La société des voleurs. Propriété et socialisme sous Staline
Cadiot Juliette
EHESS
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EAN :9782713228858
En 1932 puis en 1947, au cours de deux famines, une vague de désordres, de vols de grains dans les champs et d'attaques de trains inquiéta le gouvernement de l'Union soviétique. En réponse, Staline décida de punir les voleurs de la "propriété publique" , considérés comme des ennemis du peuple. A sa mort en 1953, alors que le Goulag atteignait ses taux d'enfermement les plus élevés (3 à 4 % de la population), la moitié des détenus des camps avait été condamnée pour vol. Juliette Cadiot explore cette criminalité économique dans l'URSS stalinienne au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Elle s'intéresse à des infractions particulières, les "vols de la propriété socialiste" , et à la répression féroce menée par le pouvoir stalinien contre ces délits. En puisant anecdotes et tranches de vie dans les archives judiciaires russes et ukrainiennes récemment ouvertes, l'auteure propose une esquisse saisissante de la condition matérielle des Soviétiques, qui reposait sur la nécessité de voler pour survivre, quelle que soit leur position sociale. A travers une histoire des concepts, du droit et de la pénalité, elle souligne ainsi que le vol de la propriété d'Etat, du peuple tout entier, a façonné les relations sociales entre Soviétiques, les unissant dans un système parallèle d'échanges et de solidarité, une "société des voleurs" .
Nombre de pages
320
Date de parution
21/05/2021
Poids
412g
Largeur
140mm
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EAN
9782713228858
Titre
La société des voleurs. Propriété et socialisme sous Staline
Auteur
Cadiot Juliette
Editeur
EHESS
Largeur
140
Poids
412
Date de parution
20210521
Nombre de pages
320,00 €
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Les bâtisseurs de l'Empire de Russie, puis de l'URSS, durent apprendre à gouverner une population multiethnique parlant plus d'une centaine de langues. Progressivement cette cacophonie fut transformée selon des modalités combinant quête d'assimilation et respect de la diversité linguistique. En se penchant sur l'histoire des régulations linguistiques clans l'ancien espace dominé par la langue russe, cet ouvrage s'intéresse à la construction des Etats russes et soviétiques, mais aussi aux héritages de cette histoire dans les Etats issus de l'éclatement de ces empires. Ce livre souligne l'importance des réflexions et tentatives intellectuelles, scientifiques et politiques en provenance de cette partie du monde, expérience qui a permis l'alphabétisation de masse et la transformation par l'introduction de l'écrit d'une population plurilingue. Des projets souvent radicaux, autant utopiques que modernisateurs, furent portés par des nombreuses élites : " nationalistes " et bolcheviks firent de la langue un outil de transformation sociale et politique essentiel à leurs projets de réformes des sociétés. Exploitant des archives inédites, cet ouvrage explore les formes d'intervention sur les langues en tant que processus complexes d'interactions entre l'état, les savants et les sociétés.
Directement associé à la dictature de Staline, le goulag enferma et soumit au travail forcé plus de 22 millions d'individus dans des établissements aussi divers que des prisons, des camps barbelés et des villages d'exil. Il fut alimenté par les répressions de masse, qu'elles visent à lutter contre les opposants politiques ou, plus massivement encore, à discipliner la population soviétique. Composant une main-d'oeuvre corvéable à merci, les détenus étaient au service d'une entreprise productiviste inédite. Comment expliquer la rapidité de l'expansion et l'ampleur du phénomène du goulag en l'espace d'une vingtaine d'années (1930-1953) ? Quelle place le travail forcé a-t-il occupé dans les dynamiques de croissance extensive et de " modernisation " de l'URSS ? Quels types de société et de liens sociaux se sont mis en place au goulag et quelle influence ce système pénitentiaire a-t-il exercé sur l'ensemble de la société stalinienne ? Enfin, pourquoi et comment les compagnons de Staline ont-ils décidé de se défaire rapidement du goulag à sa mort ? L'expérience de privation de liberté et de travail forcé concerna des Soviétiques de toutes nationalités, mais aussi des centaines de milliers d'Européens et d'Asiatiques : elle dépasse le cadre de la seule histoire soviétique, elle se place au centre de notre compréhension de l'histoire du XXe siècle.
Ce volume est consacré à la révolution russe de 1905-1907. Son histoire demeure encore mal connue, car elle fut souvent éclipsée par l'ombre rétrospective de celle de 1917 et son interprétation est loin d'être admise. Début d'agonie de l'autocratie, unique chance, rapidement manquée, d'une évolution vers l'État libéral, exemplaire révolution socialiste ou manifestation éclatante de l'arriération russe, la révolution de 1905 a servi sous tous les drapeaux, prophétisé tous les avenirs. Comme toutes les grandes révolutions, elle déroula des chaînes d'événements qui suivirent des rythmes différents, mais qui convergèrent en un ébranlement général de l'ancien régime impérial russe. Révolution politique, sociale, nationale, elle fut, en effet, tout cela à la fois, de sorte qu'elle n'épargna aucun domaine. Aussi les travaux présentés ici s'attachent avant tout à mesurer les profondes transformations qui en furent les effets directs. Mais les ondes de choc de la révolution ne s'arrêtèrent pas aux frontières de l'Empire, et c'est pourquoi l'ouvrage comporte aussi des études de la réception de l'événement à l'étranger. De même, la révolution de 1905 s'inscrivit d'emblée dans des filiations historiques européennes - mémoire de 1789. celle de 1848 - qui en firent un des grands événements fondateurs de l'Europe du XXe siècle.
Longtemps délaissées dans la linguistique française, les prépositions ont fait l'objet d'importantes études dans la période récente. En tant que catégorie grammaticale et sémantique, elles occupent désormais une place de choix, non seulement dans les préoccupations des chercheurs ne linguistique cognitive, mais aussi dans le domaine des études sur la référence, les représentations mentales, l'articulation entre sémantique et pragmatique, la composition nominale et la terminologie. Les études publiées dans ce livre contribuent fortement à l'avancée d'une sémantique linguistique, dont les spécialistes venus d'horizons divers s'accordent à témoigner de son importance essentielle en sciences humaines. Sans être une systématique des prépositions, ces études éclairent le rôle qu'elles jouent dans la construction du sens des syntagmes et des énoncés-phrases. Descriptives, les études de ce livre mettent en œuvre plusieurs notions de base de la théorie sémantique : schéma, instruction, repère, référence, intention, extension, intentionnalité, continu, attribution, métonymie, métaphore. Le va-et-vient entre l'analyse grammaticale et discursive et l'approfondissement théorique ouvre des perspectives fécondes pour toute réflexion générale sur les sciences du langage.
Marseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelait-elle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond ce livre. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée. D'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle " libéral ", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au XIXe siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. L'interaction entre modes d'agir et formes urbaines, entre continuités et discontinuités temporelles, a fait de Marseille un cas d'école : division sociale, morphologie, croissance y sont étroitement liées, dans l'espace comme dans l'histoire. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire, Dans un double refus du postulat écologique, pour qui la conduite des hommes est subordonnée à l'influence du milieu, et du postulat sociologiste, pour qui la société se projette simplement et immédiatement sur un sol quasiment vierge, l'ouvrage de Marcel Roncayolo est ainsi exemplaire pour les trois modèles qu'il propose, de genèse historique de la ville contemporaine, d'interprétation des relations entre territoire et société, et de mobilisation croisée des démarches de la géographie et de l'histoire.