Une ville, la "cité noire", Padoue, qui est celle de l'auteur. Ville universitaire qui compte un étudiant pour quatre habitants. Un personnage central, Franco, chef de l'organisation néo-nazie Gruppo d'ordine, dans l'intimité duquel Camon nous fait entrer. En face de lui, Miro, ancien séminariste, fondateur de Potere rivoluzionario. Il y a parfait accord entre les deux mouvements sur la nécessité stratégique première d'abatttre de fond en comble l'édifice bourgeois. Sur ses ruines, les uns entendent construire, au nom de l'Occident chrétien, une société hiérarchisée où les "élites" disposeraient à leur gré des "inférieurs" ; les autres, mettre fin à l'inégalité. Entre les deux violences, l'absence du mouvement ouvrier organisé est totale. Mais des liens plus subtils existent de l'une à l'autre. Les infiltrations, la contamination entre elles sont constantes. Tout se passe comme si la violence commune était plus forte en définitive que les "idées" opposées, pour aboutir à un égal délire idéologique. Non le même cependant. Car des différences subsistent, profondes, dont Camon rend compte à l'aide de très simples et justes notations. Roman épique, roman politique, roman théorique aussi, d'une pensée intrépide, ferme et lucide. Peut-être ne devons-nous pas nous étonner qu'un tel livre nous vienne d'Italie où les symptômes de ce temps se sont extériorisés avec plus d'intensité que partout ailleurs.
Nombre de pages
325
Date de parution
09/02/1979
Poids
405g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070285884
Titre
Occident
Auteur
Camon Ferdinando
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
405
Date de parution
19790209
Nombre de pages
325,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Le narrateur est mal en point. À force de courir de médecin en hôpital, il rencontre un psychanalyste. Jamais cure n'aura été décrite avec autant de précision et de drôlerie. Mais c'est la société elle-même qui est dépeinte aussi, dans sa crise où s'effacent notre mère l'Église et notre père le Parti. Plus profondément, c'est l'homme même qui est par essence inguérissable : «Plus l'homme devient homme et se différencie de l'animal, plus son mal s'aggrave.»
Ferdinando Camon, né en 1935, est un «romancier de la crise», si l'on désigne par ce dernier mot le prix qu'il nous faut payer au "progrès'. Ses romans, tous publiés en traduction française aux Éditions Gallimard, évoquent la mort de la culture paysanne (Figure humaine, La vie éternelle, Apothéose, Jamais vu soleil ni lune), le terrorisme (Occident) ou la crise qui conduit nos contemporains sur le divan des psychanalystes (La maladie humaine, La femme aux liens, Le chant des baleines)."
En quinze chapitres rapides et intenses, jamais vu soleil ni lune reparcourt l'histoire d'une communauté paysanne depuis l'époque de l'occupation allemande jusqu'à aujourd'hui. Sur le fond d'une guerre perçue comme un affrontement de hordes primitives, jamais vu soleil ni lune est une parabole amère et féroce sur une " civilisation " en train de mourir : la civilisation paysanne. Et la mort de la civilisation paysanne est " le plus grand événement de l'histoire, après la naissance du Christ" (Charles Péguy). La communauté des bons et des faibles, décimée et dispersée par le passage des envahisseurs, attend un demi-siècle pour que justice soit faite, et elle se rend compte aujourd'hui que même la mémoire des malheurs qu'elle a subis a été perdue. C'est sur cet oubli qu'est en train de naître la nouvelle Europe: le travail caché de l'histoire a rendu les coupables plus innocents que les victimes.
Michela est professeur dans le secondaire. Mariée, elle est mère et a une quarantaine d'années. Elle souffre et son mal se manifeste sous une forme physique très violente, qui la contraint à se rendre régulièrement chez un psychanalyste. La psychanalyse de Michela est la matière de ce roman, organisé en séances qui suivent l'évolution du mal et de sa guérison. Le cabinet d'un psychanalyste, nous révèle l'auteur, est un théâtre ou le décor d'un voyage intérieur. La connaissance de soi procède avec la précision d'une enquête policière. Les liens qui rendent prisonnière Michela sont peut-être les entraves que toute femme connaît. Tentant de décrire de l'intérieur la psychologie et la physiologie féminines, avec crudité mais aussi compassion, l'auteur prolonge une entreprise romanesque placée sous le signe de la psychanalyse et inaugurée par La maladie humaine. Douceur et douleur d'être femme, tel est le thème ambigu de ce livre tour à tour réaliste et onirique, comique et tragique, où la folie guette toujours la raison quotidienne.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.