Mélanges de la Casa de Velazquez Tome 37 N° 2/2007 : Cervantès et la France
Canavaggio Jean ; Bensoussan Albert ; Couderc Chri
CASA DE VELAZQU
24,99 €
Epuisé
EAN :9788496820081
Cervantès et la France. Depuis 1614, date à laquelle paraît la traduction française, par César Oudin, de la première partie de Don Quichotte, l'intérêt suscité par Cervantès de l'autre côté des Pyrénées ne s'est jamais démenti. Sous le titre " Cervantès et la France " sont réunies ici sept des contributions à une rencontre qui s'est tenue à la Casa de Velazquez les 6 et 7 juin 2005. Sont examinées successivement les traductions de Don Quichotte, les adaptations théâtrales jouées au XVIIe et au XVIIIe siècle, la libre méditation des romanciers du Siècle des lumières, l'admiration qu'inspirent à Flaubert Cervantès et son chef-d'?uvre, l'apport de l'iconographie, de Lagniet, Coypel et Natoire jusqu'à Daumier et Doré, les travaux de l'hispanisme académique, d'Alfred Morel-Fatio à Pierre Vilar et, finalement, les interprétations proposées par des lecteurs vénus d'autres horizons, tels que René Girard, Marthe Robert, Michel Foucault, plus intéressés par don Quichotte que par Don Quichotte, plus attirés par le personnage que par le roman qui porte son nom.
Nombre de pages
328
Date de parution
22/11/2007
Poids
704g
Largeur
170mm
Plus d'informations
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EAN
9788496820081
Titre
Mélanges de la Casa de Velazquez Tome 37 N° 2/2007 : Cervantès et la France
Auteur
Canavaggio Jean ; Bensoussan Albert ; Couderc Chri
Editeur
CASA DE VELAZQU
Largeur
170
Poids
704
Date de parution
20071122
Nombre de pages
328,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Fruit d'un travail d'équipe, cette Histoire de la littérature espagnole entend combler une lacune : aucune synthèse comparable n'a jamais été publiée en France sur le sujet. L'ouvrage traite exclusivement de la littérature péninsulaire de langue espagnole, selon un découpage en deux tomes qui comportent chacun une bibliographie raisonnée, une chronologie, un index des auteurs et un index des ?uvres. Ni palmarès ni panthéon, cette histoire, qui se veut cohérente, est, comme il se doit, une construction. Si les interprétations proposées sont situées par rapport à un état des connaissances, les enchaînements opérés manifestent des choix : soit qu'on prenne acte du verdict des siècles, soit qu'on procède aux révisions jugées indispensables. Ce premier tome s'ouvre avec le Moyen Age, dont il présente les principaux monuments : le Poema de moi Cid, le Libro de buen amor, La Célestine, le romancero. Il les replace aussi au sein d'un vaste paysage : celui que dessine, au fil des siècles, l'épanouissement de la poésie épique et lyrique ; celui qui s'élargit à mesure que la prose conquiert de nouveaux territoires, jusqu'à l'apparition des premiers livres de chevalerie et des fictions sentimentales. Viennent ensuite les XVIè et XVIIè siècles : les deux Siècles d'or. On suivra le renouvellement de la poésie lyrique, de Garcilaso à Lope de Vega, de Herrera à Gongora, de Fray Luis de Leon à Quevedo. On verra aussi comment la prose de la Renaissance, sans s'interdire les explorations les plus hardies - il n'est que de citer les mystiques -, a imprimé un élan décisif au récit de fiction. Le Lazarillo de Tormès, les fables pastorales et les nouvelles mauresques précèdent ainsi Don Quichotte et l'avènement de la littérature picaresque : deux coups d'éclat qui marquent la naissance du roman moderne, sans qu'il faille méconnaître le parcours singulier d'un Quevedo ou d'un Gracian. On découvrira enfin, avec l'essor du théâtre, le triomphe d'une Comedia dont Lope de Vega, avec ses disciples, a su imposer la formule, avant que ne lui donne son second souffle la génération de Calderon.
On n'en finirait pas de dénombrer les ouvrages inspirés par la vie et l'?uvre de Cervantès. A eux seuls, ils constituent un monde en soi, une véritable bibliothèque de Babel. Pourtant, cette abondance ne saurait masquer une réalité plus troublante : aujourd'hui encore, le " mystère Cervantès " reste entier. De larges pans de sa vie nous demeurent obscurs ; d'autres, qu'on croyait connus, nous semblent désormais peu crédibles, tant les interprétations en sont contradictoires... Avant de se consacrer aux lettres, Cervantès a cherché fortune dans le métier des armes. Blessé à la bataille de Lépante, il tombe quelques années plus tard entre les mains des Turcs, qui le retiennent cinq ans à Alger comme captif. De retour en Espagne, il se marie, fait ses débuts d'écrivain avec un roman pastoral, la Galathée, puis part un beau jour pour l'Andalousie. Pendant près de quinze ans, il y mènera la vie errante d'un collecteur de vivres et d'impôts. L'Église l'excommunie, la Justice l'emprisonne : deux expériences qui marqueront ce long séjour. En 1605, à cinquante-sept ans, il publie Don Quichotte. C'est un événement. Premier roman des Temps modernes, ce livre est aussi le premier best-seller de l'histoire de l'édition. En 1615, la seconde partie du Don Quichotte rencontre le même succès. Un an plus tard, sur son lit d'agonie, Cervantès achève Persiles, " le pied à l'étrier, et en proie aux angoisses de la mort ". Depuis lors, la légende a pris le relais de l'histoire. Parler de Cervantès, c'est s'attaquer à un mythe où le fabuleux, le certain et le vraisemblable sont inextricablement mêlés. Aussi le beau livre que nous propose Jean Canavaggio prend-il parfois l'allure d'une " enquête " à la Borges. A la recherche d'une vérité qui ne cesse de se dérober, dans le jeu de miroirs où se superposent la légende et l'?uvre cervantine, on voit surgir, en profil perdu, un homme d'une surprenante modernité.
Le nom de don Quichotte est connu dans le monde entier, mais un seul épisode subsiste généralement de son histoire, le combat contre les moulins à vent. Plus qu'à la somme de ses aventures, qui ne sont pas toutes marquées du sceau de la folie, l'ingénieux hidalgo semble devoir aujourd'hui sa renommée à sa maigre silhouette: fixée par Daumier, puis popularisée par Picasso, elle lui confère une apparence physique aussitôt reconnaissable. Mais en a-t-il été toujours ainsi? De fait, les quatre siècles qui nous séparent désormais de sa naissance dessinent une trajectoire sur laquelle un retour s'imposait. Le présent essai montre comment ce personnage a acquis une audience universelle, à travers éditions et traductions, mais aussi au-delà du récit de ses exploits, grâce à des transpositions qui lui ont ouvert de nouveaux supports iconographie, théâtre, ballet, musique, cinéma, télévision. Il s'attache également à dégager les raisons qui éclairent la vitalité d'une figure ambiguë, à la fois sublime et dérisoire, qui est devenue une référence pour le roman moderne. Sterne, Dickens, Flaubert, Dostoïevski, Melville, Kafka, pour ne citer qu'eux, ont vu en Don Quichotte un texte fondateur. Ils ont contribué, chacun à sa manière, à mettre en oeuvre le principe qui veut que plus le héros de roman s'applique à affronter le monde, plus celui-ci se dérobe ou se rebelle, creusant ainsi l'écart, comique ou tragique, entre le réel et sa représentation. Résumant dans son geste cette parabole épique, le Chevalier à la Triste Figure s'est détaché du livre dont il est issu. Il est devenu une figure mythique: plutôt qu'un message, un exemple qu'on est tenté de suivre, pour finir le plus souvent par s'en détourner. Biographie de l'auteur Ancien directeur de la Casa de Velazquez, Jean Canavaggio est professeur à l'université de Paris X-Nanterre. Spécialiste du Siècle d'or espagnol et traducteur de Don Quichotte, il a publié chez Fayard un Cervantès qui a obtenu la bourse Goncourt de la biographie. Il a aussi coordonné, pour le même éditeur, une Histoire de la Littérature espagnole en deux volumes.