Capograssi Giuseppe ; Carraud Christophe ; Montano
CONFERENCE
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EAN :9782912771513
On peut dire que le philosophe est celui qui a le devoir solitaire et singulier de recueillir les leçons secrètes de la vie et de les exprimer ; comprendre quelqu'un, c'est toujours chercher à en ressentir et à en éprouver à nouveau les exigences, les questions, les crises : en somme, ce pour quoi il a souffert " : telle est, chez Giuseppe Capograssi, la méthode de l'attention au monde concret des individus. Incertitudes sur l'individu montre cette méthode à l'oeuvre, et fait mesurer la puissance de pénétration de la pensée du philosophe dans tout l'entrelacs économique, social, juridique, métaphysique, de la réalité contemporaine. Y sont repris cinq textes décisifs de l'auteur, écrits dans la dernière partie de sa vie, de 1940 à 1955. Chacun d'eux poursuit la description de la dimension d'expérience des ordres divers par lesquels la vie se saisit elle-même (activité pratique, droit, économie, jugement...) : et cependant ces ordres en réalité n'en forment qu'un, par quoi l'individu se saisit lui-même comme vivant dans la vie concrète et poursuivant des valeurs que cette vie concrète riche d'incarner et risque de trahir. C'est à la description et à l'interprétation des modalités contemporaines de l'exister de l'individu - modalités complexes, ambiguës et souvent inquiétantes, du travail au divertissement, de la guerre à la frivolité, de l'Etat à l'action économique, de la monnaie au contrat, des fins privées à l'Histoire... - que sont donc invités les lecteurs de ces Incertitudes.
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Nombre de pages
316
Date de parution
11/04/2013
Poids
520g
Largeur
168mm
Plus d'informations
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EAN
9782912771513
Titre
Incertitudes sur l'individu
Auteur
Capograssi Giuseppe ; Carraud Christophe ; Montano
Editeur
CONFERENCE
Largeur
168
Poids
520
Date de parution
20130411
Nombre de pages
316,00 €
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Capograssi Giuseppe ; Tognon Giuseppe ; Carraud Ch
L'Introduction à la vie éthique est l'un des derniers textes de Giuseppe Capograssi (1889-1956), personnalité d'exception par sa noblesse, son humilité, et l'ampleur de sa pensée ; ce livre testamentaire, qui décrit l'individu dans l'aventure historique de son existence et de son action, ne quitte jamais le plan de la vie concrète, en deçà (ou au-delà) des concepts de la "philosophie savante" : le destin de l'homme ne se distingue pas de celui de chaque homme, dans l'analyse des problèmes, petits et grands, qu'il doit affronter, de la frivolité à l'engagement, du travail au repos, du droit à h politique, du mal à l'espérance, de l'histoire à Dieu... Il est rare que s'élève en philosophie quelque chose qui ressemble à un chant Salvatore Satta évoquait la beauté sidérante de "cette oeuvre musicale qu'est l'Introduction à la vie éthique", tant l'analyse de l'action et de l'implication de l'individu dans la pratique de la vie a ici de simplicité vibrante et d'intensité. L'Introduction à la vie éthique n'est pas seulement un grand livre de philosophie morale, c'est aussi une élégie à l'espérance qu'est vivre.
Dans Analyse de l'expérience commune (1930), Giuseppe Capograssi met pour h première fois en oeuvre sa méthode d'attention au monde concret des individus, en même temps qu'il en explicite la nécessité en prenant appui sur h requête husserlienne d'aller aux choses mêmes ; sa question initiale est très simple : qu'est-ce que l'expérience que chacun mène en vue de réaliser en soi et avec autrui une vie proprement humaine ? L'ouvrage critique à cet égard les limites des philosophies systématiques qui privent les choses de la richesse et de la variété concrètes de la vie. "Sa philosophie", écrivait E Opocher, "naît de sa capacité extraordinaire â se tenir non pas au-dessus, mais au coeur de l'histoire des hommes". Dans ce livre fondateur, se trouvent ainsi décrits de façon décisive les liens que l'expérience entretient avec le droit, la loi éthique, la loi morale, l'Etat - avec tout ce qui "fait tenir" les hommes à h fois dans la cohérence des aspirations de la conscience et face au mal qui ronge l'action dès son principe. Cette analyse projette une lumière singulièrement neuve et limpide sur les données concrètes par lesquelles l'homme vise à accomplir sa propre humanité ; parmi elles, l'expérience juridique, dont l'auteur éclaire les dimensions en des pages essentielles sur le contrat, la propriété ou le jugement.
Capograssi Giuseppe ; Carraud Christophe ; Del Noc
Publiées en 1921, les Réflexions sont nées de l'exigence de comprendre d'un point de vue philosophique et politique la crise profonde qui secoue la société européenne après la Première Guerre mondiale. A la lumière de l'enseignement de Vico, l'autorité est pour Capograssi le moment où le monde humain prend naissance, le principe qui donne consistance à l'action de l'individu et légitimité à l'Etat. L'autorité n'agit dans la société comme ferment d'unification que dans la mesure où elle est le résultat de l'activité libre et spontanée des individus et des forces sociales : elle se distingue du système de contraintes qui aboutit au pouvoir de l'Etat. Sa tâche essentielle est de rendre chacun égal à lui même : elle consiste donc à mettre chacun dans les conditions d'être pleinement homme. En ce sens, l'autorité a pour devoir de faire justice, en rendant à chacun le sien. Disparaît ainsi l'alternative traditionnelle entre autorité et égalité, ainsi qu'entre autorité et liberté. En 1921, Capograssi annonce que le "mal obscur" de la société contemporaine est la "nouvelle tyrannie", l'Etat comme fait, l'Etat comme force, l'Etat autoritaire, qui est en réalité la négation de l'autorité. L'analyse de la genèse et de l'essence du totalitarisme, celle des situations humaines, économiques et sociales et des positions éthiques concourant à donner à la crise une solution totalitaire qui s'emparera tragiquement de l'Europe, font des Réflexions un livre étonnamment lucide et prophétique. Ses avancées demeurent décisives pour comprendre sans la dénaturer l'articulation de l'autorité et de la liberté, de l'autorité et de l'égalité, et pour envisager avec rigueur le concept de "crise".
L'urbanité et les savoirs à l'oeuvre dans la fabrication des villes sont entrés en crise. Ces savoirs agissants - les comportements, les systèmes relationnels, les éléments cardinaux réglant la vie civile, les dispositions physiques des ensembles urbains, et tout ce qui concourt à imprégner d'urbanité et de beauté la vie privée et collective - auraient pu constituer la base d'une réflexion théorique et pratique sur la ville, et, plus généralement, sur la vie associée et la politique, en fournissant des instruments d'orientation à la société humaine soumise au changement de ses conditions historiques. Mais ce travail ne s'est pas fait, de sorte que l'héritage des villes ne suffit pas à servir de guide dans cette mutation générale. Les vestiges des villes historiques résistent, du moins en partie ? : mais la plupart d'entre eux restent muets, ou relégués dans une situation qui les rend incapables de féconder l'avenir. Les villes sont donc exposées à un double front ? : celui, dévastateur, des guerres, et celui, insidieux, de la rente immobilière, qui, par son action sélective, appauvrit peu à peu le potentiel le plus précieux des contextes urbains, qui tient à leur nature de réalités socialement complexes et de laboratoires des règles et des possibilités de la vie en commun. Ville et nature sont deux dons également menacés. Mais alors qu'on a vu s'accroître ces dernières années la conscience de l'importance de la crise climatique et des actions à mener pour la défense de la terre, la question de la défense des villes - posée avec lucidité par Giorgio La Pira dès 1954 - est totalement négligée. La dimension esthétique témoigne elle aussi de cette absence ? : dans un contexte obsédé par la recherche d'un "accomplissement individuel" , la beauté civile s'est dissoute avec l'appauvrissement des cadres relationnels. La réponse ne peut consister qu'à remettre la réalité urbaine au centre : il faut redonner aux villes le sens de l'urbanité, de l'inclusion, et d'une beauté qui interprète et manifeste la fécondité de la vie commune. Terre et ville, qui s'unissaient - et dont Cattaneo avait admirablement décrit les rapports il y a près de deux siècles -, deviennent équivalemment le lieu de la rente et de l'appauvrissement de l'expérience sensible - et de l'appauvrissement tout court d'une majorité de la population. Sans la responsabilité qu'exige la vie commune, il est vain de prétendre remédier aux excès d'un rapport au monde dévoyé.
Il n'existe pas de folie dépourvue de signification et les gestes que les gens ordinaires et mesurés considèrent comme d'un fou impliquent le mystère d'une souffrance que les hommes n'ont pas écoutée, n'ont pas recueillie". Cette souffrance, L'autre vérité veut la recueillir et l'écouter; dans un récit limpide et implacable, la poétesse Alda Merini, disparue le 1er novembre 2009, nous dit ce qu'était l'internement psychiatrique dans les années 60 et 70, qu'elle a elle-même vécu dans le plus profond abandon. La poésie de ces pages vaut comme une arme au service d'un "esprit d'enfance (...) qui ne pourra jamais être perverti par personne", une arme pour ne pas sombrer, pour réinventer l'espoir d'être aimé. Voici l'un des plus grands textes littéraires mettant en scène la folie.