En deux voyages, hiver 2004 et printemps 2005, Anne Brunswic a parcouru une bonne partie de la Sibérie, cette région-continent marquée par une histoire aventureuse souvent tragique, en proie aujourd'hui au désordre politique et à la dépression économique. De la mer Blanche au Pacifique, de la Yakoutie au Birobidjan en passant par les mines de la Kolyma et le port de Vladivostok. elle a traversé des paysages immenses et souvent désertiques, magnifiques et désolés, où vivent encore, tant bien que mal, dans des conditions climatiques extrêmes immigrants européens et indigènes sibériens, chrétiens orthodoxes et animistes, descendants (les bourreaux du Goulag et familles de leurs victimes. Anne Brunswic s'est surtout attachée à rencontrer des femmes de toute condition, poétesses ou chanteuses. journalistes ou cuisinières, universitaires ou conservatrices de musée. Natalia, Tamara, Lioudmila, Irina... racontent leurs parcours professionnel et intime, politique et religieux, les tragédies qui ont marqué leurs familles, leurs deuils, la débrouille au jour le jour et leurs rêves de jeune fille. Ce voyage d'une observatrice du quotidien permet, au fil des pages, de comprendre comment les Russes de ce bout du monde donnent sens à leur brutale expérience historique et quels espoirs ils nourrissent pour l'avenir. Entre ces femmes séparées par des milliers de kilomètres, elle devient une sorte de messagère. Malgré la dureté et les incertitudes de leur vie, la plupart déclarent leur attachement à la terre sibérienne, à ses valeurs d'aventure et de fraternité, et leur conviction que leur pays meurtri, tôt ou tard, sen sortira.
Nombre de pages
270
Date de parution
30/12/2005
Poids
278g
Largeur
115mm
Plus d'informations
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EAN
9782742758814
Titre
Sibérie, un voyage au pays des femmes
Auteur
Brunswic Anne
Editeur
ACTES SUD
Largeur
115
Poids
278
Date de parution
20051230
Nombre de pages
270,00 €
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En toute liberté, en écrivain plus qu'en journaliste, Anne Brunswic s'est installée quatre mois à Ramallah, d'octobre 2003 à janvier 2004. "Juive laïque résolument diasporique" (selon sa propre définition), elle avait à c?ur de "voir ce qu'en son nom" Israël faisait dans les territoires occupés. Dans son passionnant récit-reportage sont abordées, sur fond de vie quotidienne souvent chaotique et au fil de multiples rencontres avec des Palestiniens, notamment de nombreuses femmes engagées, toutes les questions sensibles du conflit: les frontières, les colonies, Jérusalem, le droit au retour, la "barrière de séparation", les attentats-suicides, l'islamisme, les accords de Genève, l'image d'Arafat, l'hypothèse des deux Etats séparés, etc. Deux ans plus tard, au lendemain de l'évacuation de la bande de Gaza, elle est retournée en Cisjordanie. Dans une postface inédite, elle brosse un nouvel état des lieux dominé par l'abandon du processus de paix, l'achèvement du mur entre Jérusalem et Ramallah et la montée du Hamas.
Ramallah, 17 janvier 2004. Voici quatre mois que j'habite au centre-ville, dans un appartement confortable que je loue et partage à l'occasion avec des étudiants ou des amis de passage. Je suis venue ici sans être envoyée par personne, ni un journal, ni une association, ni une administration publique. En toute liberté, ce qui est plutôt exceptionnel ici où tous les étrangers relèvent plus ou moins d'une mission de ce genre. Cette liberté m'était essentielle pour faire un travail d'écrivain, un travail où j'assumerais ma propre subjectivité dans cette rencontre avec ces Autres qu'étaient à mes yeux les Palestiniens. Selon les époques et les circonstances, on a pu me définir comme une ex-communiste, une féministe hors cadre, une juive laïque résolument diasporique, ou, professionnellement, comme professeur de lettres, fonctionnaire de la culture, intermittente du journalisme... Ce que je suis aujourd'hui ici, c'est un écrivain du réel travaillant dans les marges du journalisme. J'emprunte cette expression au monde du cinéma documentaire qui s'est bâti un domaine de création entre le reportage et le cinéma de fiction qu'il a nommé "cinéma du réel" ou "fictions du réel"...
Résumé : Anne Brunswic a huit ans quand, un matin de l'été 1959, elle apprend - presque incidemment - que depuis deux mois sa mère est morte et enterrée. "L'absente" laisse cinq enfants qui grandiront face au silence d'un père bientôt remarié... Cinquante ans plus tard, munie de quelques souvenirs et documents (hérités de sa grand-mère, Léa, ou de sa grand-tante, la fameuse Marcelle Ségal qui, pour le magazine Elle, faisait les beaux jours du Courrier du coeur), Anne Brunswic entreprend de briser le silence sur cette mère qu'elle a si peu connue. Pour "redonner chair à l'absente", elle court l'Europe sur ses pas et lui adresse des lettres et des récits qui sont autant de plongées au coeur d'une mémoire enfouie. Se dessine peu à peu l'histoire d'une famille juive que la guerre a éloignée de Bruxelles, qui fait halte à Paris puis en Bretagne avant de franchir la ligne de démarcation et, via le Portugal, gagner Londres. Puis c'est l'après-guerre, l'urgence de réparer les pertes, le mariage et le baby-boom qui, en ce début des "trente glorieuses", éclairent le portrait d'une jeune femme dont l'énergie semble inépuisable - mais dont la vie, au bout du compte, sera mystérieusement brève... Reste que sous l'énigme de cette disparition prématurée, ou à partir d'elle, bien d'autres questions affleurent, qui touchent à l'invisibilité sociale des femmes, à la maternité, à la transmission et à la vocation, à l'engagement politique, au sentiment national, au rapport à la judéité... Sous ces multiples aspects, Anne Brunswic met en perspective héritage et rupture, confronte fidélité et construction de soi. Au-delà de l'hommage à "l'absente", ce "tombeau littéraire" invite à comprendre une époque autant que les singularités d'une histoire familiale.
Dans les eaux glacées du Belomorkanal (le canal de la mer Blanche) se reflète une époque glorieuse et douloureuse. Edifié en 1931-1933 par une armée de bagnards, cet ouvrage, qui reçut le nom de "canal Staline", fut aussitôt élevé au rang de mythe par la littérature, la photographie et le cinéma. Une preuve de "la vérité du communisme", s'exclamait Gorki, enthousiaste de la rééducation des prisonniers. Une preuve de son caractère génocidaire, répliquèrent les adversaires du régime, dénonçant un chantier aussi gigantesque qu'inutile. Puis le canal sombra dans l'oubli. Seuls les habitants de la Carélie russe se soucient encore aujourd'hui de cette voie de communication qui, après une décennie moribonde, reprend un peu d'activité depuis 2002. Entre 2006 et 2007, Anne Brunswic parcourt cette région, visite le canal pour autant que les autorités le lui permettent, séjourne dans des villes et des villages où la mémoire du passé soviétique reste très présente. Elle multiplie les rencontres avec les habitants, Russes et Caréliens, et recueille le témoignage de gens de toutes opinions, de croyants, de militants de la mémoire des camps, de communistes encore convaincus. Carnet de voyage, enquête historique, chronique géopoétique, Les Eaux glacées du Belomorkanal incite à comprendre ce que fut le communisme pour ceux qui l'ont vécu, quelles cicatrices il laisse après lui, mais aussi ce qui reste des rêves qu'il a suscités. Biographie de l'auteur Depuis 2003, Anne Brunswic a voyagé en Palestine, en Russie et en Bosnie. Ses reportages ont été accueillis dans La Pensée de midi, La Lettre internationale, Le Journal des lointains et sur la Radio Suisse romande. A Paris, elle partage son temps entre l'enseignement, la critique de cinéma et l'écriture. Derniers livres parus: Bienvenue en Palestine, chroniques d'une saison à Ramallah (Actes Sud, 2004 et Babel numéro 755), prix RFI Témoin du monde 2004,et Sibérie, un voyage au pays des femmes (Actes Sud, 2006)
Nicolas Mathieu ouvre pour nous une fenêtre sur le ciel avec ce roman qui n’est constitué que de déclarations d’amour. Son entrelacs de textes composent un hymne à la vie et à ses moments forts. Magnifié par les illustrations d’Aline Zalko.