre souvent, c'était la petite fille qu'on aimait. Une scène rêveuse et lente, un peu somnambulique, à la Delvaux... Comme si c'était cette part en soi, incommunicable, obscure, mais infiniment précieuse aussi qu'on voulait offrir: un gage secret, le signe d'une reconnaissance ou, à l'instar de la coquille du saint de Compostelle, d'une élection. Brillant exercice de style et savante leçon de choses, cette réhabilitation de la palourde est une introduction digressive et détournée à la meilleure des littératures.
La première fois que j'ai vu Batia, c'était à Jérusalem en automne. Jérusalem qui est en pays d'Israël, Israël qui est une terre et un peuple, une terre qui vit de pluies célestes et de paroles, qui a soif de bénédictions, une terre qui entend nos paroles, qui boit nos paroles, qui absorbe nos paroles dans son grain, une terre qui compte les pas de tous et les noms de chacun, qui nous regarde du dedans de son Livre et nous offre le sens, c'est là que j'ai vu Batia pour la première fois, Batia qui est un visage particulier du peuple et une lettre du Livre, un visage qui respire l'âme du peuple, et pour conquérir cette femme il faut mériter cette âme, et aussi la Loi de cette âme qui est le Livre. Batia est une partie de la terre et du peuple, et vouloir cette femme, c'est vouloir l'une et l'autre, et si l'on a dit oui à la terre et au peuple qui sont véritablement Israël, alors on voit Batia qui vient vers soi, toute seule, et s'offre comme une rose tendue. Mais si l'on dit non à l'une et à l'autre et à la Loi de l'âme qui les unit, on ne peut rien connaître du secret de Batia qui se ferme comme la nuit.
Amputé d'une part de lui-même, Kowalski erre dans les couloirs d'un hôpital, en proie à d'insolubles questions sur la réalité du monde et de sa vie. Sans début ni fin, le roman s'enroule sur lui-même à l'image de cette conscience désorientée.