Diffusée sur la chaîne HBO entre 2002 et 2008, The Wire (Sur Ecoute en français) est l'une des plus fascinantes et des plus originales séries de l'histoire de la télévision. Elle commence comme n'importe quelle série policière: une unité spéciale est créée pour démanteler un réseau de trafiquants de drogue. Mais l'opposition entre policiers et dealers s'efface bientôt, le spectateur s'apercevant que l'intrigue n'est qu'un prétexte pour montrer un espace et une population d'ordinaire invisibles à l'écran. Espaces et personnages s'agencent peu à peu pour produire une image globale de la ville de Baltimore et révéler des rapports d'interdépendance insoupçonnés (sur un mode qui peut rappeler Zola, et surtout Balzac). En outre, fait inédit à la télévision, The Wire s'articule sur un système de personnages à géométrie variable, qui se passe de héros individuel. Que ce soit sur un plan spatial ou narratif, la série privilégie donc les structures et agencements collectifs au détriment des individus. Elle porte un regard à la fois englobant et singularisé sur la société néolibérale, pose la question de l'action individuelle et collective dans un monde marqué par un degré extrême de stratification sociale et tente de repolitiser l'espace privatisé, aseptisé et standardisé de la télévision. Ce livre est le premier ouvrage français consacré à The Wire. Composé d'autant de textes que la série a eu de saisons - cinq, plus un bonus -, il étudie celle-ci dans sa progression, afin de ne pas faire de distinction artificielle entre la "forme" et le "fond", entre son esthétique et ses thématiques sociales. Il fonctionne ainsi sur deux niveaux, à la fois comme une introduction et comme une théorisation plurielle de la série.
Nombre de pages
166
Date de parution
12/10/2011
Poids
230g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782350960395
Titre
The Wire. Reconstitution collective
Auteur
Burdeau Emmanuel ; Vieillescazes Nicolas
Editeur
AMSTERDAM
Largeur
140
Poids
230
Date de parution
20111012
Nombre de pages
166,00 €
Disponibilité
Epuisé
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En cinq saisons et soixante-deux épisodes, Walter White, timide professeur de chimie d'Albuquerque (Nouveau-Mexique) transformé en baron de la drogue, est devenu une figure majeure de la culture populaire. Cet ouvrage collectif est consacré à la série dont il est le héros, Breaking Bad. Rédigé par des critiques, des historiens et des écrivains, il s'attache à décrire une formidable machine narrative et formelle. Le programme créé en 2008 par Vince Gilligan pour la chaîne AMC invente un régime inédit de vie, et surtout de survie ; il apporte un renouvellement formaliste à la télévision comme boîte et comme lieu du domestique ; il fabrique une extraordinaire galerie de personnages secondaires, à commencer par le terrible Gustavo Fring; il analyse les rapports de classe et de genre à l'ère néolibérale ; il exprime enfin, avec humour et cruauté, une profonde ambivalence morale et politique. Autant d'éléments qui font de Breaking Bad une série comptant parmi les plus fortes des années 2000.
La comédie américaine suscite aujourd'hui un fort intérêt public et critique, notamment lié à l'ensemble des productions réunies sous le nom de Judd Apatow. Une quinzaine de chapitres de longueur et de registre variés dessinent ici la situation d'un genre désormais omniprésent, au cinéma et à la télévision, sur scène comme dans les vies. Ce sont des fragments et des notes, des légendes et des portraits, des lectures de scènes et parfois de textes. Certains s'attachent s à un motif, la honte, la citation ou la métaphore... D'autres proposent des essais de monographie, Ben Stiller, Will Ferrell ou Louis C K. Traversées d'une culture liée comme nulle autre à l'air du temps ; survols retraçant le chemin d'une inspiration ; aperçus d'Histoire, aussi, où Billy Wilder, Serge Daney et Woody Allen croisent et éclairent Ricky Gervais, Danny McBride et Seth Rogen. Se lève ainsi une série d'hypothèses ? critiques, politiques ? sur l'actualité et les généalogies de la comédie des années 2000.
Cynique, Billy Wilder ? On a coutume de le dire. Et grossier, voire vulgaire. Son cinéma est lourd, certes, mais d'une lourdeur littérale. Auteur de quelques-unes des comédies parmi les plus drôles de l'histoire, émule de Lubitsch, il est, par excellence, le cinéaste de la gravité. La force du terrestre et la pesanteur sont au coeur de ses films. Les mouvements et les discours, le rire et la politique, tout est affaire de poids dans Certains l'aiment chaud, dans Sunset Boulevard comme dans Un, deux, trois. Wilder est moins un satiriste, en vérité, qu'un historien. Tantôt il analyse les origines et les évolutions de la société américaine, tantôt il décrit une Allemagne marquée par le nazisme. Aller de la gravité matérielle à la gravité historique est dès lors la trajectoire de ce livre, qui propose une vision inédite d'une oeuvre fondamentale.
Lorsqu'il fut publié pour la première fois aux Etats-Unis en 1990, Epistémologie du placard devint immédiatement un classique qui, aux côtés des travaux de Judith Butler et de Teresa de Lauretis, posa les termes de la " théorie queer ". À mi-chemin entre les études féministes et les gay and lesbian studies, Eve Kosofsky Sedgwick déconstruit la sexualité comme Butler le genre. Dans cet ouvrage de référence, elle affirme que l'ensemble de la culture occidentale moderne s'articule autour de l'opposition homo/hétérosexuel et que celle-ci affecte les binarismes qui structurent l'épistémologie contemporaine, de savoir/ignorance à privé/public en passant par santé/maladie. S'appuyant sur de nombreux textes datant de la fin du XIXe et du début du XXe siècles (Wilde, Proust, Nietzsche, Melville et James), l'auteur traque l'émergence des nouveaux discours institutionnels médicaux, juridiques, littéraires et psychologiques, qui produiront en miroir les figures de " l'homosexuel " et de " l'hétérosexuel ", au détriment des multiples différences au c?ur des sexualités.
Pourquoi étudier aujourd'hui des textes littéraires rédigés il y a plusieurs siècles ? Pour quoi faire ? On répondra à ces questions en proposant un plaidoyer pour les lectures actualisantes, qui cherchent dans les textes d'hier de quoi réfléchir sur les problèmes d'aujourd'hui et de demain. Ce plaidoyer proposera en fait cinq livres reliés en un seul : une théorisation rigoureuse des méthodes, des enjeux et des limites du geste actualisateur ; un essai d'ontologie herméneutique, qui fait de l'activité de lecture le modèle de constitution de notre réalité humaine et sociale ; une tentative de cartographie des principaux changements sociétaux en cours, destinée à situer le rôle nouveau que sont appelées à jouer les activités d'interprétation ; une prise de position politique dénonçant les angles morts et les perspectives étriquées du néo-conservatisme dominant ; un ouvrage de vulgarisation, visant à faciliter l'accès aux problématiques actuelles de la théorie littéraire, de la réflexion herméneutique et des multiples noeuds qui unissent biopolitique, capitalisme cognitif et économie des affects. Cette démonstration articulée en 14 chapitres et scandée par 58 thèses succinctes invite son lecteur à conclure que, loin d'être condamnées à rester une discipline poussiéreuse, les études littéraires peuvent devenir le lieu d'une indiscipline exaltante, en plein centre des débats les plus brûlants de notre actualité.Yves Citton est professeur de littérature française du XVIIIe siècle à l'université de Grenoble-3 et membre de l'UMR LIRE (CNRS 5611). Outre une soixantaine d'articles sur la littérature et la pensée des Lumières, l'histoire de l'économie politique et le jazz, il a publié Impuissances (Aubier, 1994), Portrait de l'économiste en physiocrate (L'Harmattan, 2000), L'Envers de la liberté. L'invention d'un imaginaire spinoziste dans la France des Lumières (Editions Amsterdam, 2006) (Prix Rhône-Alpes du Livre 2007) et Spinoza et les sciences sociales (Editions Amsterdam, 2008, avec Frédéric Lardon). Il est membre du comité de rédaction des revues Multitudes et Dix-huitième siècle.
Dans la très riche histoire des études sur l'âge classique, c'est la première fois qu'un ouvrage se donne pour projet l'analyse comparative des philosophies de Pascal et de Spinoza. Les univers de pensée des deux auteurs ont longtemps été tenus pour si hétérogènes qu'il apparaissait inutile de réfléchir même à leur incompatibilité. Que pourraient bien avoir à se dire, en effet, le solitaire de Port-Royal, apologiste de la religion chrétienne, et le Juif athée de Voorburg ? C'est oublier que tous deux avaient sur leur table de travail la Bible et le Discours de la méthode, et que la même année, 1670, paraissent les Pensées et le Tractatus theologicopoliticus. Pascal et Spinoza partagent des intérêts communs, développent des problématisations parallèles, engagent des connivences souterraines et des divergences irréductibles. Sans se connaître, ils se sont en quelque sorte répondu. Les lectures croisées que propose cet ouvrage permettent d'apporter un éclairage suggestif sur leurs ?uvres respectives. L'investigation de ces points de rencontres et de désaccords s'avère aussi être, pour nous, une source d'idées nouvelles sur la conception de l'Écriture et de la religion, de l'anthropologie et de l'éthique, des sciences et de la politique, de la sagesse ou du salut. Au-delà de l'histoire des idées, mais aussi grâce à elle, cette première étude systématique et comparative du contraste Pascal-Spinoza offre au lecteur contemporain des frayages philosophiques éminemment prospectifs.
Dans ce livre, Charlotte Nordmann propose non seulement un exposé systématique et didactique de la sociologie de la "dépossession politique" élaborée par Pierre Bourdieu - dont elle souligne à la fois les aspects les plus convaincants et les faiblesses -, mais surtout confronte celle-ci à la critique radicale que lui a fait subir Jacques Rancière. Deux conceptions de la politique se trouvent ainsi opposées: la première insiste sur les mécanismes de la monopolisation et de la dépossession intellectuelles et politiques, et semble à première vue drastiquement limiter les possibilités concrètes d'émancipation; la seconde, dans.un geste que l'on pourrait dire pragmatiste, pose qu'une politique d'émancipation authentique doit partir du postulat de l'égalité et de ses effets, et que la considération des déterminismes sociaux ne peut que nous enfermer dans le cercle de la domination et de l'impuissance. La théorie sociologique de la politique est-elle condamnée à ignorer ce qui dans l'espace social interrompt la reproduction indéfinie de la domination? La position de Rancière n'est-elle pas marquée du sceau de l'idéalisme? Ne peut-on penser ensemble l'autonomie et l'hétéronomie radicales de la politique? Le pari à l'origine de ce livre est que la confrontation des travaux de Pierre Bourdieu et de Jacques Rancière, en révélant leurs points forts et leurs points aveugles, permet d'éclairer les voies d'une politique démocratique radicale pour notre temps.