Parce que l'image donne à voir autre chose et à vivre autrement, c'est sur elle que devrait se fonder toute étude privilégiée du texte poétique. Mais cette démarche, si elle aide à mieux rêver et à mieux connaître celui qui rêve, ne saurait rendre compte d'un texte, où nulle image ne peut être isolée sans être aussitôt dévitalisée. Aussi faudrait-il se préoccuper, plutôt que de l'image elle-même, du dynamisme qui l'anime, et plutôt que de sa raison d'être en amont, des possibilités qu'elle ouvre en aval : c'est-à-dire remplacer la poétique de l'image par une poétique de l'Imaginaire. Une telle poétique met à jour une syntaxe de l'Imaginaire qui propose différentes façons d'habiter l'espace de la page, comme autant de réponses à l'angoisse devant le temps : ainsi l'écriture éclatée d'Apollinaire opère un incessant remplissement de cet espace pour figer le temps, tandis que l'écriture de Michaux construit et reconstruit des refuges à l'abri du temps qui passe. Et ce sont d'autres réponses encore qu'élaborent la Dame à la faulx de Saint-Pol Roux, les Yeux fertiles d'Eluard ou Anabase de Saint-John Perse. Cette poétique de l'Imaginaire devrait permettre d'exorciser toute tentation de réduire le texte au connu, pour apprendre au contraire à suivre ses itinéraires, à épouser sa cohérence jusque dans ses ruptures et, finalement, à ouvrir le chemin de tous ses possibles.
Nombre de pages
410
Date de parution
01/10/1982
Poids
501g
Largeur
1mm
Plus d'informations
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EAN
9782020062756
Titre
Pour une poétique de l'imaginaire
ISBN
2020062755
Auteur
Burgos Jean
Editeur
SEUIL
Largeur
1
Poids
501
Date de parution
19821001
Nombre de pages
410,00 €
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Résumé : Rigoberta Menchú appartient à l'une de ces nombreuses communautés indigènes soumises et refoulées depuis la conquête espagnole. Mais dans les années 80, l'émergence d'un réveil identitaire et revendicatif les conduira à se joindre aux mouvements de guérilla. La riposte de l'armée guatémaltèque est foudroyante ; elle déclenche une véritable campagne d'extermination. Rigoberta Menchú raconte ici à Elisabeth Burgos, ethnologue et elle-même Latino-Américaine, d'abord les moeurs et les croyances de la communauté dans laquelle elle est née, au sein d'une famille nombreuse, puis la prise de conscience et l'engagement révolutionnaire de ses parents, ensuite son départ en exil au Mexique où elle a lutté pendant de nombreuses années pour le respect des droits de l'homme au Guatemala. Il ne s'agit pas ici d'un document comme tant d'autres sur les luttes révolutionnaires du tiers-monde. Ce livre n'est pas un inventaire d'atrocités. Pour la première fois depuis la conquête espagnole, on entend la voix de l'autre Amérique latine, avec ses profondeurs lyriques et bibliques. Et l'extraordinaire personnalité de Rigoberta Menchú, fécondée par sa rencontre avec Elisabeth Burgos, sa générosité, son sens de la justice et le don de soi qui confine à la sainteté, font de ce livre aux accents franciscains un grand livre d'amour.
Un jour d'hiver, dans une cité de Rennes, un nouveau-né est découvert au fond d'un container à ordures. Vivant. Quelques étages plus haut, une jeune fille se vide de son sang. Elle s'appelle Monroe, elle a dix-sept ans. Dans cette chambre où sa mère l'a enfermée, Monroe revit les mois passés sur la colline, chez sa grand-mère Madeleine. Là-haut, le vent, le labeur et le silence façonnent les corps. Auprès de cette vieille femme solitaire aux mains guérisseuses, Monroe, enceinte, a découvert une paix inespérée. Et puis tout s'est écroulé. Monroe s'affaiblit, les policiers enquêtent, les soignants espèrent, les pompiers s'interrogent, la famille se désintègre : durant ces quelques heures d'une intensité foudroyante, chacun mesurera ce qu'il a perdu - ou sauvé - de son humanité.
Lola est une enfant de 12 ans, tuée dans d'atroces circonstances le 14 octobre 2022. Placée en garde à vue, la principale suspecte, D. B., est mise en examen pour meurtre, précédé, accompagné ou suivi d'actes de tortures ou de barbaries, et pour viol. En quelques heures à peine, ce terrible fait-divers bouleverse l'opinion publique, faisant l'objet d'un emballement médiatique inédit. La cynique récupération politique qui s'ensuit entraîne la remise en question de grands principes démocratiques, avec notamment des appels à une justice expéditive et un rétablissement de la peine de mort. Ce livre, écrit par les avocats de D. B., première femme condamnée à la perpétuité incompressible, raconte de l'intérieur les contours de cette affaire hors norme, depuis ses premiers instants jusqu'à la plaidoirie finale, en passant par le récit d'une reconstitution exceptionnelle ou la description d'une Unité pour Malades Difficiles. A partir du point de vue trop peu entendu des avocats "du Mal., La Sinistre Comédie dépeint surtout une effroyable traversée des enfers, caractérisée par l'inquiétant basculement populiste des élites médiatiques et politiques dans leur rapport à la justice et au crime. "S'il faut savoir se taire dans le respect du Droit, il ne faut pas avoir peur de parler pour le défendre. C'est la raison de ce livre."
On n'est pas en Alabama, on n'est pas en 1963. On est Philadelphie, "ville de l'amour fraternel "et de Rocky Balboa, en 1985. Une bombe fournie par le FBI est larguée depuis un hélicoptère policier sur une maison abritant des militants de MOVE, un mouvement écologiste radical essentiellement composé d'Afro-Américains. Dans la maison, 13 personnes sont réunies, dont le leader du mouvement, le "prophète" John Africa. Bilan de l'opération policière : 11 morts dont 5 enfants. L'incendie qui démarre, incontrôlé à dessein par le commandant de police, détruit aussi une soixantaine de maisons du quartier noir de Cobbs Creek, laissant 250 personnes sans abri. Au croisement des enjeux de racisme, d'environnement, de gentrification et de mémoire, ce livre raconte tous les aspects de cette incroyable tragédie, largement oubliée aux Etats-Unis et totalement inconnue en France. Un implacable récit à quatre mains, qui convoque l'enquête journalistique et les sciences humaines mais qui se lit comme un roman.
L'an dernier nous avons rencontré une de mes amies, Berthe. Ma fille, Mathilde, qui avait alors treize ans, connaissait Berthe, n'ignorait pas qu'elle avait été à Auschwitz. Pourtant, cet été-là, elle eut un choc en voyant son numéro sur son avant-bras gauche, tatoué d'une encre bleue un peu délavée. Ce qui m'a frappée, quand j'ai tenté de répondre à Mathilde pour lui expliquer ce qu'était Auschwitz, c'est que ses questions étaient les mêmes que celles que je me posais moi-même indéfiniment, ou qui traversent depuis plus d'un demi-siècle la réflexion des historiens et des philosophes et auxquelles il est si difficile de répondre. Car s'il m'est facile comme historienne d'expliquer comment s'est déroulé le génocide des Juifs, il reste un noyau proprement incompréhensible : pourquoi les nazis ont-ils voulu supprimer les Juifs de la planète ?