Faire" son genre implique parfois de défaire les normes dominantes de l'existence sociale. La politique de la subversion qu'esquisse Judith Butler ouvre moins la perspective d'une abolition du genre que celle d'un monde dans lequel le genre serait "défait", dans lequel les normes du genre joueraient tout autrement. Ce livre s'inscrit dans une démarche indissociablement théorique et pratique : il s'agit, en s'appuyant sur les théories féministe et queer, de faire la genèse de la production du genre et de travailler à défaire l'emprise des formes de normalisation qui rendent certaines vies invivables, ou difficilement vivables, en les excluant du domaine du possible et du pensable par cette critique des normes qui gouvernent le genre avec plus ou moins de succès, il s'agit de dégager les conditions de la perpétuation ou de la production de formes de vie plus vivables, plus désirables et moins soumises à la violence. Judith Butler s'attache notamment à mettre en évidence les contradictions auxquelles sont confrontés ceux et celles qui s'efforcent de penser et transformer le genre. Sans prétendre toujours dépasser ces contradictions, elle suggère la possibilité de les traiter politiquement : "La critique des normes de genre doit se situer dans le contexte des vies telles qu'elles sont vécues et doit être guidée par la question de savoir ce qui permet de maximiser les chances d'une vie vivable et de minimiser la possibilité d'une vie insupportable ou même d'une mort sociale ou littérale."
Nombre de pages
400
Date de parution
16/11/2016
Poids
442g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782354801465
Titre
Défaire le genre
Auteur
Butler Judith ; Cervulle Maxime ; Marelli Joëlle
Editeur
AMSTERDAM
Largeur
135
Poids
442
Date de parution
20161116
Nombre de pages
400,00 €
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Kilcher Andreas Benjamin ; Butler Judith ; Schmidt
Résumé : Entre 1901 et 1907, Franz Kafka dessine intensément, multipliant les supports : carnets, lettres, cartes postales, polycopiés de cours de droit. Il saisit sur le vif toutes sortes de personnages, des êtres fragiles, instables, aussi énigmatiques que fascinants, qui semblent émancipés autant de la gravité que de leur propre anatomie. Comme dans ses oeuvres écrites, on navigue sans entrave entre rêve et réalité, dans une tonalité inquiétante, qui confine au grotesque. Jusqu'en 2019, tous ces dessins, à l'exception de quelques-uns, restèrent précieusement gardés sous clef dans des banques zurichoises. Désormais accessibles au public, ils sont réunis pour la première fois dans le présent ouvrage. Des feuilles volantes, mais également un livret de dessins complet révèlent au lecteur cet aspect méconnu d'un des écrivains les plus singuliers et les plus marquants du XXe siècle. Les textes d'Andreas Kilcher, de Judith Butler et de Pavel Schmidt offrent au lecteur la clef de cet univers foisonnant, où le rire nargue la tragédie, où l'onirique le dispute au désespoir.
Résumé : Judith Butler, dont le livre emblématique Trouble dans le genre a redéfini notre manière de penser le genre et la sexualité, se penche dans cet ouvrage sur les attaques contre "l'idéologie du genre". Sur tous les continents, des mouvements protéiformes s'en prennent au genre : la droite populiste et l'extrême droite, le Vatican et les Eglises évangéliques, les féministes anti-trans... Ils diffusent un fantasme selon lequel le genre serait une menace dangereuse, voire diabolique, envers les familles, les enfants, la culture, et même l'"humanité". Pourquoi le genre est-il devenu un fantasme obsessionnel pour les régimes autoritaires, les partis fascistes et les féministes anti-trans ? Que peut-on répondre à celles et ceux qui en font usage ? Avec quels arguments ? Mais les arguments suffisent-ils face à un fantasme ? Intervention essentielle sur l'une des questions les plus épineuses de notre époque, cet ouvrage offre une déconstruction méticuleuse de toutes les controverses qu'elle abrite : la différence entre nature et culture, l'interaction entre sexe et genre, l'héritage colonial de la différence sexuelle, les relations entre féminismes et mouvement trans... Quia peur du genre ? est un appel à former une large coalition, qui rassemble toutes celles et tous ceux dont la lutte pour l'égalité s'articule à la lutte contre l'injustice.
Dans The Frames of War, paru en français aux éditons Zones sous le titre Ce qui fait une vie, Judith Butler examine les formes de guerre occidentales contemporaines, y compris la façon dont les médias dépeignent la violence d'Etat. De cette image dépend la compréhension de la vie humaine elle-même qui, selon le cadre donné, peut être considérée comme digne ou non d'être vécue. Le livre se compose de cinq essais 1) sur les images d'Abu Ghraib ? ; 2) la poésie de Guantanamo ? ; 3) la politique d'immigration européenne ? ; 4) l'islam ? ; et 5) un débat sur les concepts de normativité et de non-violence. Le livre est paru à Kyiv (Ukraine) en 2016.
Entreprises, gouvernements et médias s'emploient depuis plusieurs années à vendre un "rêve technologique" : la révolution numérique, progrès aussi inéluctable qu'indispensable. La refuser serait passer à côté de l'histoire. Ainsi cherchent-ils à rendre l'intelligence artificielle acceptable par le grand public, en prenant soin d'occulter ses effets délétères. Dans un précieux exercice de démystification, J. S. Carbonell montre que ces discours apologétiques servent d'abord les intérêts du patronat. Au lieu de se demander si elle va tout changer, et même si elle va remplacer les travailleurs humains, il faut la replacer dans l'histoire longue des transformations de l'organisation du travail. Car, bien que l'IA présente des enjeux spécifiques, c'est aussi une technologie comme une autre. De ce point de vue, son utilisation représente une intensification de la logique tayloriste née voici plus d'un siècle dans les usines d'Henry Ford : le travail est décomposé en une série de tâches, la conception séparée de l'exécution. Le déploiement d'un management algorithmique (l'organisation du travail et la gestion du personnel par des algorithmes) a pour but principal de renforcer le contrôle et la surveillance de la main-d'oeuvre. Voilà à quoi ce livre se veut une invitation à résister.
Résumé : la construction du "problème musulman" affecte l'ensemble de la société française. Fruit d'un intense travail de production idéologique cette construction alimente la stigmatisation des populations issues de l'immigration postcoloniale : l'épais brouillard intellectuel qu'elle représente fait en effet obstade aux tentatives d'appréhender de manière rigoureuse et dépassionnée le fait musulman dans les quartiers populaires. Afin de remédier à cette situation, Hamza Esmili retrace dans cet ouvrage la généalogie de ce "problème", des discours dénonçant les "banlieues de l'islam" au paradigme du "séparatisme islamique", en passant par la mise en place des dispositifs de lutte contre la radicalisation. S'appuyant à la fois sur la sociologie de l'immigration et l'anthropologie de l'islam, il souligne l'écart qui sépare ces représentations de la réalité de la piété redécouverte en cité. Et montre que cette réaffiliation religieuse n'est ni un résidu éphémère du procès d'intégration, ni un persistant atavisme civilisationnel, mais un phénomène inscrit dans la matérialité d'une expérience ouvrière et postcoloniale collective.
L'ouvrage entend mettre en lumière les défis réels - et non fantasmés - auxquels est confrontée la gauche dans son rapport aux classes populaires aujourd'hui, montrant par là même qu'il n'y a rien d'irrémédiable aux difficultés présentées. La fragmentation des classes populaires n'est pas indépassable, à condition de ne pas partir d'une vision réductrice ou passéiste de ces milieux, mais plutôt de leur réalité matérielle et de l'actualité observée de leurs aspirations et mobilisations.
Sellier Geneviève ; Chollet Mona ; Lacurie Occitan
Au tournant des années 1960, la Nouvelle Vague inaugure une nouvelle façon de faire du cinéma : libération de la mise en scène, réalisme des dialogues, attention portée au montage... Ce mouvement se distingue en outre par sa critique politique de la société de consommation et des normes morales bourgeoises. La critique a toutefois une limite, et de taille : elle évacue presque complètement les aspirations des femmes, nouvelles actrices de la culture de masse. Les créateurs sont majoritairement des figures masculines, et les représentations qu'ils véhiculent empreintes de stéréotypes, quand elles ne tendent pas à invisibiliser les femmes ou, pire, à associer leur émancipation à une régression politique. C'est donc avec une vision monolithique et glorifiante de la Nouvelle Vague que Geneviève Sellier nous invite à rompre. Décentrant la figure de l'auteur, articulant l'analyse des films avec leur contexte de production et de réception, elle nous raconte les transformations des rapports de sexe, et la lutte toujours en cours des femmes pour asseoir leur légitimité en tant que créatrices à part entière.