Le numérique a conquis la planète. Il a fait de nous des êtres connectés, transformé nos manières d?échanger et de nous rencontrer, bouleversé les modèles économiques classiques et les modes de travail.Intelligence artificielle, fake news, hashtag, plateformes, terres rares, nuage? Derrière ces mots qui ont envahi notre quotidien se cachent des technologies qui ne cessent d?évoluer et dont la complexité nous échappe le plus souvent. Ces technologies produisent des effets variables selon les lieux, les pays, les appartenances sociales. Elles s'immiscent dans les sociétés autant que les sociétés s'en emparent pour en modifier les usages. Elles pèsent sur l'environnement autant qu'elles contribuent à réduire certains de nos impacts. Elles suscitent de nouvelles façons de penser, de lire, de voir et de représenter le monde.Redonner une matérialité aux différentes facettes de notre vie numérisée, voilà justement ce que propose cet atlas, conçu et cartographié à l'aide des outils les plus sophistiqués de la visualisation numérique.Dominique Cardon est professeur de sociologie et chercheur au médialab de Sciences Po. Il est notamment l'auteur de Culture numérique (Presses de Sciences Po, 2019).Sylvain Parasie est Professeur de sociologie et directeur du médialab de Sciences Po. Il est notamment l'auteur de Computing the News. Data Journalism and the Search for Objectivity (Columbia University Press, 2022).Donato Ricci est designer et chercheur au médialab de Sciences Po. Il est spécialisé dans l'utilisation des méthodes de design en sciences humaines et sociales.L'Atelier de cartographie de Sciences Po réunit Thomas Ansart, Benoît Martin, Patrice Mitrano et Antoine Rio.Ils accompagnent les enseignants, les étudiants et les chercheurs. Leurs visualisations allient rigueur scientifique et création graphique.Nicolas B?uf journaliste et développeur spécialisé en visualisation de données.Florine Lecomte est graphiste et illustratrice.Le médialab de Sciences Po a été étroitement associée à la conception de cet atlas, en particulier Andrea Benedetti, Manon Berriche, Camille Chanial, Jean-Philippe Cointet, Maxime Crépel, Jean-Baptiste Garrocq, Valentin Goujon, Guillaume Lachenal, Béatrice Mazoyer, Pedro Ramaciotti Morales, Guillaume Plique, Benjamin Ooghe-Tabanou et Benjamin Tainturier, tout comme les chercheuses et chercheurs suivants : Lucien Castex, Françoise Daucé, Emma Gauthier et Kevin Mellet.Dans la même collection :Atlas de l'Anthropocène - François Gemenne, Aleksandar Rankovic, Atelier de cartographie de Sciences PoAtlas des mondes urbains - Éric Verdeil, Atelier de cartographie de Sciences Po4e de couverture : Le numérique a conquis la planète. Il a fait de nous des êtres connectés, transformé nos manières d?échanger et de nous rencontrer, bouleversé les modèles économiques classiques et les modes de travail.Intelligence artificielle, fake news, hashtag, plateformes, terres rares, nuage? Derrière ces mots qui ont envahi notre quotidien se cachent des technologies qui ne cessent d?évoluer et dont la complexité nous échappe le plus souvent. Ces technologies produisent des effets variables selon les lieux, les pays, les appartenances sociales. Elles s'immiscent dans les sociétés autant que les sociétés s'en emparent pour en modifier les usages. Elles pèsent sur l'environnement autant qu'elles contribuent à réduire certains de nos impacts. Elles suscitent de nouvelles façons de penser, de lire, de voir et de représenter le monde.Redonner une matérialité aux différentes facettes de notre vie numérisée, voilà justement ce que propose cet atlas, conçu et cartographié à l'aide des outils les plus sophistiqués de la visualisation numérique.Dominique Cardon est professeur de sociologie et chercheur au médialab de Sciences Po. Il est notamment l'auteur de Culture numérique (Presses de Sciences Po, 2019).Sylvain Parasie est Professeur de sociologie et directeur du médialab de Sciences Po. Il est notamment l'auteur de Computing the News. Data Journalism and the Search for Objectivity (Columbia University Press, 2022).Donato Ricci est designer et chercheur au médialab de Sciences Po. Il est spécialisé dans l'utilisation des méthodes de design en sciences humaines et sociales.L'Atelier de cartographie de Sciences Po réunit Thomas Ansart, Benoît Martin, Patrice Mitrano et Antoine Rio.Ils accompagnent les enseignants, les étudiants et les chercheurs. Leurs visualisations allient rigueur scientifique et création graphique.Nicolas B?uf journaliste et développeur spécialisé en visualisation de données.Florine Lecomte est graphiste et illustratrice.Le médialab de Sciences Po a été étroitement associée à la conception de cet atlas, en particulier Andrea Benedetti, Manon Berriche, Camille Chanial, Jean-Philippe Cointet, Maxime Crépel, Jean-Baptiste Garrocq, Valentin Goujon, Guillaume Lachenal, Béatrice Mazoyer, Pedro Ramaciotti Morales, Guillaume Plique, Benjamin Ooghe-Tabanou et Benjamin Tainturier, tout comme les chercheuses et chercheurs suivants : Lucien Castex, Françoise Daucé, Emma Gauthier et Kevin Mellet.Dans la même collection :Atlas de l'Anthropocène - François Gemenne, Aleksandar Rankovic, Atelier de cartographie de Sciences PoAtlas des mondes urbains - Éric Verdeil, Atelier de cartographie de Sciences Po
L'entrée du numérique dans nos sociétés est souvent comparée aux grandes ruptures technologiques des révolutions industrielles. En réalité, c'est avec l'invention de l'imprimerie que la comparaison s'impose, car la révolution digitale est avant tout d'ordre cognitif. Elle est venue insérer des connaissances et des informations dans tous les aspects de nos vies. Jusqu'aux machines, qu'elle est en train de rendre intelligentes. Si nous fabriquons le numérique, il nous fabrique aussi. Voilà pourquoi il est indispensable que nous nous forgions une culture numérique.
Résumé : Parmi les espoirs et les craintes que suscite la numérisation de nos sociétés, la constitution de grandes bases de données confère une place de plus en plus centrale aux algorithmes qui gouvernent les comportements de chacun. L'ambition de ce livre est de proposer une exploration critique de la manière dont les techniques de calcul façonnent nos sociétés. Classement de l'information, personnalisation publicitaire, recommandation de produits, orientation des déplacements, mesures corporelles, etc., les calculateurs sont en train de s'immiscer, de plus en plus profondément, dans la vie des individus. Cet ouvrage voudrait montrer comment les techniques statistiques qui prennent leur essor avec les big data enferment des conceptions différentes de la société qu'elles calculent. Loin d'être de simples outils techniques, les algorithmes enferment un projet politique. La thèse défendue dans cet ouvrage est que la personnalisation des calculs est à la fois l'agent et la conséquence de l'individualisation de nos sociétés. Elle témoigne de la crise des catégories statistiques traditionnelles qui permettaient à la société de se représenter. Elle encourage le déploiement de la course méritocratique vers l'excellence, la compétition des individus pour la visibilité et le guidage personnalisé des existences. Comprendre la logique des nouveaux algorithmes du web, c'est aussi donner aux lecteurs les moyens de reprendre du pouvoir dans la société des calculs.
Les réseaux sociaux n'ont peut-être jamais autant été d'actualité, leur rôle dans les révoltes du Printemps arabe les ayant notamment placés au centre des débats sur le nouveau pouvoir de la société civile dans la sphère politique. Mais de quoi les réseaux sociaux sont-ils le catalyseur ? Ce dossier s'attache à montrer que ces outils en perpétuelle évolution sont à la fois le reflet et les acteurs de différentes transformations de la société. Réseaux en ligne par essence, les réseaux sociaux sont encore largement l'apanage des " digital natives ", nés dans un univers où tout est numérique et pour qui la frontière entre le privé et le public est peut-être moins infranchissable. Certains y voient d'ailleurs un espace où se perd la notion de l'intime. Or, ce n'est pas tant l'exhibition de la sphère privée qui est en jeu que ce que les internautes souhaitent montrer de leurs relations sociales à travers les réseaux sociaux. Et il se trouve que différents leviers de mise en ligne de leur sociabilité sont offerts aux utilisateurs. Parallèlement, les données personnelles d'internautes qui se dévoilent toujours plus sur les réseaux sociaux représentent une manne informationnelle et financière pour les annonceurs ou pour des institutions diverses. Cette divulgation est d'ailleurs susceptible de nuire aux individus, notamment sur la plan professionnel ainsi que l'ont illustré certains cas de licenciement. C'est donc une réalité complexe que celle des réseaux sociaux, où est questionnée la relation verticale entre pouvoir, médias et citoyens ainsi que des formes nouvelles de sociabilité. A la fois source d'émancipation et source d'uniformisation, les réseaux sociaux de l'internet, dont l'utilisation est très peu réglementée, représentent une rupture technologique profonde. Celle-ci, comme souvent dans le passé, suscite des craintes dont on peut espérer qu'elles s'avèreront sans fondement si les pratiques se mettent en place dans un cadre juridique approprié et de façon réfléchie et progressive.
Extrait PREMIÈRE PARTIE L'ART DE LA TEINTURE Dans les parties suivantes de ce livre, on va trouver de nombreuses descriptions des méthodes de teinture mises au point, à diverses époques, par les teinturières et teinturiers de différents continents pour extraire de leur mieux les colorants des plantes et de certains animaux disponibles dans leur environnement et pour les fixer sur une grande variété de supports, principalement textiles. Ces recettes - on ne tardera pas à le remarquer - présentent souvent des parallèles étonnants d'une civilisation à l'autre. Comment l'expliquer ? Sans doute parce que ces virtuoses de la couleur qu'étaient les teinturiers ont, grâce à leurs dons d'observation, reconnu l'existence de groupes de substances qu'ils avaient avantage à préparer chacun d'une manière différente. Nous savons aujourd'hui que ces distinctions techniques correspondent à des différences de compositions chimiques. La teinture est, effectivement, un domaine de l'activité créatrice humaine où peut se vérifier rapidement, à l'oeil nu, la validité des procédés mis en oeuvre : la couleur apparaît ou n'apparaît pas, reste ou ne reste pas sur la fibre ou le tissu. Pourtant, il ne suffit pas de savoir pratiquer pour pouvoir expliquer tout ce qui se passe. Très tôt, des esprits curieux - pré-alchimistes mésopotamiens, alchimistes grecs et égyptiens - se sont intéressés aux phénomènes de la teinture et ont cherché à en percer les mystères. À l'avènement de la chimie moderne, ces problèmes sont toujours au coeur des préoccupations des chimistes européens des XVIIIe et XIXe siècles : Claude-Louis Berthollet (1748-1822), Michel-Eugène Chevreul (1786-1889), August Wilhelm von Hofmann (1818-1892), William Henry Perkin (1838-1907). Ces recherches mèneront, en fait, à l'invention des teintures synthétiques. À leur tour, les réactions de ces dernières avec les fibres, d'abord naturelles, puis synthétiques elles aussi vont être très étudiées et sont maintenant assez bien comprises. Mais la teinture par les colorants naturels est encore plus complexe. D'abord parce que ces colorants sont constitués de groupes parfois très nombreux de molécules dont beaucoup ne sont pas encore connues. Mais aussi parce que ces molécules colorantes n'ont souvent qu'une faible affinité chimique avec les fibres textiles et qu'il faut employer pour les fixer d'autres substances - «mordants», «adjuvants» - dont le rôle exact, c'est-à-dire les réactions avec les colorants et les fibres ne sont pas encore complètement élucidées. À notre époque où les hommes voyagent dans l'espace et finissent de percer les secrets de l'atome et du génome, il reste donc encore beaucoup de recherches interdisciplinaires à mener pour offrir une explication scientifique assurée de l'ensemble des processus qui permettent de fixer les colorants extraits de tel ou tel organisme vivant sur telle ou telle fibre textile. Parmi les voies d'approche, figure évidemment l'étude approfondie des méthodes traditionnelles de teinture. Aussi, pour permettre de mieux évaluer la validité des procédés anciens décrits dans la suite de ce livre, cette première partie offre d'abord un exposé synthétique des techniques de préparation des fibres textiles et de leur teinture par les colorants naturels, puis retrace les étapes de la découverte et de l'adoption des différents mordants. (...)
L'entrée du numérique dans nos sociétés est souvent comparée aux grandes ruptures technologiques des révolutions industrielles. En réalité, c'est avec l'invention de l'imprimerie que la comparaison s'impose, car la révolution digitale est avant tout d'ordre cognitif. Elle est venue insérer des connaissances et des informations dans tous les aspects de nos vies. Jusqu'aux machines, qu'elle est en train de rendre intelligentes. Si nous fabriquons le numérique, il nous fabrique aussi. Voilà pourquoi il est indispensable que nous nous forgions une culture numérique.
Laruelle Marlène ; Pranchère Jean-Yves ; Miranda A
Néoréaction, régression démocratique, illibéralisme, autoritarisme, populisme, néofascisme, cyberlibertarianisme, antimodernisme : cet écheveau de concepts rendant compte de certaines des évolutions profondes de nos sociétés et de nos systèmes politiques contemporains a de quoi désorienter. Régulièrement, pourtant, l'actualité invite à les utiliser pour désigner des discours, des pratiques institutionnelles, des projets politiques ou des idéologies, qu'il s'agisse, de façon neutre, de les décrire ou, de façon plus engagée, de s'en inquiéter et de les dénoncer. C'est là tout l'intérêt intellectuel et l'utilité civique de ce volume : clarifier ces concepts tout en mettant en lumière les liens entre deux ensembles de phénomènes qui méritent d'être appréhendés de concert. Ainsi s'impose aujourd'hui la nécessité de scruter en détail les fondements intellectuels des tendances autoritaires, afin de mieux en comprendre les manifestations politiques et institutionnelles.
Atlas, dans la mythologie, représente un géant capable de tenir la Terre sur ses épaules sans en être écrasé. Mais quand Gérard Mercator publie en 1538 ce qu'il décide d'appeler un Atlas, le rapport des forces s'est complètement inversé : un "Atlas" est un ensemble de planches, imprimées sur du papier, quelque chose que l'on feuillette et que le cartographe tient dans sa main ; ce n'est plus la Terre que l'on a sur le dos et qui nous écrase, mais la Terre que l'on domine, que l'on possède et que l'on maîtrise totalement. Près de cinq siècles après, voilà que la situation s'inverse à nouveau : paraît un "Atlas" qui permet aux lecteurs de comprendre pourquoi il est tout à fait vain de prétendre dominer, maîtriser, posséder la Terre, et que le seul résultat de cette idée folle, c'est de risquer de se trouver écrasé par Celle que personne ne peut porter sur ses épaules". Bruno Latour Changement climatique, érosion de la biodiversité, évolution démographique, urbanisation, pollution atmosphérique, détérioration des sols, catastrophes naturelles, accidents industriels, crises sanitaires, mobilisations sociales, sommets internationaux, transition climatique... Voici le premier atlas réunissant l'ensemble des données sur les transformations écologiques de notre temps.
La révolution numérique atteint son apogée, celle des intelligences artificielles. Nous sommes désormais pris en charge. Les outils et les algorithmes nous interpellent, nous encadrent, nous guident, choisissent à notre place. Répondent aux questions que nous ne nous posions pas. Jouent avec nous. Se jouent de nous. Cette dernière révolution nous laisse amers et épuisés. Nos cerveaux sont saturés de dopamine, ne connaissant ni vide, ni repos. Tout comme nos yeux, nos doigts, nos corps. Nos vies sont fragmentées, à l'image du monde. Peut-être devenons-nous des mines à ciel ouvert, aspirés et malmenés par le monde de la donnée, au coeur du d'une réalité qui semble elle-même s'effacer ? Telle n'était pas la promesse du progrès et nous voici pris de vertige : sommes-nous entrés dans une nouvelle civilisation, à la croisée du sommeil perdu, de l'hypnose et de la soumission ? Ou bien vivons-nous la dernière heure de l'homo sapiens ? " Dans la foulée de ses grands succès (La civilisation du poisson rouge, Sortir du bocal, Submersion), Bruno Patino nous livre un court essai prophétique, plein d'idées, d'hypothèses, de portraits, de lectures, de solutions.
Résumé : On les appelle les big data. Google, Apple, Facebook, Amazon, ces géants du numérique qui aspirent, à travers Internet, smartphones et objets connectés, des milliards de données sur nos vies. Derrière cet espionnage existe un " pacte secret " scellé par les big data avec l'appareil de renseignement le plus redoutable de la planète. Ensemble, ils sont en train d'enfanter une entité d'un genre nouveau, une puissance mutante qui ambitionne ni plus ni moins de reformater l'Humanité. Pour les big data, la démocratie est obsolète, tout comme ses valeurs universelles. C'est une dictature inédite qui nous menace : une Big Mother bien plus terrifiante encore que Big Brother. " Ce livre se présente comme le livre noir de la révolution numérique. " Le Figaro littéraire " Après avoir lu ce livre, vous ne regarderez plus votre iPhone de la même manière. " Le Point Cet ouvrage a reçu le Prix lycéen " Lire l'économie "
Un recueil de deux textes : le premier retrace l'histoire contemporaine de l'influence de la propagande sur la formation de l'opinion publique. Le deuxième relate l'histoire du système des médias américains qui soumet aujourd'hui l'information, le journalisme et la population à un oligopole d'intérêts financiers et commerciaux.
L'entrée du numérique dans nos sociétés est souvent comparée aux grandes ruptures technologiques des révolutions industrielles. En réalité, c'est avec l'invention de l'imprimerie que la comparaison s'impose, car la révolution digitale est avant tout d'ordre cognitif. Elle est venue insérer des connaissances et des informations dans tous les aspects de nos vies. Jusqu'aux machines, qu'elle est en train de rendre intelligentes. Si nous fabriquons le numérique, il nous fabrique aussi. Voilà pourquoi il est indispensable que nous nous forgions une culture numérique.