Cinquante mille Français se sont levés aujourd'hui esclaves : il dépend de vous qu'ils se couchent libres". L'Abbé Grégoire Négligés ou haïs par le monde des Lettres - dont un Voltaire franchement antisémite - admirés par un Rousseau ou un Mirabeau fascinés par leur culture et leurs valeurs, les Juifs parisiens ont joué un rôle décisif sous la Révolution en obtenant de la France qu'elle devienne le premier pays d'Europe à en faire des citoyens à part entière. Alors que les Juifs sont formellement interdits de résidence à Paris et subissent des pogroms en Province, ils sont une poignée à évoluer dans la capitale au début du XVIIIe siècle : les juifs de l'Est sur la rive droite et les juifs du Midi sur la rive gauche. André Bruguière suit leurs allers et venues, rue par rue, maison par maison. Il met en lumière leurs aspirations, exhume le détail de leur vie quotidienne, ausculte leurs relations de voisinage et décrypte les archives du service de Police chargé de leur surveillance rapprochée. Permis de séjour montre comment, par un jeu de hasard, d'audace et de réticences, ils sont parvenus à remporter ce combat pour la citoyenneté. Un statut qui ne sera plus remis en cause... avant les années 1940. A l'heure où les questions de migration et d'intégration surgissent chaque jour dans le débat public, l'extraordinaire histoire de ce combat pour l'émancipation apporte un éclairage saisissant sur la fabrique de la citoyenneté.
Nombre de pages
220
Date de parution
06/10/2022
Poids
300g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782918682950
Titre
Permis de Séjour - L'histoire d’un combat hors du commun pou
Auteur
Burguière André
Editeur
ARKHE
Largeur
140
Poids
300
Date de parution
20221006
Nombre de pages
220,00 €
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Résumé : L'identité de la gauche, son avenir ou sa fin annoncée font l'objet de pronostics politiques et médiatiques. Ce livre clair et documenté offre une indispensable réflexion sur le sujet. C'est d'abord en historien qu'André Burguière analyse les fondements de la gauche, mais aussi en intellectuel engagé dans la cité. Son objectif n'est pas d'en départager les différentes tendances, mais de dégager leur socle commun. Il montre que le partage idéologique, hérité directement de la Révolution française et indirectement d'une longue histoire de la démocratie, continue à structurer nos représentations politiques. Mais il constate combien la "passion noble" de l'égalité a cédé du terrain. Sur le long cours, l'évolution du système représentatif, le pouvoir des élus et leur professionnalisation ont disqualifié la parole des citoyens. Etatisme, constitution monarchique, faiblesse du syndicalisme, les maux, nombreux, se sont accumulés. Sans compter, récemment, la façon dont le gouvernement socialiste a cédé aux pressions du libéralisme économique et des politiques sécuritaires. Inquiet, mais non résigné, André Burguière jalonne ses analyses de propositions. Rendre la société plus juste, plus protectrice et plus démocratique, tel est, rappelle-t-il, le véritable projet de la gauche. A lire d'urgence !
L'historien sait désormais que l'objet de sa discipline n'est pas le passé lui-même mais ce qui, dans les traces laissées par ce passé, peut répondre aux questions que se posent les hommes de notre temps.
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Notre époque individualiste nourrit paradoxalement une vision idéalisée de la famille de jadis, solide, chaleureuse. S?élevant contre cette vision enchantée, André Burguière propose une histoire du couple et du mariage ancrée dans la réalité. Principalement centrée sur l'Ancien Régime, où se constitue le modèle de la famille moderne toujours à l'oeuvre, cette étude puise aussi largement en amont et en aval et constitue une fresque sans équivalent de cette institution qui, bien que largement décriée, demeure largement répandue dans la société française. A la croisée de l'histoire des croyances et d'une histoire des rapports entre Eglise et Etat, son travail traque les gestes intimes, pénètre au coeur des foyers et met au jour une culture du quotidien et de l'habitude qui échappe trop souvent à l'histoire. Il montre que le rôle de la cellule conjugale, chargée de normaliser la société sur le plan moral par l'Etat, et investie d'une mission de reconquête religieuse que lui assigne l'Eglise, va en fait permettre peu à peu une émancipation de la femme, perçue, selon l'auteur, comme le véritable ferment de civilisation. Faut-il donc conclure, avec Aragon, que « la femme est l'avenir de l'homme »...
Dans le discours public ou la vie de tous les jours, les mots désignant des émotions et les productions culturelles qui les représentent et les expriment jouent un rôle crucial. L'étude de l'étymologie et de l'histoire de ces termes (comme "joie", "amour", "peur", "colère") et des constellations lexicales apparentées, offre une perspective ouverte sur notre propre temps. La généalogie sémantique et culturelle, de l'antiquité à nos jours, fondée sur des oeuvres ou événements précis, est un outil précieux pour mieux comprendre, voire critiquer ou maîtriser certains enjeux majeurs de notre monde contemporain, où les émotions persistent à nous mouvoir, à nous troubler et à nous construire.
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