Brillant historien de la Rome antique, couvert d'honneurs universitaires, le professeur Brenner a donné à son fils le nom du Carthaginois Hannibal, condamné par son vainqueur romain, Scipion, à l'exil et au déshonneur. Au contraire de sa soeur, Aníbal n'a jamais été à la hauteur des rêves du professeur. Il a adopté les théories de l'histoire les plus éloignées de celles de son père, puis il a sombré dans l'alcoolisme, a été chassé de l'université où il enseignait et vit en clochard fauché. A la mort de son père il découvre que celui-ci a tout légué à sa soeur et ne lui a laissé que trois cartons au contenu hétéroclite, dont l'examen lui révèle un rébus. Dans cet héritage, au milieu des journaux intimes et des souvenirs de son enfance se trouve le début d'un plan machiavélique qui va pousser Aníbal vers des personnages excentriques et d'anciennes amours jusqu'à une fortune inattendue. A travers les objets et les livres trouvés dans les cartons, Aníbal affronte l'ombre de son père, un archétype de l'aristocrate intellectuel latino-américain : séducteur, lyrique, intelligent, homme public construit sur une certaine idée de la virilité. Personnage à la voix paranoïaque, comique, pleine de ressentiment, Aníbal se laisse aller à ses lamentations, ce qui peu à peu l'éloigne des problèmes de la paternité et lui révèle la duplicité et le jeu des doubles que joue parfois la génétique. Et Aníbal devient malgré lui un double de celui qu'il déteste et se retrouve plus uni à son père qu'il ne l'a jamais été quand il était vivant. L'auteur transforme la colère en empathie et nous donne à penser que ce que nous haïssons le plus est peut-être la vision de ce que nous n'arriverons pas à être. Un roman original et un sens comique, dont la lecture se déploie dans des plans et des rythmes variés, une littérature rare. Un plaisir de lecture absolument délectable. "Un héritage piégé donne naissance à un grand roman qui se déploie entre la vérité maquillée qu'on adore et la vérité sans éclat qui retient les ombres. Deux territoires, un même paysage : éblouissant, vraiment, messieurs les lecteurs."
Nombre de pages
261
Date de parution
15/01/2015
Poids
298g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9791022601450
Titre
Scipion
Auteur
Casacuberta Pablo ; Gaudry François
Editeur
METAILIE
Largeur
140
Poids
298
Date de parution
20150115
Nombre de pages
261,00 €
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Employé de classe internationale pour hôtel de classe internationale. C'est ainsi que l'hôtel Samarcanda entend recruter un nouveau groom. Máximo, dix-sept ans, trois poils de barbe, bien décidé à sortir de l'enfance, se porte candidat. Adolescent solitaire un brin obsessionnel, passionné par la lecture de revues scientifiques et fasciné par les mécanismes de sa pensée, qu'il observe pendant des heures, il est convaincu que cette expérience sera sa véritable entrée dans le monde des adultes. Comme souvent dans les romans d'apprentissage, rien n'est conforme à ce qui était prévu, et c'est tant mieux. Passé et futur se bousculent et forment un précipité subtil et drôle, où l'on résout à la fois le mystère de l'origine tout en sautant dans l'inconnu - l'amour peut-être ? Où l'on découvre aussi que personne n'est exactement celui qu'on croit : il faut être indulgent. Et même tendre. Ce court roman époustouflant de maîtrise, splendidement écrit, est une des plus belles choses qu'il nous ait été donné de lire sur l'art délicat de grandir.
Mortifié de n'avoir su forger le destin de vainqueur que lui souhaitait son père historien, Aníbal Brener a tout abandonné pour se consacrer exclusivement à la boisson. Le décès de son père change tout. Pour récupérer l'héritage familial, ce dernier a posé d'étranges conditions qui vont entrainer Aníbal dans des aventures rocambolesques et surtout le contraindre à rédiger une thèse d'histoire titanesque. Névrosé, plein de ressentiment, il découvre la duplicité des tours que joue parfois la génétique et se retrouve alors plus près de son père qu'il ne l'a jamais été de son vivant.
Convaincu qu'il va mourir dans l'heure, Tobías n'a même pas pris le temps de s'habiller pour se rendre en urgence chez son homéopathe, le docteur Svarsky. C'est donc en robe de chambre et pantoufles qu'il croise par hasard la belle-mère du docteur devant l'immeuble Mignón. Grand et costaud, presque la cinquantaine, Tobías vit chez sa mère, veuve spirite, et passe sa vie à lutter contre une série sans fin de maux imaginaires tout en cherchant avec elle, par des moyens plus ou moins farfelus, à communiquer avec ce père colonel qu'il n'a pas connu.Avec la participation d'un petit chien errant, d'une jeune maîtresse presque nue, d'une femme ouverte aux inconnus et d'une fuite d'eau aux proportions délirantes, une journée suffira à bouleverser de fond en comble la vie recluse et angoissée de ce flamboyant hypocondriaque, et toutes ses certitudes. Et peut-être qu'il y trouvera, enfin, le moyen de vivre vraiment. Ou pas.Un roman d'apprentissage tardif inédit, cocasse et poétique, où l'auteur nous prouve encore sa virtuosité linguistique et son sens de l'humour." Pablo Casacuberta parvient à renouveler, avec talent et une jubilation communicative, la vieille rengaine oedipienne de la relation père-fils en s'appuyant sur un sens très aigu des situations drolatiques. "Pierre Lemaitre (à propos de Scipion)PRIX NATIONAL DE LITTÉRATURE 2019PRIX NATIONAL DE LITTÉRATURE 2019
Tous les livres sont des livres de développement personnel, dit l'un des personnages de ce roman délirant. Dans un parcours accidenté de gaffes et de maladresses, David Badenbauer, incurable sceptique et neurophysiologiste frustré, se voit obligé d'entamer un processus de développement personnel à faire pâlir les plus ambitieux des gourous. Expulsé de la vie qu'il s'est construite, mis sur la paille par un grand divorce à l'ancienne, il va devoir affronter tout ce qu'il s'est toujours appliqué à fuir. Il trouve refuge dans l'ironie où s'exprime ce qu'il a de meilleur. Il a aussi la chance de rencontrer un éditeur fantasque et un rabbin bienveillant qui vont lui apprendre à perdre. Pour enfin sortir de l'ornière économique, faisant taire tous ses préjugés, il devra écrire un livre de commande de développement personnel et ce travail lui offre une façon structurée de poser les questions essentielles et la façon d'y répondre. Un miracle d'humour et de dérision, des personnages inoubliables, un délice de lecture par un auteur talentueux dont les livres ne vous quittent plus.
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Erasmo Aragón est un journaliste salvadorien exilé au Mexique. Au début des années 1990, le gouvernement du Salvador et la guérilla entament des négociations ; il songe à regagner son pays d'origine, ce qui lui permettrait également de planter là sa femme et sa fille, qui l'énervent prodigieusement (d'autant plus qu'Eva sa femme vient de lui révéler sa liaison avec un acteur de pacotille). Hanté par des souvenirs confus, de vieilles culpabilités et la peur de ce qui l'attend au Salvador - après tout, il a toujours soutenu la guérilla - il vit dans un état second, coincé entre les vapeurs de l'alcool et les bouffées d'angoisse. Terrorisé par une douleur lancinante au foie qui l'empêcherait presque de boire si elle ne le poussait pas à se précipiter un peu plus dans la vodka tonic, il consulte don Chente Alvarado, un vieux médecin placide qui lui prescrit des séances d'hypnose censées le soulager. Au réveil, il ne se rappelle de rien. Paranoïaque, égoïste, velléitaire, le narrateur nous entraîne dans un flot de phrases délirantes, au bord de la crise de nerfs, de soirées arrosées en lendemains de cuites, obsessionnel jusqu'à la déraison, organique, désagréable. Avec ce roman brillant, Castellanos Moya continue sa grande exploration de la violence, ici incrustée au plus profond de l'individu, comme si la guerre habitait les corps bien longtemps après la fin des hostilités.
Le 9 août 1971, à Medellín, un homme d'affaires, Diego Echevarría, est enlevé. Grand admirateur de la culture allemande il avait fait construire un pastiche du château de La Rochefoucauld. Il y vivait en écoutant Wagner avec sa femme et sa fille, Isolda, qu'il veut garder à l'abri du monde. L'atmosphère de la demeure est oppressante pour l'adolescente qui trouve dans le parc comment tromper sa solitude. Elle vit dans un monde de fées, de lucioles et d'esprits des bois. La police quadrille la ville à la recherche de Diego, la télévision montre son portrait, les négociations de la rançon piétinent. Mono, l'un des ravisseurs, est obsédé par Isolda depuis l'enfance, il lui raconte les longues heures passées à la guetter, perché dans les arbres, il dit " notre " Isolda. Des menaces invisibles venues du monde extérieur se glissent silencieusement entre les arbres du parc. Inspiré de faits et de personnages réels (l'un des complices du Mono se nommait Pablo Escobar), dans une Medellín qui ne va pas tarder à basculer dans la spirale de la corruption, de la violence et du trafic de drogue, l'auteur construit, avec un remarquable sens de la tension, un conte de fées ténébreux, qui devient la chronique d'un crime et l'histoire d'une obsession amoureuse, celle du kidnappeur pour la fille de son otage. Un roman fantastique entre les frères Grimm et les frères Cohen.
Tatouage, piercing, scarifications, cutting, burning, peeling... Les marques corporelles sont à la mode et se sont débarrassées des valeurs négatives qui leur étaient associées. Que signifient-elles aujourd'hui pour les jeunes générations? Le Breton inscrit ces pratiques dans la tendance contemporaine à considérer le corps comme inachevé, un brouillon ouvert à tous les embellissements, à toutes les modifications. De même relie-t-il sa réflexion à ses recherches sur les conduites à risque, largement développées dans Passions du risque en montrant l'importance des marques corporelles dans le processus de « remise au monde », de reconstruction de soi des jeunes en difficulté. Moins ambitieux que ses livres précédents, Signes d'identité en constitue ainsi une sorte de chapitre supplémentaire particulièrement documenté. --Michel Abescat-- -- Télérama