On n'ose plus dire d'un livre qu'il se lit comme un roman : ce serait lui faire tort. La mode est au roman pesant et ennuyeux. On croyait jadis que la littérature devait plaire : elle se fait aujourd'hui un devoir de rebuter. Aussi faut-il souvent plus de peine et d'efforts pour lire le premier roman d'un inconnu que pour déchiffrer Heidegger. Quant aux études critiques, il est assez mal porté qu'elles éclairent et expliquent aisément un texte : ne paraît sérieux que l'obscur. José Cabanis n'en croit rien. Les livres sont pour lui l'occasion d'un des plaisirs les plus sûrs de ce monde, et la lecture un art de la délectation. Les essais qu'il publie ne sont pas ceux d'un critique professionnel. Ils montrent un écrivain qui aime lire, et qui fait partager son plaisir. Rien n'est plus exigeant, plus clairvoyant que le plaisir : on ne triche pas avec lui. Il se mérite, d'ailleurs, et implique une intime connaissance, une longue pratique, des approches, des retours, beaucoup de souvenirs, une application amoureuse. De Descartes à Julien Green, c'est ainsi que José Cabanis aborde les écrivains dont il parle. Ce qui fait l'unité de ce livre, c'est un manque complet d'objectivité, il est écrit à la première personne, c'est un certain ton qui bouscule les convenances et ne ménage rien, tantôt passionné, tantôt ironique, c'est une voix qui ne ressemble à aucune autre.
Nombre de pages
264
Date de parution
23/09/1964
Poids
310g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070211173
Titre
Plaisir et lecture. Tome 1
Auteur
Cabanis José
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
310
Date de parution
19640923
Nombre de pages
264,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Religion et politique se rencontrent et se recoupent nécessairement, par la morale. Ce n'est pas pour leur bien. Les vrais politiques n'ont que faire de la religion, qui les embarrasse même s'ils s'en servent. Les croyants qui servent une politique sont entraînés où ils ne devraient pas, ou ne voudraient pas, aller. Les catholiques libéraux au XIXe siècle l'apprirent à leurs dépens. J'ai voulu faire le portrait de trois d'entre eux, qui furent les plus célèbres, portraits qui pourraient se compléter et s'éclairer l'un l'autre : Montalembert, aujourd'hui tellement oublié, Dupanloup, dont seule une chanson a conservé le nom, et Lacordaire, mal connu. On remonte par eux jusqu'à Lamennais et au groupe de La Chênaie, qui réunit un moment autant de ferveurs et d'enthousiasmes que jadis Port-Royal. Mais si Port-Royal marquait une fin, il y eut à La Chênaie une source, dont les eaux se retrouvent dans tout le siècle, et qui n'a pas fini de se répandre." José Cabanis.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.