Rotroldiques est un texte sans concession, comme le sont les tentatives de création les plus accomplies. Bien qu'il nous fasse immédiatement penser aux Philippiques de Démosthène, ou bien encore aux Bucoliques et Géorgiques de Virgile, ce titre étrange nous fait bientôt entendre ironiquement qu'il sera là question de ce qu'il y a de relatif et même de propre à Rotrou, à cette petite commune de Nogent-le-Rotrou, ainsi qu'aux quelques personnages à surnager vainement dans ce décor parfaitement dévasté et sinistre à loisir. Un lieu désolé, désolant, comme une sorte de voyage depuis la nuit, par la nuit, et vers la nuit. Une sorte de mauvaise épopée calamiteuse et dérisoire, où chacun s'enfonce à hauteur de ses défauts, de ses faiblesses, dans l'obscurité la plus grande et la plus poisseuse. On y perd donc la vue, non pas seulement le sens de la vue dont l'oeil est l'outil par nature, mais également les vues de l'esprit, du coeur, de l'imagination, les vues de toutes les espérances, l'ensemble ne formant plus bientôt qu'un vaste trou noir où tout bascule, parfaitement avalé. Il faudrait là convoquer l'un des titres de Cioran : Précis de décomposition, et plus précisément ce mot : Précis, entendu comme le sommaire ou l'abrégé, le résidu même, de ce qu'il y a de principal et de plus essentiel dans une affaire, une science, un savoir, une histoire, comme dans cette histoire : Rotroldiques, conduite par l'écriture diablement clairvoyante et tranchante de Nicolas Cavaillès qui nous donne à connaître, sans détour, de manière transparente, l'un des petits récits de notre condition d'animalcules.
Nombre de pages
60
Date de parution
19/04/2019
Poids
100g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9791094565421
Titre
Rotroldiques
Auteur
Cavaillès Nicolas
Editeur
WAKNINE
Largeur
155
Poids
100
Date de parution
20190419
Nombre de pages
60,00 €
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La correspondance échangée par la poétesse et philosophe Catherine Pozzi (1882-1934) avec les femmes de son temps permet d'enrichir la connaissance actuelle non seulement de son oeuvre, mais aussi de son entourage et des milieux intellectuels féminins qu'elle fréquentait. S'étendant sur toute une vie, cette correspondance totalement inédite renseigne de manière unique sur les liens - intimes ou intellectuels, amicaux ou tendus, superficiels ou profonds - de Catherine Pozzi avec des femmes comme : Marie Jaéll, Augustine Bulteau, Marie de Régnier, Renée de Brimont, Colette, Anna de Noailles et Hélène de Camaran-Chimay. Cet ouvrage propose la lecture détaillée de trois correspondances distinctes : avec la poétesse mystique Raïssa Maritain, tout d'abord, correspondance propice à une réflexion sur la nature du sujet pozzien, à la lisière de la métaphysique ; avec la psychologue Hélène Kiener ensuite, autour d'un rêve que fit Catherine Pozzi l'année de sa mort, rêve à partir duquel on aborde le domaine esthétique ; avec Audrey Deacon enfin, et l'on retrace alors la tragique histoire d'amour de deux jeunes filles du début du siècle, terminant ce parcours dans une perspective érotique. La mort - la mort du sujet, l'art et la mort, la mort et l'amour - constitue notre fil conducteur, à partir de quoi l'on pourra appréhender dans toute sa sombre splendeur la destinée de Catherine Pozzi, l'essor douloureux et le formidable enrichissement dans le temps de l'une des plus grandes solitudes du XXe siècle.
Biographie en forme de récit spéculatif, Le Temps de Tycho suit la figure de Tycho Brahe, astronome danois du XVIe siècle, autoproclamé "prince des astronomes". Ses hypothèses erronées, mâtinées d'astrologie et de géocentrisme, ne lui valurent pas d'inscrire son nom au fronton des sciences astronomiques aussi sûrement que Galilée ou Kepler, mais son approche empiriste et ses inventions, en particulier celle de la trotteuse, déterminèrent un nouveau rapport au temps. Le Temps de Tycho explore différentes facettes de la vie de Tycho comme on promène un oeil tour à tour attentif et rêveur sur un tableau. De l'épisode de la perte de son nez à l'univers clos d'Uraniborg, l'observatoire que l'astronome avait installé sur l'île de Hven, Nicolas Cavaillès invente, dans une langue virtuose, un cheminement qui tient à la fois du portrait et de la réflexion sur l'émergence d'une nouvelle mesure des durées et des distances à la Renaissance. Les accidents et les trouvailles de Tycho deviennent les sources d'une méditation sur le striage technologique du temps, du tic-tac de l'horloge aux quadrillages tâtonnants de l'espace.
Ce court ouvrage qui tient autant de l'essai cétologique que de la fantaisie littéraire, s'attaque à l'un des mystères les plus coriaces et les plus fascinants du règne animal : les bonds prodigieux qu'effectuent parfois les grands cétacés hors de l'eau. Ce court ouvrage qui tient autant de l'essai cétologique que de la fantaisie littéraire, s'attaque à l'un des mystères les plus coriaces et les plus fascinants du règne animal : les bonds prodigieux qu'effectuent parfois les grands cétacés hors de l'eau. Beaucoup d'hypothèses ont été formulées à ce sujet par les biologistes du comportement, aucune n'a convaincu. L'auteur explore une piste personnelle et théorise sur ce que les baleines se tordant au-dessus de l'océan doivent à l'ennui et à l'absurde ; il invite à considérer leur saut comme une victoire sur l'insupportable et comme une manifestation exemplaire de la plus haute des libertés. " Nous ignorons pourquoi les baleines et autres cétacés effectuent parfois ces sauts stupéfiants au-dessus des mers et des océans, mais les hypothèses ne manquent pas, elles se renforcent même du seul fait que la question n'a pas été tranchée. "
Voici l'ouvrage incontournable sur l'oeuvre de Cioran, restitué dans tous ses paradoxes, un Cioranqui, confronté au drame d'une existence absurde, trouve un sursis dans la voie esthétique et lacontemplation désespérée du monde. Une oeuvre traversée par des forces contraires, vitales etfunestes, enthousiastes et blasées, amoureuses et haineuses, naïves et désabusées. C'est ens'attachant à l'analyse de son maître ouvrage, Précis de Décomposition, que Nicolas Cavaillèsdévoile tout le génie du grand écrivain roumain, aussi secret que Michaux, son frère en« connaissance par les gouffres », aussi téméraire que Blanchot dans l'expérience suicidaire del'écriture. Par traduire cette lutte avec lui-même, sorte de pugilat métaphysique et stylistique,Cioran a recours au registre de la vocifération, du juron, de l'épitaphe, du syllogisme. Luciditédestructrice, soliloque d'un homme qui se libère de tout ce qui pèse sur son âme, mélange d'envollyrique et de cynisme: le drame cioranien se joue sur la scène fugace et transcendantale, à la foismétaphysique et physique, mentale et corporelle, qu'est l'écriture. Le grand livre sur Cioran.
La reine fantasque, conte ; poésies diverses ; Sur les herbiers, lettre à Madame Delessert ; Sur les mousses, lettre à Monsieur de Malesherbes ; préface au Dictionnaire de musique ; Sur la musique militaire. De Jean-Jacques Rousseau, nous conservons comme une sorte de portrait figé et forgé par l'institution scolaire. Pourtant, ce portrait comprend de nombreux autres Rousseau, dont le présent ouvrage propose de découvrir quelques facettes, en révélant le fameux homme de lettres sous ses diverses plumes. un cd : Les pantouflettes (paroles et musique Jean-Jacques Rousseau)
« L'amour de l'Italie aura été une des plus fortes passions de ma vie d'artiste et de ma vie intérieure. » L'aveu est de taille. Lorsqu'il débarque en Sicile en 1921, le peintre Maurice Denis (1870-1943), pose le pied sur la terre italienne pour la huitième fois. Arrivé d'Afrique du Nord avec l'une de ses filles, il vient s'y consoler d'un grand deuil. Maurice Denis a profondément aimé ce pays. Carnets de voyage en Italie peut être regardé comme un récit pittoresque ? c'est bien le mot ? de ses passages dans diverses villes, mais aussi une leçon d'histoire de l'art à travers l'étude de grands maîtres de la peinture. Assurément, ces Carnets sont ceux d'un peintre qui sait, qui aime écrire, et la chose est rare.
Au sein de l'exceptionnelle bibliographie de Henri Focillon brille d'un éclat particulier un petit texte : Eloge de la main, qui figure toujours en appendice à la Vie des formes. Pourtant ce texte court, d'une profondeur et d'une intensité rares, peut être lu pour lui-même, en ce qu'il propose au lecteur une réflexion sensible autour de la main de l'homme, entendue comme outil pratique, artistique, voire spirituel, à même d'être élevé au statut d'une invention sans pareille, comparable à celles du feu et de la roue dans l'histoire de l'humanité.
Héritier du théâtre grec, le théâtre romain n'a fait usage du masque pour ses représentations qu'à partir du premier siècle avant notre ère. Qu'il s'agisse de tragédies (Accius ou Pacuvius) ou de comédies (Plaute ou Térence) l'usage du masque a d'abord été d'ordre technique, cet accessoire faisant alors office de porte-voix afin que tous les spectateurs puissent entendre la pièce. Un curieux personnage (Francesco de Ficoroni) (1664-1747) (homme de grande érudition, collectionneur, antiquaire et archéologue) a rassemblé dans un petit ouvrage des dizaines de ces masques appartenant à la tradition théâtrale romaine, grâce auxquels nous pouvons découvrir combien ces masques ont pu devenir, en eux-mêmes et par eux-mêmes, des objets d'art à part entière : un univers fascinant et somptueux, dont chacun désormais pourra faire l'expérience en parcourant ces pages.