Le français est à nous ! Petit manuel d'émancipation linguistique
Candea Maria ; Véron Laélia
LA DECOUVERTE
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EAN :9782348041877
Apporter des connaissances en matière d'histoire de la langue, donner des outils pour interroger la fabrication des règles linguistiques en français, mettre en lumière leurs aspects politiques et idéologiques : un livre indispensable pour se forger un point de vue éclairé et critique non seulement sur la langue française, mais aussi sur les discours tenus en son nom.À force de le lire et de l'entendre, cela semble admis : la langue française serait en péril. Diverses menaces contribueraient à la dégrader : les argots, les anglicismes, les barbarismes, le langage SMS, le politiquement correct, etc. De fait, défendre la langue est devenu un prétexte facilement recevable pour tempêter contre la société contemporaine (forcément décadente).Mais qu'est-ce donc qu'aimer la langue française ? C'est passer du temps à lire, parler, écrire et surtout s'interroger : sur la langue, mais aussi sur les discours qui la concernent et sur ceux qui sont tenus en son nom. Le français n'est pas figé, il a une histoire, qui continue à s'écrire. Si la langue est un dispositif de maintien de l'ordre social, elle est aussi une construction politique qu'il est possible de se réapproprier.Entrons ensemble dans l'histoire sociopolitique du français et dans les débats citoyens qui y ont trait ! Ce sera l'occasion de découvrir les liens subtils entre langue, politique et société. De voir qu'on peut à la fois aimer le français, sa richesse, sa complexité et son histoire, et avoir confiance dans sa vitalité, sans se complaire dans la nostalgie d'un passé mythique. Avoir l'ambition de se saisir de la langue française est une démarche exigeante, mais c'est une exigence joyeuse. Alors n'ayons pas peur de le proclamer : le français est à nous !Table des matières : PréambuleLangue française, attention, péril ?Oser s'interroger sur la langueDéfinir la langue, décrypter les enjeux, raconter des histoiresI / Qu'est-ce que la langue ?1. Comment définir la langue ?Les Serments de Strasbourg (842) : naissance du français... vraiment ?Créole, dialecte, langue : quelles différences ?Focus. Comment Molière écrivait-il ?Suffit-il de parler la même langue (le français) pour se comprendre ?Qui écrit les dictionnaires ?Comment les mots deviennent-ils français ?Focus. À quoi sert l'Académie française ?Que veut dire " décrire le français " en linguistique ?2. Qu'est-ce qu'une faute ?Existe-t-il une seule langue française ?Le français, la plus belle langue du monde ?Peut-on remettre en cause les règles grammaticales ?Mais qu'est-ce qu'une grammaire ?Les niveaux de langue existent-ils ?Comment fabrique-t-on le français standard ?Pourquoi a-t-on peur de faire des fautes?Focus. Aller " au coiffeur " ou " chez le coiffeur " ?3. Qu'est-ce qu'une langue en danger ?La langue française est-elle en danger ?Les néologismes : invasion ou enrichissement ?Le franglais pourrait-il remplacer le français ?Faut-il avoir peur du " langage jeune " ?Focus. Assiste-t-on à l'arabisation du français ?Peut-on aimer le français sans tomber dans la nécrophilie ?II / Au nom de la langue4. Langage, pouvoir et violence : la langue comme armeAgir par les motsLa violence symbolique et les mots qui tuentLa construction du sens des motsFocus. Le retournement du stigmateChanger le monde ou changer la langue ?5. Masculinisation et féminisation du français : la langue comme champ de batailleLes offensives des grammairiens interventionnistesL'éclipse des autricesRésistances à la masculinisation du français : une longue histoireLa querelle du neutre et le sexe des motsFocus. Que penser de l'écriture dite " inclusive " ?6. Langue française et colonialisme : la langue comme étendard ?La diffusion du français dans les colonies : dépasser les clichésQuel français pour les colonies ?Enseignement de la langue française et luttes de pouvoirFrançais contre langues locales. À qui la faute ?Focus. Qu'est-ce que le français " petit nègre " ?7. L'Organisation internationale de la francophonie (OIF) : la langue comme prétexteL'OIF, un " machin " sans grand rapport avec la langue française ?La mise en place de la Francophonie comme institution : à chaque étape sa polémiqueLa Francophonie est-elle francophone ?Focus. Senghor, au-delà du mytheIII / Langue et débats : promenades dans les histoires de la langue8. Qu'est-ce que le " génie " de la langue française ?Le français à l'Âge classiqueL'Âge classique et le prestige croissant de la langue françaiseDu prestige au " génie " de la langueRivarol et la consécration d'une vision mythique de la langueLes salons de l'Ancien Régime : matrice de la supériorité de l'" esprit français " ?De l'histoire à l'idéologieLa revendication de l'" esprit français " aujourd'huiFocus. L'Europe était-elle francophone et francophile au XVIIIe ?Exalter le génie d'une langue... pour dénigrer les autres9. La politique linguistique de la Révolution française (fin XVIIIe siècle)L'idée d'une politique linguistique nationale : le français pour toutes et tous ?Le français contre les langues régionales : une position " universaliste " ?Faire du français la langue de l'éducationFocus. Les mots de la Révolution : l'invention d'un nouveau lexique ?10. Enseignement et scolarisation de masse : aux sources de la grammaire scolaire (XIXe-XXe siècle)Depuis quand l'orthographe existe-t-elle ?Apprendre à écrire à l'école, une pratique d'abord élitisteLes défis de l'école pour tous de la IIIe République : diffuser le français, imposer l'orthographePolémiques et tâtonnements : de la grammaire générale à la grammaire scolaireLe français fictif et rabougri des livres de grammaireFocus. Faut-il réformer l'ortografe du français ?11. Révolution numérique et défis (plus ou moins !) nouveauxQu'est-ce qui est nouveau dans l'écriture numérique ?Textos actuels et " textos " de nos ancêtresLa communication numérique : une nouvelle menace contre la langue française ?Écrit-oral : un nouveau pacte ?L'aube des humanités numériquesPeur de l'Autre et recherche de l'authenticitéFocus. Qu'est-ce qu'un accent " authentique " ?ConclusionQu'est-ce qu'aimer le français ?Les craintes de la division et du nivèlement par le basClivages linguistiques, clivages politiquesGlossaire.
En tant que mécanisme d'ajustement énonciatif, la rectification se distingue ou se rapproche de la reformulation ou de la correction, allant parfois jusqu'à se confondre avec l'une ou l'autre. La rectification reçoit dans cet ouvrage collectif un éclairage syntaxique, (co)énonciatif, sémantique, interactionniste et lexicographique. La diversité des approches rejoint la diversité des corpus étudiés (entre-tiens, dialogues en contexte d'acquisition, enregistrements oraux ou vidéo, presse, littérature, sous-titres de films, définitions de dictionnaires...) pour contribuer à mieux cerner les spécificités de cette opération linguistique et discursive.
A force de l'entendre, cela semble admis : la langue française serait en péril, confrontée à diverses menaces (les anglicismes, le langage SMS, le politiquement correct, etc.). Sur quoi reposent ces craintes ? Comment faire la part de ce qui relève de la description de la langue, et ce qui relève des discours fossilisés tenus au nom de la langue ? Entrons ensemble dans l'histoire sociopolitique du français, dépoussiérons les débats citoyens sur ces questions ! Ce sera l'occasion de découvrir les liens subtils entre langue, politique et société. De voir qu'on peut à la fois aimer le français et avoir confiance dans sa vitalité, sans se complaire dans la nostalgie d'un passé mythique. De comprendre que la langue fait partie des éléments qui contribuent à maintenir un système social ou à le changer. La langue sera toujours un objet de débats collectifs : ce livre nous donne joyeusement les outils nécessaires pour y participer !
Censurer suppose une certaine idée de la liberté, de l'individu, de l'expression publique. Censurer suppose également des manières précises d'envisager des effets de la parole, du son ou de l'image. A rebours des débats sur les limites de la liberté d'expression, ce numéro explore les formes et les normes, souvent subtiles et parfois contre-intuitives, du silence contraint. De la censure d'Etat à la nécessité de taire le secret initiatique, entre les silences que l'on s'impose et ceux imposés aux autres, chaque censure produit des sujets, des relations et des résistances : que fait-on quand on fait taire ...
Le livre du podcast sur la langue française qui cartonne sur Binge Audio. Pourquoi l'écriture inclusive suscite-t-elle tant de haine ? Que fait le numérique à la langue ? Qui est responsable de nos fautes d'orthographe ? Dans cet ouvrage polyphonique, qui donne la parole tant à des spécialistes de linguistique qu'à des internautes via des tweets, Laélia Véron et Maria Candea interrogent la langue, ce qu'on croit et ce qu'on en sait. Contre les censeurs et les discours de déploration d'un supposé déclin inéluctable, cet ouvrage donne le goût des recherches sur la langue et des outils pour mieux l'observer. Un ouvrage pluriel pour un français pluriel, qui explore tous les usages de la langue (qu'il s'agisse de littérature, de politique, de discours adressés aux enfants, de conflits, de séduction ! ) et qui fait parler le français d'hier, d'aujourd'hui, de demain. Adapté et enrichi à partir du podcast Parler comme jamais, ce livre est une synthèse indispensable et passionnante de ce que l'on sait sur la langue, pour mieux apprendre à déconstruire tous les clichés à son sujet.
Féminisme pour les 99%, c’est un ouvrage qui permet d’ouvrir les thèses du féminisme au plus grand nombre et qui invite à s’écarter de ce féminisme libéral ciblant uniquement les classes les plus favorisées de la société. Pour les autrices, un ennemi incarne aujourd’hui toutes les oppressions que subissent le plus grand nombre : le capitalisme. Et pour s’opposer à ce système capitaliste, elles proposent de créer un féminisme pour les 99% qui doit nécessairement s’allier aux luttes écologiques, antiracistes, syndicalistes, lgbtqia+ pour triompher. Un manifeste condensé mais très riche à partager !
L'énergie se prête bien à l'analyse géopolitique, conçue comme l'étude des relations entre pouvoirs et territoires. Rien n'est possible dans le monde sans recours à l'énergie, et les rivalités et conflits que son exploitation toujours croissante suscitent sont omniprésents à toutes les échelles de l'analyse géographique, de l'international au local. Cet ouvrage s'intéresse aux effets de la transition énergétique et écologique en cours sur la transformation de ces rapports de forces, mais également sur les reconfigurations des échanges internationaux et de la coopération interétatique. Les alternatives aux hydrocarbures s'élaborent depuis les années 1970, mais la révolution actuelle des pétroles et gaz de schiste bouleverse en profondeur la question des énergies sous un angle géoéconomique, géopolitique et environnemental. Ainsi, à l'ère de l'économie numérique et des territoires "virtuels", la matérialité des énergies nous ramène à l'essentiel, c'est-à-dire les pieds sur terre, au coeur d'un "grand jeu" sans cesse réinventé au sein duquel les Etats font leur retour après des décennies de déréglementation.
La politique étrangère française est depuis longtemps sous le feu des projecteurs, tour à tour présentée comme le vestige d'une gloire passée, la marque d'une présence maintenue dans un monde qui n'a plus de limites, ou le signe d'une arrogance blessée par une succession d'échecs. Le débat reste vif, rehaussé par la présidentialisation, chaque locataire de l'Elysée voulant faire de sa propre diplomatie le gage de son succès et de son prestige... Et pourtant, cette politique reste peu étudiée, regardée avec une série d'a priori jamais évalués : l'effectivité de la grandeur gaullienne et sa perception à l'extérieur, la fonction de l'arsenal nucléaire en un temps post-bipolaire énigmatique, la revendication de prés carrés ou de zones d'influence, un souverainisme rhétorique malmené par la mondialisation, un essor notable de la politique d'affichage et de communication... Existe-t-il d'ailleurs un principe qui organise l'ensemble de ces traits, et le logiciel qui lui est associé correspond-il au contexte international actuel ? Pour comprendre comment la France s'insère dans un monde dont elle est de plus en plus tributaire, les auteurs répondent à trois grandes questions, axes majeurs de l'ouvrage. Comment cette politique s'inscrit-elle dans l'histoire ? Ses instruments sont-ils adaptés, ou répondent-ils à d'autres considérations, économiques, politiques, administratives et idéologiques ? Peut-on en mesurer les résultats et la pertinence, eu égard aux grands enjeux contemporains ? Ces analyses éclairantes esquissent, en creux, la possibilité d'une autre politique.
Première cause de handicap acquis chez l'adulte, l'accident vasculaire cérébral, ou AVC, peut brutalement faire disparaître ou empêcher, de façon temporaire ou non, un grand nombre de capacités de la vie quotidienne, dans des domaines physiques ou intellectuels très divers : la marche, la déglutition, la planification, la lecture, la préhension, etc. Parce qu'il touche à des savoir-faire acquis, l'AVC peut apparaître comme une atteinte biologique du social qui en efface les effets en réinitialisant les expériences, les compétences et les dispositions, autrement dit comme un accident égalisateur qui annule les différences sociales entre individus. Pourtant, à âge égal et à gravité équivalente des lésions cérébrales, les séquelles ne seront pas les mêmes si le patient est un homme ou une femme, un ouvrier ou un cadre supérieur, si la récupération de ses capacités a une grande ou une moindre valeur aux yeux des acteurs de la rééducation, si l'AVC a laissé intact chez lui un rapport aisé ou difficile aux modalités scolaires d'apprentissage. Pour mettre en évidence et expliquer ces phénomènes, Muriel Darmon a mené une enquête approfondie dans un service de neurologie d'un hôpital universitaire et auprès des différents corps de spécialistes - kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, neuropsychologues, etc. - de deux centres de rééducation. En suivant le parcours post-AVC des patients au sein de ces unités et des étonnants " plateaux techniques " conçus pour favoriser leurs réapprentissages, ce livre montre que, par-delà ce qui semble perdu, le social perdure chez les individus et résiste à l'atteinte biologique.
Lorsque à la fin des années 1920, André Malraux fit irruption sur la scène littéraire, il imposa d'emblée un ton, un style, un personnage. En lui, l'action et la littérature, la politique et la morale semblaient se réconcilier. Doué du génie de la séduction et de l'autopromotion, l'auteur des Conquérants puis de La Condition humaine voulait marquer ce monde de " cicatrices ". Restent aujourd'hui ses livres, que l'on peut apprécier en oubliant l'homme, mais on se prive alors de leur personnage principal. " Ma vie ne m'intéresse pas ", disait-il. De fait, seule sa vie l'intéressait. Il la conçut comme une ?uvre, et peut-être a-t-elle été son meilleur roman. S'appuyant sur des témoignages et des documents souvent inédits, des archives publiques et privées inexploitées, Olivier Todd démêle réalités vécues et imaginées, dévoilant un homme qui n'a passionnément agi que pour écrire, un écrivain qui doutait de lui-même, un personnage sans méchanceté ni mesquinerie, dont les métamorphoses et la mythomanie ont nourri une légende.
Bergez Daniel - Lauvergnat-Gagnière Christiane - P
Voici un panorama détaillé de la littérature française, du Moyen Age à nos jours. Dates clés, biographies, citations, résumés et commentaires organisés des grandes oeuvres : ce précis rassemble l'essentiel des connaissances nécessaires sur les auteurs, les oeuvres et les grands courants. Chaque période de l'histoire littéraire fait l'objet d'une présentation en contexte, historique comme idéologique, à travers l'évolution des formes et des genres ; des notices séparées sont consacrées aux mouvements littéraires majeurs. Du Roman de la Rose aux littératures francophones en passant par le romantisme, la critique au XIXe siècle ou le surréalisme, plus de cent entrées font de ce précis un passionnant guide de lecture pour comprendre les évolutions profondes de la littérature française. Avec Christiane Lauvergnat-Gagnière, Anne Paupert, Yves Stalloni et Gilles Vannier.
Le roi Salomon suppliait l'Eternel de lui accorder un coeur intelligent. Au sortir d'un siècle ravagé par les méfaits conjoints de la bureaucratie, c'est-à-dire d'une intelligence purement fonctionnelle, et de l'idéologie, c'est-à-dire d'une senti-mentalité binaire indifférente à la singularité des destins individuels, à quelle instance adresser cette prière? Ce livre répond: à la littérature. Me fiant à mon émotion, j'ai choisi neuf titres:"La Plaisanterie"de Milan Kundera,"Tout passe"de Vassili Grossman,"Histoire d'un Allemand"de Sebastian Haffner,"Le Premier Homme"d'Albert Camus,"La Tache"de Philip Roth,"Lord Jim"de Joseph Conrad,"Les Carnets du sous-sol"de Fédor Dostoïevski,"Washington Square"de Henry James et"Le Festin de Babette"de Karen Blixen. Et je me suis efforcé de mettre dans mes lectures tout le sérieux, toute l'attention que requiert le déchiffrement des énigmes du monde". Alain Finkielkraut.
Faerber Johan ; Rauline Laurence ; Oddo Nancy ; Co
Le récit de l'histoire de la littérature française, du Moyen Age à nos jours : Une vision d'ensemble claire et cohérente de l'histoire de la littérature française à travers les auteurs majeurs et les oeuvres fondatrices. Au fil des doubles pages, la présentation vivante de chaque oeuvre, de sa genèse et de sa réception, et des encadrés mettant en lumière le contexte culturel. Un voyage à travers les époques et les genres avec des frises chronologiques, des repères biographiques et des dossiers sur les grands mouvements littéraires.