Publié à l'occasion de la restauration du cabinet d'angle du Roi, conduite en 2019-2020, cet ouvrage fait le point sur la décoration et l'ameublement de cette pièce qui a toujours été l'une des plus importantes de l'appartement intérieur du Roi. Faisant initialement parti de l'appartement de collectionneur de Louis XIV, le cabinet d'angle est transformé par Louis XV qui, appréciant sa situation, en fait son lieu de travail et le dote d'un somptueux décor rocaille et d'un mobilier des plus raffinés. Louis XVI lui conserva cette même fonction et ne toucha pas aux décors, mais renouvela pratiquement l'intégralité de son ameublement. Les époustouflantes bordures de glaces et les boiseries de Jacques Verberckt représentant des jeux d'enfants valorisent des meubles d'une très grande richesse aux marqueteries et aux bronzes élégants : commode-médaillier d'Antoine Robert Gaudreaus, encoignures de Gilles Joubert, secrétaire à cylindre de Jean François OEben, achevé par Jean Henri Riesener. Le tout constitue le plus bel ensemble de l'art décoratif français du règne de Louis XV, que l'on peut toujours admirer en place. Egalement pièce à caractère privé, elle contenait aussi des objets emblématiques comme le riche candélabre dit de l'Indépendance américaine, commandé par Louis XVI.
Depuis 1987, le château de Fontainebleau expose cent vingt pièces (augmentées depuis par l'acquisition d'une dizaine d'objets) dépendant d'un service réalisé par la manufacture de Vincennes (future manufacture de Sèvres) pour la table des petits appartements du roi dans ce château. Ce retour dans le lieu pour lequel il fut créé en fait l'ensemble le plus évocateur des usages de la vie de cour sous l'Ancien Régime actuellement conservé dans une collection publique française. Les objets le composant sont tous peints d'une couleur unique qui donna le nom au service: "camaïeu carmin". Ce service n'a jamais été considéré comme démodé car, réalisé pour Louis XV à partir de 1756 puis complété tout au long de son règne, il fut utilisé et augmenté par Louis XVI. De plus, ce service illustre à sa manière la hiérarchie des résidences royales puisque sa relative simplicité correspondait au rang de "résidence secondaire" qu'était Fontainebleau au XVIIIe siècle. Cette sobriété ne doit cependant pas faire oublier que, créé pour un roi, ce service était coûteux à cause de l'emploi d'une couleur unique dont la réalisation nécessitait l'utilisation d'or.
Après une présentation de la riche et complexe histoire du château de Fontainebleau, l'ouvrage propose une description historique des jardins, des bâtiments et des décors pour aider le lecteur à distinguer les apports des siècles dans ce lieu qualifié de "rendez-vous de châteaux".
Le château de Fontainebleau est particulièrement connu pour ses oeuvres d'art et son architecture typique de la Renaissance. Il l'est un peu moins pour l'école d'art, pourtant très prestigieuse, qui y a été établie, et qui a formé bon nombre d'artistes selon le style de la Renaissance. Cet ouvrage se propose de découvrir ce site incontournable de l'histoire de France à travers des chiffres et des dates marquants.
Selon l'un de ses premiers biographes, le peintre Jean-Honoré Fragonard (1732-1806) "s'adonna au genre érotiques dans lequel il réussit parfaitement". Artiste éminent de la scène parisienne de la seconde moitié du XVIIIe siècle, Fragonard aborda tous les genres avec bonheur, mais on a très vite considéré que la thématique amoureuse tenait une importance particulière dans son oeuvre. Sa production dans cette veine a souvent été réduite à la formidable énergie sensuelle de ses ouvres licencieuses des années 1765-1775. Dès le XIXe siècle, Jules Renouvier rapportait en effet cette formule caractéristique du peintre qui "disait dans un langage qu'on doit lui laisser sans périphrase parce qu'il est de lui "je peindrais avec mon cul"". Mais l'inspiration amoureuse qui parcourt Pieuvre protéiforme et généreuse du "divin Frago" apparaît infiniment plus riche et subtile. Alors que les Lumières accordent une place nouvelle aux sens et a la subjectivité et que le jeune genre romanesque en plein essor (entre Crébillon, Rousseau et Choderlos de Laclos) place l'amour au cour des fictions, Fragonard va décliner sur sa toile ou sous ses crayons les mille variations du sentiment à l'unisson de son époque. C'est son parcours que l'on va suivre entre les derniers feux de l'amour galant et le triomphe du libertinage jusqu'à l'essor d'un amour sincère et sensible, déjà "romantique".