Des journalistes aux travailleurs sociaux en passant, bien sur, par les ethnologues ou les sociologues, on ne compte plus les professions amenées à recourir à l'enquête de terrain. Qu'observer? Comment? Que restituer de ce qu'on a vu? Sous quelle forme? Pour répondre à ces questions, il ne manque pas de guides ou de manuels. Mais le mieux n'est-il pas d'écouter directement ce qu'ont à nous dire certains de ceux qui ont compté parmi les meilleurs enquêteurs de leur temps? À les lire, ces questions de méthode, qui paraissent souvent si arides et ennuyeuses, deviennent soudain passionnantes. L'Enquête de terrain rassemble une série de textes, pour la plupart classiques et jamais traduits en français, sur le travail de terrain en sociologie et en anthropologie. La première partie donne un aperçu de l'invention du travail ethnographique en Grande-Bretagne, jusqu'à la révolution malinowskienne, et sur la pratique de l'enquête des chercheurs de l'école de sociologie de Chicago et du Rhodes-Livingstone Institute en Rhodésie. La deuxième partie est consacrée aux principaux moments de la querelle de l'explication et de l'interprétation en anthropologie. La troisième présente un choix d'expérimentations et d'innovations en sociologie, des années 1950 à aujourd'hui. Chacune de ces parties s'accompagne d'une présentation qui en situe le contexte historique et intellectuel et permet au lecteur de se repérer parmi les différents auteurs et courants. Une éclairante postface, véritable guide d'enquête à elle seule, fait le tour des problèmes discutés dans la littérature méthodologique et offre un vaste panorama des recherches empiriques fondées sur le travail de terrain en France et à l'étranger. Mieux qu'un manuel, L'Enquête de terrain couvre ainsi un siècle de réflexion sur le travail de terrain. Il s'adresse aux étudiants et aux chercheurs en sciences sociales et à tous les professionnels qui recourent à ces outils d'investigation.
Nombre de pages
615
Date de parution
28/05/2003
Poids
966g
Largeur
157mm
Plus d'informations
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EAN
9782707140722
Titre
L'enquête de terrain
Auteur
Céfaï Daniel
Editeur
LA DECOUVERTE
Largeur
157
Poids
966
Date de parution
20030528
Nombre de pages
615,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Observer, participer, comprendre, décrire sont les étapes clés du travail de l'ethnographe. Elles ont donné lieu à de véritables controverses, d'autant plus intenses que s'est accru l'engagement du chercheur dans la cité. Présentant des textes récents, mais déjà classiques, L'engagement ethnographique se lit comme une anthologie de réflexions sur le travail de terrain. Enquêter, c'est s'engager dans des activités, s'impliquer dans des échanges, collecter des informations et, dans le même mouvement, transformer des savoirs et se transformer soi-même. L'expérience du terrain est ici irremplaçable: elle permet une pensée en prise sur le concret. Et contre tout dogmatisme, elle aide à trouver de nouvelles solutions à des problèmes éthiques et politiques. Du terrain aux comptes rendus de situations sociales, l'ethnographie est, plus qu'une méthode, un art de mener l'enquête. Ses pratiques ont connu de grandes transformations, à l'épreuve de la mondialisation. Elles s'enrichissent des apports de l'histoire et de l'analyse de réseaux. De territoire circonscrit, le terrain devient flux. La tâche de l'ethnographe est désormais de suivre de site en site des personnes, des capitaux, des marchandises, des techniques, des histoires, des conflits... Il se retrouve aux avant-postes de la réflexion sur la globalisation.
Pourquoi se mobilise-t-on ? L'un des traits propres aux régimes démocratiques est que leurs citoyens disposent d'un droit de regard sur les affaires publiques et, en contrepoint des élections, d'un droit à la critique et à la révolte. Ils discutent, s'associent, s'organisent. Ils constituent des collectifs, revendiquent dans l'espace public, passent des alliances avec partis et syndicats et entrent en conflit avec les pouvoirs établis. Mais qu'est-ce qui les y pousse ? La mobilisation a un coût en énergie et présente des risques, y compris financiers. Pourquoi ne pas laisser les autres se mobiliser à notre place ? Ce livre propose une cartographie de l'état des savoirs sur l'action collective, à partir de tout ce qui a été écrit sur le sujet depuis plus d'un siècle, sur les deux rives de l'Atlantique. L'histoire commence avec les travaux sur les foules et les publics de Tarde et Le Bon, à la fin du XIXe siècle. L'auteur exhume la tradition du comportement collectif née à Chicago dans les années 1920. Il montre le virage accompli par Touraine et Melucci au moment de l'émergence des nouveaux mouvements sociaux - étudiant, féministe, écologiste... - dans les années 1960 et 1970. Il passa en revue les théories de l'action rationnelle, les modèles du processus politique et les analyses des réseaux et des organisations, qui prédominent aujourd'hui. Et il propose de nouvelles perspectives, inspirées de la sociologie culturelle nord-américaine et de la microsociologie de Goffman. Un ouvrage indispensable à tous ceux qui s'intéressent aux mouvements sociaux de notre temps.
L'analyse des problèmes sociaux est l'ordinaire des sciences sociales. Pour rendre compte de leur constitution, celles-ci ont souvent recours à un argument constructiviste. Les enquêtes présentées dans ce volume proposent une approche alternative, inspirée du pragmatisme de John Dewey. Les problèmes sociaux n'y sont pas envisagés comme de simples "constructions sociales et historiques". Ils procèdent de dynamiques de problématisation et de publicisation. Leur émergence, leur configuration et leur stabilisation vont de pair avec celles de publics qui en font l'expérience. C'est pourquoi, dans cette approche, on parle plutôt de problèmes publics. La genèse de ces problèmes est explorée à travers une "micro-politique du trouble". Celle-ci touche à leur dimension affective, imaginaire et sensible. Mais elle passe surtout par des activités d'enquête, qui politisent l'expérience. Dans une veine critique, les différents participants à ce volume s'interrogent également sur les empêchements, les interruptions ou les blocages de ces processus de politisation.
Féminisme pour les 99%, c’est un ouvrage qui permet d’ouvrir les thèses du féminisme au plus grand nombre et qui invite à s’écarter de ce féminisme libéral ciblant uniquement les classes les plus favorisées de la société. Pour les autrices, un ennemi incarne aujourd’hui toutes les oppressions que subissent le plus grand nombre : le capitalisme. Et pour s’opposer à ce système capitaliste, elles proposent de créer un féminisme pour les 99% qui doit nécessairement s’allier aux luttes écologiques, antiracistes, syndicalistes, lgbtqia+ pour triompher. Un manifeste condensé mais très riche à partager !
L'énergie se prête bien à l'analyse géopolitique, conçue comme l'étude des relations entre pouvoirs et territoires. Rien n'est possible dans le monde sans recours à l'énergie, et les rivalités et conflits que son exploitation toujours croissante suscitent sont omniprésents à toutes les échelles de l'analyse géographique, de l'international au local. Cet ouvrage s'intéresse aux effets de la transition énergétique et écologique en cours sur la transformation de ces rapports de forces, mais également sur les reconfigurations des échanges internationaux et de la coopération interétatique. Les alternatives aux hydrocarbures s'élaborent depuis les années 1970, mais la révolution actuelle des pétroles et gaz de schiste bouleverse en profondeur la question des énergies sous un angle géoéconomique, géopolitique et environnemental. Ainsi, à l'ère de l'économie numérique et des territoires "virtuels", la matérialité des énergies nous ramène à l'essentiel, c'est-à-dire les pieds sur terre, au coeur d'un "grand jeu" sans cesse réinventé au sein duquel les Etats font leur retour après des décennies de déréglementation.
La politique étrangère française est depuis longtemps sous le feu des projecteurs, tour à tour présentée comme le vestige d'une gloire passée, la marque d'une présence maintenue dans un monde qui n'a plus de limites, ou le signe d'une arrogance blessée par une succession d'échecs. Le débat reste vif, rehaussé par la présidentialisation, chaque locataire de l'Elysée voulant faire de sa propre diplomatie le gage de son succès et de son prestige... Et pourtant, cette politique reste peu étudiée, regardée avec une série d'a priori jamais évalués : l'effectivité de la grandeur gaullienne et sa perception à l'extérieur, la fonction de l'arsenal nucléaire en un temps post-bipolaire énigmatique, la revendication de prés carrés ou de zones d'influence, un souverainisme rhétorique malmené par la mondialisation, un essor notable de la politique d'affichage et de communication... Existe-t-il d'ailleurs un principe qui organise l'ensemble de ces traits, et le logiciel qui lui est associé correspond-il au contexte international actuel ? Pour comprendre comment la France s'insère dans un monde dont elle est de plus en plus tributaire, les auteurs répondent à trois grandes questions, axes majeurs de l'ouvrage. Comment cette politique s'inscrit-elle dans l'histoire ? Ses instruments sont-ils adaptés, ou répondent-ils à d'autres considérations, économiques, politiques, administratives et idéologiques ? Peut-on en mesurer les résultats et la pertinence, eu égard aux grands enjeux contemporains ? Ces analyses éclairantes esquissent, en creux, la possibilité d'une autre politique.
Première cause de handicap acquis chez l'adulte, l'accident vasculaire cérébral, ou AVC, peut brutalement faire disparaître ou empêcher, de façon temporaire ou non, un grand nombre de capacités de la vie quotidienne, dans des domaines physiques ou intellectuels très divers : la marche, la déglutition, la planification, la lecture, la préhension, etc. Parce qu'il touche à des savoir-faire acquis, l'AVC peut apparaître comme une atteinte biologique du social qui en efface les effets en réinitialisant les expériences, les compétences et les dispositions, autrement dit comme un accident égalisateur qui annule les différences sociales entre individus. Pourtant, à âge égal et à gravité équivalente des lésions cérébrales, les séquelles ne seront pas les mêmes si le patient est un homme ou une femme, un ouvrier ou un cadre supérieur, si la récupération de ses capacités a une grande ou une moindre valeur aux yeux des acteurs de la rééducation, si l'AVC a laissé intact chez lui un rapport aisé ou difficile aux modalités scolaires d'apprentissage. Pour mettre en évidence et expliquer ces phénomènes, Muriel Darmon a mené une enquête approfondie dans un service de neurologie d'un hôpital universitaire et auprès des différents corps de spécialistes - kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, neuropsychologues, etc. - de deux centres de rééducation. En suivant le parcours post-AVC des patients au sein de ces unités et des étonnants " plateaux techniques " conçus pour favoriser leurs réapprentissages, ce livre montre que, par-delà ce qui semble perdu, le social perdure chez les individus et résiste à l'atteinte biologique.