Du récit au rituel par la forme esthétique. Poèmes, images et pragmatique cultuelle en Grèce ancienn
Calame Claude ; Ellinger Pierre
BELLES LETTRES
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EAN :9782251446158
Les mythes en général et les mythes grecs en particulier n'ont d'existence que dans les différentes formes poétiques et iconographiques qui les adressent à un public particulier ; elles actualisent ces récits pour des circonstances sociales, rituelles et culturelles singulières. Conçues dès l'Antiquité comme les produits de techniques artisanales, ces formes confèrent aux récits que nous plaçons sous l'étiquette du "mythe" une dimension pragmatique. Avec son efficacité d'ordre à la fois esthétique et politique, cette poétique inscrit ces récits en des mémoires culturelles dynamiques, variant d'une cité à l'autre. En régime polythéiste, ces récits poétiques, relatifs au passé héroïque de la communauté, sont souvent associés à des fondations de culte et à des rituels auxquels ils servent d'aition ; ils légitiment ainsi une histoire et des institutions politiques. Par les techniques intellectuelles de poètes considérés comme des sophoi, par le biais de différentes formes de performance poétique (figurées et discursives), par la pragmatique de formes esthétiques qui les constituent en univers de croyance et en mémoire collective, par les pratiques rituelles dont leur énonciation fait partie, les mythes grecs définissent des identités politiques et religieuses amenées à changer suivant la conjoncture historique. En France en particulier, l'approche des mythes grecs a été fortement marquée par le structuralisme. Sous l'influence de la linguistique, on a été d'une part sensible à la syntaxe de récits qui sont relatifs au passé héroïque de la communauté ; on en a ainsi offert une série d'analyses narratologiques. D'autre part, dans la dimension sémantique, on a souvent réduit leurs univers de représentations culturelle à des oppositions binaires (le crû/le cuit, le même/l'autre, le masculin/le féminin). Il s'agit désormais de replacer ces formes narratives dans un contexte d'énonciation qui correspond à des performances ritualisées. Seule la prise en compte de la forte dimension pragmatique qui découle de leur forme poétique est en mesure d'en faire apparaître les effets de sens dans un contexte rituel et culturel requérant une approche d'ordre anthropologique.
Nombre de pages
342
Date de parution
09/01/2017
Poids
460g
Largeur
150mm
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EAN
9782251446158
Titre
Du récit au rituel par la forme esthétique. Poèmes, images et pragmatique cultuelle en Grèce ancienn
Auteur
Calame Claude ; Ellinger Pierre
Editeur
BELLES LETTRES
Largeur
150
Poids
460
Date de parution
20170109
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342,00 €
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Déméter, Bellérophon, Oreste, Io, Thésée, Héraclès, Prométhée, Tirésias, Hippolyte, la belle Hélène de Troie... Tous, nous croyons connaître la mythologie grecque car nous en gardons le souvenir de personnages dont les traits et gestes seraient fixés pour l'éternité. Or, montre Claude Calame, rien n'est plus instable et variable que le mythe, sans cesse récrit selon des époques précises, des auteurs singuliers, des fins spécifiques - morales, culturelles ou politiques. Au commencement, il y a toujours un récit intriqué dans sa forme d'énonciation qui lui donne tout son sens. On ne saurait donc dissocier dans le mythe le récit de la source qui le narre : la constitution indigène d'une mythologie (Homère, Hésiode, Orphée) ; les usages qu'en font la poésie chantée (Pindare), la pédagogie (sophistes, rhéteurs), la dramatisation théâtrale (poètes tragiques), voire l'historiographie (Hérodote, Thucydide) et l'iconographie. Claude Calame nous invite, à partir des formes choisies par les poètes, les artistes ou les philosophes, à comprendre ce qu'est l'art du mythe, ses contraintes et ses règles.
Cyrène au ciel percé, Cyrène et ses trois récoltes annuelles de fruits, Cyrène nourricière de troupeaux en ses riches pâturages. Poètes et historiographes ont rivalisé d'invention pour faire de la fertile et prospère colonie grecque de Libye une terre de l'Age d'or. Mais Cyrène, c'est aussi le nom de la jeune nymphe tueuse de lions qu'Apollon, amoureux, emmène de Thessalie en Libye pour s'unir à elle sur le site de la future cité grecque, autour de l'eau jaillissante qui porte le même nom. C'est encore une terre lointaine qu'il faut ancrer au continent par un autre récit métaphorique, animé par les Argonautes. C'est enfin ce territoire civique dont le balbutiant Battos, conduit par la voix oraculaire d'Apollon Pythien, trace le plan en forme de nef, pour être héroïsé à sa poupe. Dans plusieurs entrelacs narratifs et métaphoriques d'une extraordinaire richesse les Grecs ont tissé la mémoire poétique d'un acte de fondation essentiel, consacré par un culte héroïque. Au gré des circonstances historiques, selon les occasions rituelles, en relation avec les genres qui les portent à leur public, ces différentes configurations du temps, de l'espace et de l'événement ne cessent de se métamorphoser. Mythe, légende, conte ou histoire ? L'occasion est trop belle pour ne pas montrer qu'en dépit de sa dénomination hellène, le mythe n'est pas une catégorie indigène. Pour les Grecs, les récits de fondation font partie de cette "archéologie" qui soumet l'histoire des temps anciens à la spéculation symbolique pour l'offrir à la communauté de croyance qui l'entretient sous une forme en général rituelle, avec une efficacité politique et religieuse renouvelée. Telle est la double visée de ce double essai : tenter une critique du concept moderne de mythe tout en restituant dans leur profondeur sémantique, et avec leurs fonctions poétiques et sociales, les créations fictionnelles suscitées par les relations mémorielles des Grecs avec le passé de la plus "mythique" de leurs colonies.
Qu'est-ce qu'un auteur clans la littérature grecque antique ? Le présent ouvrage propose une série d'incursions dans des manifestations de l'art du poieîn tel qu'il est pratiqué par les artisans grecs de la parole poétique. Il s'agit d'un ensemble de lectures qui se veulent sensibles aux aspects énonciatifs, sémantiques et pragmatiques de quelques-uns parmi les grands textes poétiques qui ont marqué notre histoire de la littérature hellène. Ces lectures tendent à saisir ce qui se donne dans un premier temps comme simple instance d'auteur : position dans le discours, profil énonciatif, épaisseur sémantique, effets pratiques sur le public. Les marques discursives de l'auteur, les masques et simulacres d'auteur que présente en Grèce antique toute manifestation textuelle renvoient par des moyens poétiques à une autorité polymorphe, distincte de l'auteur biographique : elles dépendent de formes et de genres littéraires particuliers : elles renvoient à des circonstances de communication et à des fonctions sociales spécifiques. Il s'agit donc de saisir en acte quelques-uns des aspects fondamentaux de différentes formes poétiques et littéraires grecques à fonction pratique, à l'exemple d'un Hymne homérique, des Travaux d'Hésiode, d'un poème de Sappho, d'un bref poème épigraphique. d'une tragédie de Sophocle, des comédies d'Aristophane, d'une théogonie orphique et de son commentaire, d'un traité hippocratique, de l'un des Hymnes de Callimaque ; et d'une Idylle de Théocrite.
Des jeunes filles chantent en ch?ur le désir homoérotique que leur inspire leur chorège tout en disant leur relation rituelle avec une déesse, incarnation de la beauté féminine. Les mots chantés sur un pas de danse chorale ont été composés par un poète masculin au service de la cité de Sparte, pourtant célèbre pour sa culture militaire masculine. À l'exemple des poèmes dits parthénées du poète Alcman, on s'interroge successivement sur les formes poétiques et rituelles assumées par une sexualité dépassant l'opposition moderne entre hétéro- et homosexualité, sur les rapports sociaux et religieux de sexe que ces performances poétiques mettent en jeu, sur la culture musicale du chant qu'elles impliquent avec ses formes institutionnelles, sur des pratiques rituelles adossées aux récits héroïques fondateurs de la cité, sur les qualités et fonctions des divinités auxquelles sont destinées ces célébrations politiques et religieuses de l'adolescence féminine : Artémis, Apollon, Héra, Aphrodite et, à Sparte, Hélène.En combinaison avec une perspective d'histoire des religions en régime polythéiste, l'approche offerte par l'anthropologie culturelle et sociale invite à aborder la fonction sociale autant de ces performances musicales que des relations sexuelles impliquées. La comparaison anthropologique avec les processus rituels de l'initiation tribale permet de saisir le sens esthétique et politique de l'éducation chorale et rituelle des jeunes filles en Grèce ancienne ; ce processus éducatif à caractère initiatique les prépare aux rôles différenciés de sexe et aux statuts sociaux qu'elles assument en tant qu'adultes.
Les Belles Lettres regroupent dans ce somptueux coffret réalisé par Benjamin Van Blancke les deux volumes d'Isaac Asimov consacrés à l'histoire romaine, de sa fondation à sa chute. C'est sa fascination pour l'histoire du grand Empire romain qui inspira Asimov pour construire son Empire galactique dans le Cycle de Fondation, oeuvre qui s'est rapidement imposée comme un classique et comme une référence de la littérature de science-fiction. Dans La République romaine, Asimov retrace l'épopée d'une petite tribu qui a bâti en l'espace de 500 ans, grâce à son audace et à son ingéniosité, l'une des civilisations les plus brillantes de l'histoire : Rome. De la fondation légendaire par Romulus à l'avènement d'Auguste, Asimov dresse, grâce à sa maîtrise parfaite de la narration, un tableau limpide de cette époque fascinante. Chaque chapitre s'ouvre sur l'une des superbes illustrations de Benjamin Van Blancke, et immerge tout entier le lecteur dans cette « suite extraordinaire de triomphes et de désastres, de faits de bravoure au combat et de bêtise dans la paix, d'intrigues sordides et d'idéalisme glorieux » (Isaac Asimov). Dans le second et dernier volume consacré à l'histoire romaine, Isaac Asimov guide ses lecteurs à travers les quatre siècles durant lesquels Rome assura son hégémonie sur le monde occidental, apportant la paix à une centaine de millions de personnes. L'Empire romain reprend le récit là où La République romaine l'avait laissé, à l'avènement d'Auguste et au début du principat, et couvre toutes les lignées d'empereurs jusqu'aux royaumes germaniques et à la victoire de Clovis à Soissons, qui marque la fin de la tradition romaine, 1239 ans après la fondation de la Ville par Romulus. Se plaçant en chroniqueur lucide, Asimov, au moyen d'anecdotes savoureuses et d'apartés, relie la « grande » histoire, celle des batailles et des dirigeants, à la « petite », celle du quotidien et des masses anonymes. Ce volume est, comme le précédent, illustré par les majestueux dessins de Benjamin Van Blancke.
Pendant une douzaine d'années, Jean-Pierre Otte s'est attaché à rassembler les mythes premiers du cercle Arctique, des deux Amériques, de l'Afrique noire, de l'Océanie et de l'Australie de l'"Ere du rêve". Ces mythes de création qui, dans le recours à l'imaginaire, demandent à la vie le secret de ses origines, étaient peu connus, dispersés ou fragmentaires, souvent jamais traduits de la langue dois laquelle les grands voyageurs et les premiers ethnographes les rapportèrent. Dans un second temps - et cette démarche fera date -, Jean-Pierre Otte s'est efforcé d'amener ces grands récits de la tradition orale à l'existence écrite. Son travail dans la rigueur n'en est pas moins une transposition poétique, aussi vivante et passionnée que possible. Il s'agissait d'amplifier le sens, d'exalter les couleurs, d'accentuer les contrastes, et de mettre en évidence, sans le dénaturer, le contenu philosophique, métaphysique, religieux, amoureux ou moral des mythes du commencement. Rendus magnifiquement, ces matins du monde ont été choisis pour être représentatifs des grands courants cosmogoniques, lesquels ne sont peut-être, malgré leurs différences, ou plutôt grâce à elles, que la diversité fabuleuse et fertile d'une unité foncière inscrite au plus profond de la mémoire du monde et de la nôtre.
Comnène Anne ; Frankopan Peter ; Leib Bernard ; Ki
Non, je n'écris pas cela par complaisance pour mon père. Je l'affirme, toutes les fois que je vois mon père se tromper, et je m'attache à la vérité. XIV, 7, 3
Revue de presse Ouvrage remarquable par sa clarté et son esprit de synthèse. Amplement documenté, précis et son propos est élevé. --Le Figaro LittéraireCes six cents pages, denses mais vivantes, surprenantes parfois, qui poussent à la réflexion et où chacun aiguisera cette qualité dont les anciens se méfiaient souvent : la curiositas. --Le Figaro HistoireAu terme de quinze ans de travail, Michel de Jaeghere publie le fruit de sa réflexion dans un grand livre. --Le Figaro Magazine