Madame Hortense, dont Kazantzakis s'est inspiré pour créer le personnage de la Bouboulina dans Alexis Zorba, a bien existé. Et c'est sa véritable histoire que Nikos Campanis raconte ici, l'histoire d'Adeline Guitar, apprentie modiste à Toulon, vers 1874, qui, lorsqu'on éloigna d'elle, par crainte d'une mésalliance, l'aspirant de marine dont elle était éprise, jura qu'un jour l'affront serait vengé. Adeline monta donc à Paris, devint danseuse de french-cancan, tomba dans la prostitution, s'en releva, s'éduqua, ouvrit une maison de tolérance du plus beau genre, devint "Madame Hortense" et eut enfin à ses pieds un... amiral qui devait l'entraîner en Crète dans une aventure invraisemblable où la politique, l'espionnage et l'amour firent un curieux mélange que Nikos Campanis a démêlé ici avec la patience du limier et la curiosité du journaliste. Madame Hortense est morte en Crête en 1938 et le pope (encore en vie) qui l'assista dans ses derniers moments dit d'elle que c'était "une sainte femme, une Marie-Madeleine de notre temps". Mais, le lecteur le verra, le chemin vers cette sainteté-là ne fut pas triste.
Nicolas Mathieu ouvre pour nous une fenêtre sur le ciel avec ce roman qui n’est constitué que de déclarations d’amour. Son entrelacs de textes composent un hymne à la vie et à ses moments forts. Magnifié par les illustrations d’Aline Zalko.
Résumé : Tandis qu'à Chypre les blés montent en épi et que les fraisiers fleurissent, des centaines et des centaines d'hommes, femmes et enfants de confession juive sont débarqués sur l'île, quelques mois seulement après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Parqués dans des camps de fortune, ils attendent de pouvoir reprendre la mer pour s'exiler en Palestine. Face aux fantômes de la mémoire et à la barbarie, que peut la littérature ? En faisant se croiser des personnages aux existences radicalement différentes - un ? journaliste, une rescapée de la Shoah, ou encore une paysanne de l'île - Nassia Dionyssiou nous laisse entrevoir tout autant l'enchevêtrement des destins que leur interchangeabilité. Contre la noirceur du silence et de l'oubli, se dressent ainsi la puissance de la compassion et de la poésie, mais aussi celle de la mer, éternelle consolatrice.
Dans ce roman écrit entre 1941 et 1943, aux heures les plus sombres de l'histoire de la Grèce moderne, Nikos ? Kazantzaki, presque sexagénaire, dresse le bilan d'une existence placée sous le signe du conflit intérieur et de la quête philo-? sophique. Loin de sa version folklorique popularisée par le film de Cacoyannis et l'interprétation qu'en a donnée Anthony Quinn, l'Alexis Zorba du romancier grec apparaît surtout comme le prétexte à une interrogation sur les formes et le sens de la liberté. Il préfigure la célèbre épitaphe choisie par son auteur : " Je n'espère rien, je ne crains rien, je suis libre. " " Crois-moi, être un homme, c'est ça : être libre ? ! " Zorba