Avec Cargo Cults Unlimited, le MEN aborde le thème foisonnant de l'économie mondialisée. Hautement matériel, au point de menacer d'épuisement les ressources de la Terre, ce champ d'activités humaines est également fait d'abstractions éthérées, de discours prophétiques, de comportements mimétiques et de protocoles bureaucratiques. L'exposition invite à lire cette complexité en s'inspirant de l'imaginaire associé aux "cultes du cargo" . La notion désigne un ensemble de rites millénaristes apparus en Mélanésie avec la colonisation au XIXe siècle. Guidés par des leaders charismatiques, leurs adeptes imitent certains comportements occidentaux : arrangements de fleurs coupées, parades militaires, constructions de ports ou de pistes d'atterrissage en bambou visent apparemment à capter les richesses produites outremer et importées par bateau ou par avion. Comme l'ont montré les anthropologues, la popularité de ce terme témoigne avant tout d'un paternalisme ethnocentrique à l'égard de pratiques jugées naïves ou irrationnelles. Inversant la perspective, l'équipe de conception se demande si la pensée magique attribuée autrefois à de lointains sauvages ne caractérise pas mieux les rapports contemporains à l'économie mondialisée. Certains échos des cargo cults ne résonnent ils pas dans la fétichisation des marques et des signes extérieurs de richesse ? Dans l'ignorance plus ou moins délibérée des lieux et des conditions dans lesquels sont produits vêtements, nourriture et appareils électroniques ? Dans les comportements mimétiques observés sur les marchés financiers ? Dans la foi envers une caste d'experts qui parlent au nom d'entités surnaturelles connues sous l'appellation de croissance ou de marché ? Pour explorer cette hypothèse, le public est invité à découvrir un port fait de containers et des bureaux en carton, à l'image des simulacres propres aux cultes du cargo. S'appuyant notamment sur les collections du MEN et les recherches menées à l'Institut d'ethnologie, l'exposition questionne les principes organisationnels d'un système à deux niveaux : au rez-de-chaussée, ceux d'une économie dite réelle basée sur la production et la circulation de biens matériels ; à l'étage, ceux des modèles, normes et discours qui régissent ce flux de marchandises. Le parcours développe ainsi une leçon fondamentale de l'anthropologie : l'économie n'existe pas en elle-même, mais à travers un épais maillage de représentations culturelles et de dispositifs sociotechniques.
Date de parution
11/10/2024
Poids
890g
Largeur
210mm
Plus d'informations
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EAN
9782880780548
Auteur
Hertz Ellen
Editeur
MEN
Largeur
210
Date de parution
20241011
Nombre de pages
0,00 €
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Hertz Ellen ; Graezer Bideau Florence ; Leimgruber
Depuis quelques années, un nouveau concept circule : le patrimoine culturel immatériel. Il regroupe des activités telles que musiques et danses traditionnelles, rites et rituels, savoir-faire artisanaux et connaissances populaires. En adhérant en 2008 à la Convention de l'UNESCO pour la sauvegarde de ce patrimoine, la Suisse s'est engagée à en faire l'inventaire sur son territoire, sous la forme d'une "Liste des traditions vivantes". Ce livre saisit l'occasion des dix ans de cette adhésion pour faire le point sur le sens et les effets de ce nouveau dispositif patrimonial, qui représente un facteur de cohésion sociale et d'ancrage identitaire crucial pour toute collectivité. S'engager à le sauvegarder, c'est fournir l'occasion d'honorer le passé et de débattre de l'avenir. Que voulons-nous garder des pratiques et croyances de nos aïeuls ? La réponse à cette question passe nécessairement par une réflexion sur les politiques de la tradition, en Suisse et sur la scène internationale.
Aucune collectivité ne peut se constituer dans la durée sans faire appel à des valeurs partagées, à des traditions et à des symboles considérés comme représentatifs d'une identité commune. Pourtant, aux dires des folkloristes, le canton de Neuchâtel serait essentiellement sans traditions. Les auteurs réunis dans ce volume -archéologues, ethnologues, historiens et sociologues- fournissent une série d'études originales sur l'histoire, les pratiques, les savoir-faire et les savoir-vivre neuchâtelois, en autant de vignettes qui démentent ce constat "antitraditionnaliste", tout en explorant les raisons pour lesquelles il s'est établi. Alors que le canton de Neuchâtel fête le bicentenaire de son entrée dans la Confédération, il a paru nécessaire d'aborder la question de l'identité neuchâteloise à travers celle de son patrimoine, matériel et immatériel. Sans qu'il soit possible de dresser une liste complète des "véritables" traditions du canton, cet ouvrage revisite, entre autres, les paradoxes de son passé prussien ou de son savoir-faire horloger, l'antagonisme entre régions du "haut" et du "bas", ou encore son absinthe et sa torrée - autant de "mythologies neuchâteloises" qui illustrent sa richesse et sa complexité. L'ensemble est mis en perspective par un avant-propos de l'historien Jean-Pierre Jelmini, une introduction d'Ellen Hertz et de Fanny Wobmann, une postface de l'ethnologue Pierre Centlivres et par un essai photographique conçu en collaboration avec le département audiovisuel de la Bibliothèque de la Ville de La Chaux-de-Fonds.
Londres. Jeune homme cherche adolescentes fragiles pour commettre à deux un suicide romantique... Sur le Net, derrière son écran, un tueur en série machiavélique manipule ses proies pour mieux les piéger. Une enquête sinistre et terrifiante pour l'inspecteur Mark Tartaglia et sa coéquipière Sam Donovan. Comparée en Angleterre à Ruth Rendell et à Val McDermid, Elena Forbes apporte à la tradition du roman noir anglais une nouvelle voix, extrêmement contemporaine et prometteuse.
La francophonie, espace culturel partagé par l'usage d'une langue commune, peut être aussi, on l'oublie trop souvent, un objet d'enseignement susceptible de prendre place dans différents projets pédagogiques. L'ouvrage de Fatima Chnane-Davin et Jean-Pierre Cuq propose aux enseignants de français, dans la diversité de leurs lieux d'enseignement et de leurs publics, des formes variées d'activités. Il peut être utilisé comme une sorte de manuel complémentaire et permettra d'adopter une perspective francophone dans l'enseignement du français.
Laranjeira Rodrigues de Areia Manuel ; Kaehr Rolan
Une part importante de toutes les collections abritées dans les musées d'ethnographie consiste en "armes indigènes" et, plus généralement, en objets utilisés par les détenteurs traditionnels du pouvoir. Un ensemble de bâtons sculptés, massues de parade, haches de commandement et de parade, épées, poignards et sièges est ici présenté. Recueilli dans les années 1930, notamment par la 2ème mission scientifique suisse en Angola, il provient entres autres des Cokwe, Kwanyama, Kwamatwi, Ngangela. Chaque pièce est décrite, illustrée, son bois analysé et le tout replacé dans son contexte d'utilisation.
Gonseth Marc-Olivier ; Hainard Jacques ; Kaehr Rol
Fascinés par les images qui tout à la fois séduisent, frappent, révèlent et asservissent, nous leur devions bien une exposition temporaire et un livre permettant de se pencher sur ce qui constitue leur sens profond. Pour ce faire nous avons convié des spécialistes d'horizons très différents, ethnologues, sociologues, sémiologues, écrivains, plasticiens et cinéastes, à s'exprimer librement sur le sens qu'ils leur prêtent, le territoire qu'ils leur accordent et les limites qu'ils leur assignent. Car après tout, une image n'est pas toujours bidimensionnelle et pas forcément matérielle. L'ouvrage qui a pris corps grâce à leurs écrits reflète bien la pertinence et la richesse du domaine concerné : malgré une grande convergence des regards, le résultat est multiforme, polysémique, multicolore, polyphonique. Il témoigne de l'impossibilité de penser les images en dehors de l'imprégnation culturelle qui permet de les reconnaître et de les analyser. Car après tout, derrière les images, il n'y a rien.
Gonseth Marc-Olivier ; Hainard Jacques ; Kaehr Rol
Le poids des collections ethnographiques fait problème. Le musée d'ethnographie n'est plus le laboratoire indispensable aux recherches de terrain qu'il fut jusque dans les années soixante. Devenu musée d'histoire des sociétés autres et des rapports que nous avons entretenus avec elles, il tend aujourd'hui à figer des formes, à juxtaposer des styles, à présenter des segments d'altérité sous forme de dioramas ou à commémorer les grandes missions passées. Il ne parvient plus à toucher le grand public qu'en misant sur le caractère esthétique des chefs-d'oeuvre légitimés par l'histoire, les institutions s et les collectionneurs. Dans cette optique, l'équipe du MEN a invité une série de collègues et amis à réfléchir à un nouveau programme pour la discipline, qu'il s'agisse de revitaliser les anciens paradigmes ou d'en proposer de nouveaux. Loin d'entériner un enterrement de l'ethnographie, leurs contributions prouvent à quel point celle-ci peut se révéler pertinente dès qu'elle est mise en pratique avec imagination et esprit critique.