Ce numéro s'ouvre sur la traduction de la dissertation de Schelling Sur le rapport du réal et de l'idéal dans la nature, qui fut publiée en 1806 en guise de préface à la seconde édition de l'Aine du Monde ( 1798 ). En quelques pages denses, elle vise à faire le lien entre la Naturphilosophie du jeune Schelling et celle qui, à partir de 1801, se retrouve intégrée au système de la " philosophie de l'identité ". A partir d'une redéfinition dynamique de l'absolu comme lien intérieur et nécessaire du fini et de l'infini, ou comme désir infini de sa propre révélation, Schelling reconstruit ici une nouvelle fois les concepts essentiels d'une philosophie de la nature destinée à élucider les modalités de la présence de l'absolu. Le numéro se poursuit avec un ensemble de deux textes, qui traitent tous deux de la philosophie husserlienne du langage et de la signification. Le premier d'entre eux est la traduction française des Leçons n° 9 et 10 des Vorlesungen zur Einfiihrung in die sprachanalytische Philosophie ( Leçons pour introduire à la philosophie analytique du langage ) du philosophe allemand Ernst Tugendhat, parues en 1976, qui n'ont pour l'instant bénéficié d'aucune traduction française. Elles constituent pourtant, au sein de l'?uvre de Tugendhat, une pièce centrale si l'on veut acquérir une intelligibilité des rapports qu'" entretient sa pensée avec celle de Husserl " et, plus généralement, pour penser rigoureusement l'articulation entre la philosophie analytique du langage et la doctrine déployée dans les Recherches logiques. En particulier, Tugendhat entreprend dans les Leçons n° 9 et 10 une reductio ad absurdum du projet phénoménologique dans son ensemble à partir des insuffisances ou, selon ses propres termes, de " l'échec " de la sémantique de Husserl. En concevant la signification de toute expression comme ce qui permet à une conscience de se rapporter à des objets - qu'ils soient simples ou complexes, sensibles ou idéaux -, non seulement Husserl aurait succombé à une conception trop étroite de la signification, méconnaissant la variété des règles d'emploi des expressions dans le langage ; mais il aurait en outre abouti à une conception incohérente. Sans nier les limites de la sémantique husserlienne, l'article de Claude Romano intitulé " Tugendhat, Husserl et l'objectivisme sémantique " s'efforce de montrer que l'incohérence alléguée par Tugendhat n'existe pas, et que, loin de rendre plausible le tournant analytique, son argumentation en présuppose la validité - reposant ainsi, en dernière instance, sur une pétition de principe. Enfin, dans " Le lieu et l'exil ", Vincent Giraud déploie une méditation phénoménologique originale sur le lieu, nourrie de références littéraires à Flaubert, Proust, St-John Perse et Bonnefoy - question qui, loin de se réduire à un thème régional, engage la teneur même de l'être-au-monde. Il ne s'agit pas d'y démontrer l'irréductibilité ni l'irreconductibilité du lieu à l'espace, thèse constamment présente dans l'?uvre du premier, et surtout du second Heidegger -, mais d'interroger la production même du lieu et la nature de ce qui préside à son émergence, et ce à travers la considération des figures d'existence que constituent la vie décentrée, le lieu subi ou élu, et enfin l'acte humain d'habiter. Dans le sillage de Levinas, l'ambition de l'auteur est de dégager l'exigence et l'essence du lieu à partir d'un exil radical censé déterminer le sujet en son fond même, par opposition à toute pensée du sujet à partir de la centration ou de la présence à soi.
Calori François ; Foessel Michaël ; Pradelle Domin
Kant n'a pas écrit une, mais au moins trois "esthétiques - : l'Esthétique transcendantale, qui fixe le statut de l'espace et du temps dans la connaissance des phénomènes, une théorie du respect comme sentiment moral, qui décrit l'articulation entre l'affectivité sensible et la loi de la raison pratique, et une critique du goût, par laquelle Kant retrouve le sens moderne du terme esthétique (théorie du beau). Quel est le lien entre ces acceptions ? Existe-t-il une ou plusieurs conceptions kantiennes de la sensibilité ? Qu'est-ce que le "sujet sensible - s'il doit à la fois recevoir les phénomènes, être affecté par la loi morale et capable de juger de la beauté du monde ? Ce volume répond à ces questions en réunissant les contributions de spécialistes de la critique kantienne et de l'esthétique philosophique. Les esthétiques kantiennes y sont confrontées aux doctrines classiques de la sensibilité, d'Aristote à Wolff, en passant par Leibniz et Locke, puis interrogées quant à leur postérité, de l'idéalisme allemand à la phénoménologie. On interroge la cohérence entre les trois Critiques au fil conducteur de la question de la sensibilité, l'invention d'une sensibilité transcendantale marquant une rupture par rapport à la tradition métaphysique et à l'empirisme. Peut-être comprendra-t-on alors comment un rationalisme conséquent a également pu se présenter comme une "apologie de la sensibilité ".
Résumé : Venez à la rencontre de ces nouveaux amigurumis et découvrez l'histoire de chacun d'entre eux : Norman le lapin rêveur qui s'évade dans la lecture, les grands voyageurs Lenny le castor et Ernest le poulpe, Sandra le flamant rose hôtesse de l'air ou encore Brando le petit paresseux qui se prélasse dans son hamac.Apprenez à crocheter ces 15 petits animaux totalement craquants grâce aux tutos détaillés de ce livre ! Avec les explications des points de base.
Résumé : De propos épicés en défis étonnants, d'allusions coquines en paris stupides, sept copines décident un soir de créer un groupe Whatsapp pour partager leurs aventures sur les sites de rencontres. Pendant quatre ans, Laëtitia la raisonnable, Virginie la délurée, Emmanuelle l'intègre, Audrey la réservée, Sophie l'audacieuse, Jeanne l'altruiste et Elsa la pragmatique, se réunissent et échangent sur leurs espoirs, leurs succès et leurs désillusions. Avec humour et bienveillance, elles nous livrent leurs anecdotes véridiques, drôles, cocasses ou surréalistes,... Si parfois elles rient jaune, s'amuser de leurs histoires rocambolesques leur permet de dédramatiser leurs échecs et de poursuivre leur recherche du grand amour.
En 1976, mon père a rouvert la maison qu?il avait reçue de sa mère, restée fermée pendant vingt ans.À l?intérieur : un piano, une commode au marbre ébréché, une Légion d?honneur, des photographies sur lesquelles un visage a été découpé aux ciseaux.Une maison peuplée de récits, où se croisent deux guerres mondiales, la vie rurale de la première moitié du vingtième siècle, mais aussi Marguerite, ma grand-mère, sa mère Marie-Ernestine, la mère de celle-ci, et tous les hommes qui ont gravité autour d?elles.Toutes et tous ont marqué la maison et ont été progressivement effacés. J?ai tenté de les ramener à la lumière pour comprendre ce qui a pu être leur histoire, et son ombre portée sur la nôtre.4e de couverture : En 1976, mon père a rouvert la maison qu?il avait reçue de sa mère, restée fermée pendant vingt ans.À l?intérieur : un piano, une commode au marbre ébréché, une Légion d?honneur, des photographies sur lesquelles un visage a été découpé aux ciseaux.Une maison peuplée de récits, où se croisent deux guerres mondiales, la vie rurale de la première moitié du vingtième siècle, mais aussi Marguerite, ma grand-mère, sa mère Marie-Ernestine, la mère de celle-ci, et tous les hommes qui ont gravité autour d?elles.Toutes et tous ont marqué la maison et ont été progressivement effacés. J?ai tenté de les ramener à la lumière pour comprendre ce qui a pu être leur histoire, et son ombre portée sur la nôtre.
Il est impossible de croire sérieusement, comme les deux héros du célèbre film d'Hitchcock Fenêtre sur cour, que leur voisin aurait tué sa femme, puis l'aurait découpée en morceaux devant les fenêtres ouvertes d'une trentaine d'appartements. Mais leur délire d'interprétation n'a pas pour seule conséquence de conduire à accuser un innocent. Il détourne l'attention d'un autre meurtre - bien réel celui-là - qui est commis devant les spectateurs à leur insu et mérite l'ouverture d'une enquête. "La démonstration séduit par son intelligence, la logique de son argumentation et une pointe d'humour fort plaisante". Emmanuelle Giuliani, La Croix "Un récit haletant, fougueux et d'une drôlerie intrinsèque, qui se dévore comme un bon polar". Gérard Lefort, Les Inrockuptibles Hitchcock s'est trompé s'inscrit dans un cycle qui comprend Qui a tué Roger Ackroyd ? , Enquête sur Hamlet, L'Affaire du chien des Baskerville, La Vérité sur "Ils étaient dix" et Odipe n'est pas coupable. Ces ouvrages de "critique policière" visent à résoudre des énigmes criminelles tout en menant une réflexion sur la littérature et l'art.
Je vous prie de me faire la faveur de publier Le Verdict en un petit volume autonome. Le Verdict, auquel je tiens tout particulièrement, est certes très court, mais il relève plus du poème que du récit, il a besoin d'espace dégagé autour de lui et il ne serait pas indigne qu'il l'obtienne". Franz Kafka Lettre à son éditeur Ecrit d'une seule traite dans la nuit du 22 au 23 septembre 1912, Le Verdict est le texte fondateur de Kafka. Jean-Philippe Toussaint en propose ici une nouvelle traduction.
Le temps d'un séjour de quelques semaines dans sa maison d'enfance, la narratrice raconte ses retrouvailles avec sa famille, où, depuis trois générations, hommes et femmes ont choisi le métier de pasteur. Mais quand elle arrive, quelque chose de cet ordre ancien s'est profondément déréglé. De ses proches, elle raconte les rires, les chutes, les chants. De toutes ses forces, elle les soutient, quand leur vie ne semble plus tenir qu'à un fil.
La tradition veut que l'acte de philosopher soit comparé à la vision. Or Aristote dit deux choses qui sont trop négligées : premièrement, que voir, c'est non seulement saisir le visible, mais aussi, paradoxalement, l'invisible, le non-visible ; deuxièmement, que voir, c'est voir des couleurs, de jour mais aussi de nuit, le phosphorescent. Dès lors quelles sont les implications pour la philosophie ? Que veut dire philosopher si c'est appréhender ce qu'on ne voit pas, ce qu'on ne peut voir, ou bien ce qui, dans le noir, luit ?
Résumé : Que cherchons-nous vraiment lorsque nous cherchons l'amour ? L'école, le travail, à quoi ça sert, finalement ? La liberté d'expression et le droit à "rire de tout" sont-ils des menaces ? Faut-il avoir peur de la mort ou pourrons-nous bientôt télé-charger notre conscience dans le cloud - à moins que l'IA n'en vienne à nous remplacer ? Dans un monde où l'avenir est plus que jamais incertain, la quête de sens nous confronte à des thèmes fondamentaux. De la même façon qu'il a su rendre la philosophie accessible à tous, Lev Fraenckel, alias "Serial Thinker ", expose avec acuité ces enjeux intemporels. Convoquant tour à tour des figures majeures de la philosophie - Aristote, Nietzsche, Marx... - et des références culturelles contemporaines, il plonge au coeur de nos contradictions et éclaire nos choix, nos croyances et nos désirs. Une ode à la philosophie en tant que cheminement, un appel à l'éveil et au discernement à une époque où les réponses toutes faites masquent l'immense liberté qui s'offre à chacun de nous.
Rien de plus fragile que la faculté humaine d'admettre la réalité, d'accepter sans réserves l'impérieuse prérogative du réel. Cette faculté se trouve si souvent prise en défaut qu'il semble raisonnable d'imaginer qu'elle n'implique pas la reconnaissance d'un droit imprescriptible - celui du réel à être perçu - mais figure plutôt une sorte de tolérance, conditionnelle et provisoire. Le réel n'est généralement admis que sous certaines conditions et seulement jusqu'à un certain point : s'il abuse et se montre déplaisant, la tolérance est suspendue. Un arrêt de perception met alors la conscience à l'abri de tout spectacle indésirable. Quant au réel, s'il insiste et tient absolument à être perçu, il pourra toujours aller se faire voir ailleurs.Cet essai vise à illustrer le lien entre l'illusion et le double, à montrer que la structure fondamentale de l'illusion n'est autre que la structure paradoxale du double. Paradoxale, car la notion de double implique en elle-même un paradoxe : d'être à la fois elle-même et l'autre.
Ce livre réconcilie avec la base de la philosophie, et ça fait du bien. Loin d'être d'abord conçue comme de l'exégèse pointue, la philosophie existe parce qu'on l'a inventée pour répondre à des questions vitales. Parmi celles-ci : comment guérir de l'épreuve douloureuse d'exister, puisque vivre, tout simplement, ne va pas de soi ? Les philosophes, à travers l'histoire, ont apporté leurs réponses. La philosophie, dans ce livre, devient un guide de conduite formidable pour se réconcilier avec la vie.