Poursuivant sa tâche d'une constitution d'Emerson au rang de philosophe, annoncée dans Une nouvelle Amérique encore inapprochable - qui allait à rebours de Wittgenstein à Emerson -, Stanley Cavell aborde la question politique et la position d'Emerson par rapport à l'esclavage. Partant des récentes polémiques sur Heidegger et le nazisme, Cavell suit le fil d'un labyrinthe qui, de Heidegger, remonte jusqu'à Emerson en passant par Nietzsche, grand lecteur du sage de Concord. De philosophie en politique, de constitution en amendements, le mouvement de la pensée de Cavell, en volutes et vertiges, nous conduit au seuil de la seule véritable question : " peut-on poser la question : de quoi le génie philosophique s'accommode-t-il ? ". L'essai de Stanley Cavell, qui date de 1991, est accompagné d'un dossier comprenant trois écrits d'Emerson "Destin", "Expérience", "La loi sur les esclaves fugitifs", et un texte de Nietzsche "Fatum et Histoire" dans lequel l'héritage émersonien est particulièrement présent.
Date de parution
01/10/1992
Poids
162g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782905372727
Titre
STATUTS D'EMERSON
Auteur
CAVELL STANLEY
Editeur
ECLAT
Largeur
140
Poids
162
Date de parution
19921001
Disponibilité
Epuisé
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Y a-t-il une philosophie américaine ? C'est une question provocatrice : Stanley Cavell la pose. Il existe certes des textes philosophiques américains, qui nous atteignent dans la mesure du possible : une philosophie américaine qui, fondée sur la logique ou l'analyse du langage, revendique doublement l'héritage de Wittgenstein. Pour Cavell, cet héritage est un malentendu. Toute son ?uvre demande : sommes-nous capables d'hériter l'?uvre de Wittgenstein, d'entendre ce qu'elle nous dit ? Rien n'est moins sûr, puisque l'Amérique a été incapable d'entendre sa voix philosophique originelle, celle d'Emerson (et de Thoreau), que Cavell veut réhabiliter, et qui annonce le véritable propos de la philosophie de Wittgenstein.
Le fondement de la présente publication est que la réception de Wittgenstein est encore à venir. Je ne dis pas d'ailleurs que ce soit une mauvaise chose. L'écriture de Wittgenstein n'est pas du genre qui se prête à la professionnalisation. Je ne dis pas non plus que cette absence de réception soit surprenante. Comme les grandes ?uvres modernes depuis un siècle, les Investigations philosophiques sont, au sens logique, ésotériques, autrement dit elles sont essentiellement et toujours en attente de réception. Elles ont donc les désagréments des ?uvres-cultes qui exigent, pour être reçues sincèrement, le choc de la conversion. Wittgenstein avoue lui-même que son ?uvre "semble détruire tout ce qui est intéressant, c'est-à-dire tout ce qui est grand et important". Mais ce qui s'exprime ici, dans l'idée de destruction, c'est en réalité un renversement de nos idées de ce qui est grand et important. " S. C.
Résumé : La projection du monde est un classique de la réflexion cinématographique, le premier livre consacré au septième art par un philosophe de renom. Connu par ses écrits sur Wittgenstein, Austin, Emerson et Thoreau, Stanley Cavell est le promoteur d'un retour en amont vers une authentique philosophie américaine, longtemps recouverte par les influences européennes, et dont l'une des caractéristiques essentielles consiste dans la reconnaissance et l'acceptation de l'ordinaire. Il était inévitable qu'un art si enraciné dans la vie et aussi spécifiquement américain que le cinéma constituât un chapitre essentiel de cette méditation. Partant de sa propre expérience de cinéphile au temps de l'âge d'or des studios hollywoodiens, Cavell souligne la spécificité d'un médium qui, à la différence des arts traditionnels, sut conserver un contact vivace avec un vaste public. Lecteur attentif des textes de Bazin et Panofsky, il propose une ontologie originale fondée sur d'innombrables souvenirs de films. Le livre témoigne également de la difficulté à rétablir un contact authentique avec le cinéma quand, d'occupation ordinaire et ludique, il devient objet de réflexion. Anticipant sur les méditations européennes (celle de Godard en particulier) de la conscience de cette perte, La projection du monde ouvre au cinéma l'espace du philosophique, et impose en retour au philosophe la nécessité de reconnaître l'importance du cinéma.
L'institution du Shabbat est la plus importante contribution du judaïsme à l'humanité, tout en étant le fondement de la vocation spécifique d'Israël. Résistance à l'oubli de l'origine, appel à la maîtrise du temps pour assurer la liberté de l'homme, évocation d'un jour futur "qui sera tout entier Shabbat et repos pour une vie du monde qui vient", il introduit dans l'existence une dimension essentielle, dont le monde contemporain, livré à la démesure, doit absolument prendre conscience. A un projet prioritairement économique, obsédé par la satisfaction du besoin et le culte de la croissance, il oppose une vision d'avenir liée non à un manque, mais à une plénitude. Il rappelle l'indispensable valeur de la limite et du lien entre les générations.