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La fable mystique (XVIe-XVIIe siècle). Tome 2
Certeau Michel de ; Giard Luce
GALLIMARD
24,50 €
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EAN :9782070141395
La Fable mystique a paru en 1982. L'auteur travaillait à un second volume quand il est mort en 1986. Pour faire aboutir le projet de Michel de Certeau, Luce Ciard (à qui il a confié l'édition de son oeuvre) a associé un long chapitre en partie inédit à des articles déjà parus. Le livre comme l'auteur sont devenus des classiques. Ils ont rendu visible un océan d'écrits où s'est cherchée, aux XVIe et XVIIe siècles, une "science expérimentale de la mystique". Ces récits d'expériences individuelles, où se mêlent l'émotion, le rêve, l'extase, l'amour, la souffrance, voulaient expliquer ce qui était survenu et découper, dans la vie commune de la foi, une manière de dire qui soit entendue par l'institution religieuse. Michel de Certeau explore cette "figure historique" de la mystique, ses conditions d'apparition, son essor et son échec final, faute d'avoir pu définir son objet. Ce volume présente le "contenu même" de la science cherchée, de Nicolas de Cires à Pascal, à travers Jean de la Croix, Jean-Joseph Surin ou Angelus Silesius. L'inspiration poétique, les récits (le visions ou de passions, le trouble de la folie, le concert des voix angéliques, la lecture des spirituels et celle des Ecritures, la subtilité rhétorique des arguments sont tour à tour analysés et mis en perspective avec précision, respect, délicatesse et grâce à une érudition sans faille.
Nombre de pages
390
Date de parution
12/09/2013
Poids
438g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070141395
Titre
La fable mystique (XVIe-XVIIe siècle). Tome 2
Auteur
Certeau Michel de ; Giard Luce
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
438
Date de parution
20130912
Nombre de pages
390,00 €
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Faire de l'histoire, c'est marquer un rapport au temps. Depuis plus de quatre siècles, l'historiographie occidentale se définit par la coupure qui d'un présent sépare un passé. Le geste qui met à distance la tradition vécue pour en faire l'objet d'un savoir est indissociable du destin de l'écriture. Ecrire l'histoire, c'est gérer un passé, le circonscrire, organiser le matériau hétérogène des faits pour construire dans le présent une raison ; c'est exorciser l'oralité, c'est refuser la fiction. C'est, pour une société, substituer à l'expérience opaque du corps social le progrès contrôlé d'un vouloir-faire. Ainsi, depuis Machiavel, l'histoire se situe-t-elle du côté du pouvoir politique qui, lui, fait l'histoire. Michel de Certeau s'attache à caractériser ici les opérations qui règlent l'écriture de l'histoire : la fabrication d'un objet, l'organisation d'une durée, la mise en scène d'un récit.
Comment le diable est-il possible? En 1632, la ville de Loudun est durement éprouvée par la peste. Les croyants se retirent, s'enterrent dans leurs petites communautés assiégées par cette épreuve de la colère divine. Parmi elles, les ursulines. La possession des soeurs prend alors le relais de la peste: les premières apparitions - fantôme d'un homme de dos - sont nocturnes, puis elles deviennent diurnes, se précisent, et revêtent la forme obsédante d'un curé, Urbain Grandier. L'affaire commence. Loudun, ville ouverte, devient le centre et le théâtre d'un monde: six mille spectateurs assisteront à la mort de Grandier, sur le bûcher, le 18 août 1634. Entre-temps, les pouvoirs s'affrontent, les savoirs s'inquiètent, l'âme catholique s'émeut. Le corps social se déchire; partout le diable est là, mais il est partout ailleurs: dans le silence des textes, les lacunes du langage. Michel de Certeau montre, dans ce grand ouvrage, comment guérit une société malade d'elle-même. Biographie de l'auteur Michel de Certeau est né à Chambéry en mai 1925. D'une intelligence étincelante et sans conformisme, il fut habité de mille curiosités. Après une solide formation en philosophie, lettres classiques, histoire et théologie, il entre dans la Compagnie de Jésus en 1950, y est ordonné en 1956, et ne la quittera jamais. Historien des textes mystiques de la Renaissance à l'âge classique, il s'intéresse tout autant aux méthodes de l'anthropologie, de la linguistique ou de la psychanalyse. Eveilleur d'esprits, ce voyageur de la pensée forme à la recherche de nombreux étudiants à Paris, en Europe et dans les deux Amériques. En juillet 1984, il rentre d'un séjour de six ans à l'Université de Californie pour occuper une chaire d'"anthropologie historique des croyances" à l'Ecole des hautes études en sciences sociales. Il meurt à Paris d'un cancer le 9 janvier 1986. Il laisse une oeuvre originale et forte, cohérente dans la diversité de ses objets, car une même exigence de pensée l'habite d'un bout à l'autre, qu'elle porte sur l'épistémologie de l'histoire, sur la "fable mystique" et l'acte de croire, ou sur les pratiques culturelles contemporaines. De ces dernières, il a renversé le postulat usuel d'interprétation. A la passivité supposée des consommateurs, il a substitué la conviction (argumentée) qu'il y a une créativité des gens ordinaires. Une créativité cachée dans un enchevêtrement de ruses silencieuses et subtiles, efficaces, par lesquelles chacun s'invente une "manière propre" de cheminer à travers la forêt des produits imposés.
La Raison technicienne croit savoir comment organiser au mieux les choses et les gens, assignant à chacun une place, un rôle, des produits à consommer. Mais l'homme ordinaire se soustrait en silence à cette conformation. Il invente le quotidien grâce aux arts de faire, ruses subtiles, tactiques de résistance par lesquelles il détourne les objets et les codes, se réapproprie l'espace et l'usage à sa façon. Tours et traverses, manières de faire des coups, astuces de chasseurs, mobilités, mises en récit et trouvailles de mots, mille pratiques inventives prouvent, à qui sait les voir, que la foule sans qualité n'est pas obéissante et passive, mais pratique l'écart dans l'usage des produits imposés, dans une liberté buissonnière par laquelle chacun tâche de vivre au mieux l'ordre social et la violence des choses. Michel de Certeau, le premier, restitua, voilà dix ans, les ruses anonymes des arts de faire, cet art de vivre la société de consommation. Vite devenues classiques, ses analyses pionnières ont inspiré historiens, philosophes et sociologues.
Historien du domaine religieux, membre de l'Ecole freudienne de Paris, passionné par la culture du présent, Michel de Certeau (1925 - 1986) a porté un regard incisif sur l'entrecroisement des méthodes, des visées et des modèles qui déterminent les manières d'écrire l'histoire. De cette interrogation toujours reprise, de ce va-et-vient entre passé et présent, quelques textes (écrits entre 1967 et 1985) nouent ici les fils. Il y est question de Foucault, de Freud et de Lacan, mais aussi de l'analyse du pouvoir, du corps torturé, de la folie et de la fiction en histoire.
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.