Avenir de la planète et urgence climatique. Au-delà de l'opposition nature/culture
Calame Claude
NOUVELLES LIGNE
14,00 €
Sur commande en 4-6 jours
EAN :9782355261527
C'est au XVIIe siècle, notamment avec Descartes, que naît le concept moderne de " nature " : une nature-objet soumise à la raison de l'homme. Une tradition tenace, européo-centrée, fait remonter l'idée de " nature ", comme domaine à exploiter, au concept grec ancien de phusis. Dans cette mesure, elle l'oppose à l'idée de " culture ". Qu'en est-il au juste ? La question est stratégique au moment où l'urgence climatique exige de s'interroger sur l'impact des activités humaines sur une nature désormais envisagée comme éco-système. Quelles causes ? quelles conséquences ? quelle alternative ? Qui dit culture grecque, dit culture éloignée, dans le temps et dans l'espace. Sans doute la différence culturelle exige-t-elle une approche anthropologique. Or une anthropologie des conceptions grecques antiques implique une approche critique de catégories historiques, dans leurs définitions indigènes. Mais, dans cette mise à distance, elle exige aussi un retour réflexif, par le regard oblique qu'elle induit, sur nos propres concepts. La phusis grecque donc, parfois opposée au nomos (la coutume des hommes), non seulement pour repenser l'opposition moderne entre " nature " et " culture " ; mais la phusis grecque surtout pour critiquer le paradigme qui est le nôtre, dans ses effets pratiques. Il s'avère en effet que l'idée de domination et d'exploitation de ce que nous avons constitué en nature est au coeur du modèle idéologique, économique et financier imposé par le capitalisme néolibéral qui désormais façonne et détruit aussi bien le monde des hommes que leur environnement. Concept grec de " nature " entendue comme processus dynamique de développement d'un organisme ou du cosmos, et arts techniques que le héros Prométhée mis en scène par Eschyle propose aux hommes mortels pour animer leurs relations signifiantes avec leur environnement - cette double référence à la Grèce classique permet un retour réflexif sur la " nature " et la " culture " modernes. De manière sans doute inattendue, deux savoirs contemporains, développés en technologies de pointe, peuvent y collaborer : d'une part le génie génétique, d'autre part les sciences neuronales. En effet fondés sur plasticité et interaction, les principes épistémologiques à la base de ces deux savoirs permettent, en relation avec les principes interprétatifs fondant les techniques prométhéennes, de revisiter l'opposition devenue dangereusement traditionnelle : non plus la culture face à la nature, mais les relations interactives des communautés des hommes avec leurs milieux. Loin de constituer une nature objective qui peut être dominée par l'homme, l'environnement s'avère aussi indispensable à l'homme qu'il est configuré par lui. A ce titre, constitué en milieu, l'environnement ne saurait être réduit à une nature dont l'homme pourrait utiliser les " ressources " pour un profit individuel devenu profit principalement matériel et financier. C'est dès lors le principe du productivisme et du profit fondant l'économie capitaliste qui s'effondre. A moins de conséquences destructrices aussi bien sur le climat que sur les populations les plus dépourvues, ni l'homme ni son environnement ne peuvent être envisagés en termes de ressources à exploiter. Il n'y a pas, d'un côté, une nature soumise passivement à la raison humaine et, de l'autre, une culture des hommes susceptibles, par leurs arts techniques, de tirer profit de cette nature inerte. A l'âge de l'anthropocène, les indispensables rapports des hommes avec leur environnement sont donc à concevoir non pas en termes de relations avec un écosystème divinisé en Terre, mais comme interaction sociale avec des écologies modelées par les pratiques techniques et sémiotiques des hommes. Aussi bien l'urgence climatique que le caractère limité de ressources qui n'ont rien de " naturel " exigent la transition vers un écosocialisme altermondialiste. Ce passage exige de rompre avec un capitalisme destructeur d'hommes et d'environnements, en rétablissant, dans un sens anthropo-poiétique et éco-poiétique, l'interaction entre les sociétés des hommes et leurs milieux. Il en va de la survie des uns et des autres. En somme, la nature ne peut être que culture.
Nombre de pages
127
Date de parution
13/01/2016
Poids
150g
Largeur
130mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782355261527
Titre
Avenir de la planète et urgence climatique. Au-delà de l'opposition nature/culture
Auteur
Calame Claude
Editeur
NOUVELLES LIGNE
Largeur
130
Poids
150
Date de parution
20160113
Nombre de pages
127,00 €
Disponibilité
Sur commande en 4-6 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Déméter, Bellérophon, Oreste, Io, Thésée, Héraclès, Prométhée, Tirésias, Hippolyte, la belle Hélène de Troie... Tous, nous croyons connaître la mythologie grecque car nous en gardons le souvenir de personnages dont les traits et gestes seraient fixés pour l'éternité. Or, montre Claude Calame, rien n'est plus instable et variable que le mythe, sans cesse récrit selon des époques précises, des auteurs singuliers, des fins spécifiques - morales, culturelles ou politiques. Au commencement, il y a toujours un récit intriqué dans sa forme d'énonciation qui lui donne tout son sens. On ne saurait donc dissocier dans le mythe le récit de la source qui le narre : la constitution indigène d'une mythologie (Homère, Hésiode, Orphée) ; les usages qu'en font la poésie chantée (Pindare), la pédagogie (sophistes, rhéteurs), la dramatisation théâtrale (poètes tragiques), voire l'historiographie (Hérodote, Thucydide) et l'iconographie. Claude Calame nous invite, à partir des formes choisies par les poètes, les artistes ou les philosophes, à comprendre ce qu'est l'art du mythe, ses contraintes et ses règles.
Cyrène au ciel percé, Cyrène et ses trois récoltes annuelles de fruits, Cyrène nourricière de troupeaux en ses riches pâturages. Poètes et historiographes ont rivalisé d'invention pour faire de la fertile et prospère colonie grecque de Libye une terre de l'Age d'or. Mais Cyrène, c'est aussi le nom de la jeune nymphe tueuse de lions qu'Apollon, amoureux, emmène de Thessalie en Libye pour s'unir à elle sur le site de la future cité grecque, autour de l'eau jaillissante qui porte le même nom. C'est encore une terre lointaine qu'il faut ancrer au continent par un autre récit métaphorique, animé par les Argonautes. C'est enfin ce territoire civique dont le balbutiant Battos, conduit par la voix oraculaire d'Apollon Pythien, trace le plan en forme de nef, pour être héroïsé à sa poupe. Dans plusieurs entrelacs narratifs et métaphoriques d'une extraordinaire richesse les Grecs ont tissé la mémoire poétique d'un acte de fondation essentiel, consacré par un culte héroïque. Au gré des circonstances historiques, selon les occasions rituelles, en relation avec les genres qui les portent à leur public, ces différentes configurations du temps, de l'espace et de l'événement ne cessent de se métamorphoser. Mythe, légende, conte ou histoire ? L'occasion est trop belle pour ne pas montrer qu'en dépit de sa dénomination hellène, le mythe n'est pas une catégorie indigène. Pour les Grecs, les récits de fondation font partie de cette "archéologie" qui soumet l'histoire des temps anciens à la spéculation symbolique pour l'offrir à la communauté de croyance qui l'entretient sous une forme en général rituelle, avec une efficacité politique et religieuse renouvelée. Telle est la double visée de ce double essai : tenter une critique du concept moderne de mythe tout en restituant dans leur profondeur sémantique, et avec leurs fonctions poétiques et sociales, les créations fictionnelles suscitées par les relations mémorielles des Grecs avec le passé de la plus "mythique" de leurs colonies.
Qu'est-ce qu'un auteur clans la littérature grecque antique ? Le présent ouvrage propose une série d'incursions dans des manifestations de l'art du poieîn tel qu'il est pratiqué par les artisans grecs de la parole poétique. Il s'agit d'un ensemble de lectures qui se veulent sensibles aux aspects énonciatifs, sémantiques et pragmatiques de quelques-uns parmi les grands textes poétiques qui ont marqué notre histoire de la littérature hellène. Ces lectures tendent à saisir ce qui se donne dans un premier temps comme simple instance d'auteur : position dans le discours, profil énonciatif, épaisseur sémantique, effets pratiques sur le public. Les marques discursives de l'auteur, les masques et simulacres d'auteur que présente en Grèce antique toute manifestation textuelle renvoient par des moyens poétiques à une autorité polymorphe, distincte de l'auteur biographique : elles dépendent de formes et de genres littéraires particuliers : elles renvoient à des circonstances de communication et à des fonctions sociales spécifiques. Il s'agit donc de saisir en acte quelques-uns des aspects fondamentaux de différentes formes poétiques et littéraires grecques à fonction pratique, à l'exemple d'un Hymne homérique, des Travaux d'Hésiode, d'un poème de Sappho, d'un bref poème épigraphique. d'une tragédie de Sophocle, des comédies d'Aristophane, d'une théogonie orphique et de son commentaire, d'un traité hippocratique, de l'un des Hymnes de Callimaque ; et d'une Idylle de Théocrite.
Des jeunes filles chantent en ch?ur le désir homoérotique que leur inspire leur chorège tout en disant leur relation rituelle avec une déesse, incarnation de la beauté féminine. Les mots chantés sur un pas de danse chorale ont été composés par un poète masculin au service de la cité de Sparte, pourtant célèbre pour sa culture militaire masculine. À l'exemple des poèmes dits parthénées du poète Alcman, on s'interroge successivement sur les formes poétiques et rituelles assumées par une sexualité dépassant l'opposition moderne entre hétéro- et homosexualité, sur les rapports sociaux et religieux de sexe que ces performances poétiques mettent en jeu, sur la culture musicale du chant qu'elles impliquent avec ses formes institutionnelles, sur des pratiques rituelles adossées aux récits héroïques fondateurs de la cité, sur les qualités et fonctions des divinités auxquelles sont destinées ces célébrations politiques et religieuses de l'adolescence féminine : Artémis, Apollon, Héra, Aphrodite et, à Sparte, Hélène.En combinaison avec une perspective d'histoire des religions en régime polythéiste, l'approche offerte par l'anthropologie culturelle et sociale invite à aborder la fonction sociale autant de ces performances musicales que des relations sexuelles impliquées. La comparaison anthropologique avec les processus rituels de l'initiation tribale permet de saisir le sens esthétique et politique de l'éducation chorale et rituelle des jeunes filles en Grèce ancienne ; ce processus éducatif à caractère initiatique les prépare aux rôles différenciés de sexe et aux statuts sociaux qu'elles assument en tant qu'adultes.
La singularité du crime nazi dans l'Histoire est aujourd'hui connue sous le nom d' " Auschwitz ". Mais qu'en est-il exactement de cette singularité, qu'en est-il de la pensée de cette singularité ? Le propos de cet ouvrage est d'interroger des textes théoriques contemporains - philosophiques (Philippe Lacoue-Labarthe et Alain Badiou, mais aussi Martin Heidegger et Hannah Arendt), mathématiques (Jean-Yves Girard), psychanalytiques (Daniel Sibony), idéologiques ou antiphilosophiques (Eric Marty, Alain Finkielkraut, Jean-Claude Milner) - dans lesquels est abordée la question de la singularité d' " Auschwitz ".
La deuxième conférence internationale sur le sens et l'usage du mot " communisme ", organisée à l'initiative d'Alain Badiou et de Slavoj Zizek, s'est tenue à la Volksbühne de Berlin au mois de mars 2010.Après le succès de la conférence inaugurale de Londres, l'année précédente, il s'agissait cette fois d'ouvrir les débats à l'expérience et à la réflexion de philosophes venus d'autres régions du monde, et en particulier des pays de l'ancien bloc soviétique. Leur apport à la définition d'une idée renouvelée du communisme contribue ici de façon déterminante à ce que ce mot retrouve sa place et son aura dans les débats philosophiques qui touchent au problème de l'émancipation. " On le verra, toutes les interventions sont tendues entre deux périls. Le premier est qu'au nom de ce qu'a comporté de Terreur la figure des Etats qui s'en sont réclamé au XXe siècle, on finisse par ne réhabiliter le mot "communisme" qu'au prix d'une idéalisation totale de sa signification, éloignée de tout principe de réalité [ ... ]. Le second est qu'au nom des réalités politiques et économiques contemporaines [...], on finisse par faire du mot "communisme" l'index noble d'un opportunisme activiste ".
Si "barbare" est le nom d'une force envahissante, catastrophique, capable de faire razzia sur tout ce qui se présente sur son passage, alors le déploiement des capacités de production que le capitalisme opère en faisant du profit la règle de ses agissements est barbare. Il l'est parce que, s'étendant, il atteint et occupe le tout du monde, non seulement les espaces et les paysages, mais encore les pensées, le langage, les significations, bref la psychè, qu'elle soit individuelle ou collective. Félix Guattari proposa en son temps de lui opposer non pas exactement une écologie, mais une écosophie. Cette écosophie d'une part élargit la notion d'environnement, d'autre part fait valoir celle de mutation. Tel est encore l'enjeu : non pas se replier sur des formes de vie plus ou moins datées, non pas soutenir l'imaginaire d'une proximité avec une nature plus ou moins mythifiée, mais essayer des agencements. Ces mutations ne sont pas imposantes. Elles sont d'abord des essais mineurs. Pour les repérer et les penser, il faut changer l'échelle du regard et le registre des paroles. Dans les années trente du XXe siècle, un autre penseur, Walter Benjamin, considérant que la catastrophe n'était pas à venir mais déjà là, posait que "la tâche" , comme il disait, n'était pas de sauver un monde paradoxal puisqu'à la fois surabondamment muni, empli de productions de toutes sortes et pour cette raison même consommé et dévasté, oublié même comme monde. Elle impliquait qu'on accepte de faire le vide dans une époque où l'information avait remplacé l'expérience. Ce n'était ni pour aller dans le sens de cet "effroyable déploiement de la technique" qui avait "plongé les hommes dans une pauvreté tout à fait nouvelle" , ni, à l'inverse, pour restaurer ou rétablir un monde dont les conditions n'étaient plus réunies, mais pour faire valoir la décence du peu, "voir partout des chemins" , "déblayer" pour rendre ces chemins accessibles et "se mettre à leur croisée" . Ainsi ne s'agissait-il pas de dresser des murs ni des défenses supplémentaires. De même aujourd'hui, la question n'est pas que nous trouvions des munitions mais des ressources, c'est-à-dire à nouveau des sources, dont, quel que soit leur lieu, nous pourrions nous nourrir à moindres frais et dégâts et comparaître ainsi dans un espace peu à peu libéré de la domination.
André Gorz a traversé la seconde moitié du 20e siècle en témoin lucide de ses mutations économiques et sociales. Disparu l'automne 2007, il a laissé une oeuvre critique exigeante qui n'est réductible à aucun des courants poli-tiques constitués. Ses prises de position en faveur de la sortie progressive du capitalisme se fondent sur une proposition autogestionnaire très argumentée et s'articulent avec son souci précoce pour les enjeux écologiques. Car, affirmait-il, "c'est par la critique du modèle de consommation opulent que je suis devenu écologiste avant la lettre". Le socialisme qu'André Gorz appelle de ses v?ux est celui qui saura faire face à l'urgence des enjeux sociaux, économiques et écologiques inédits auxquels le monde est aujourd'hui confronté. Le présent ouvrage, conçu comme un hommage, est également le premier à proposer un regard sur l'existence et l'?uvre entières d'André Gorz.