Ce numéro de la revue Histoire & Mesure propose cinq articles distribués selon deux axes qui structurent l'orientation scientifique. Le premier s'attache à présenter un usage raisonné des chiffres destinés à mesurer l'histoire et le second aux méthodes de traitement de données historiques. Philippe Garraud s'applique à croiser des données chiffrées des victoires aériennes remportées et des pertes de l'armée de l'Air en 1940 pour porter un nouvel éclairage au débat politique et militaire sur la représentation du rôle de l'armée de l'Air pendant la Campagne de France. Par une minutieuse étude de cas sur les usages de la rente constituées par deux familles au XVIIe siècle, Elle Haddad veut saisir le crédit nobiliaire à la fois dans l'économie domestique et dans les relations sociales dont il dépend. Enfin, Nicolas Buat entreprend une histoire des prix et des conjectures d'Ancien Régime à Paris en lien avec la flambée et l'effondrement du prix des matières premières entre 2006 et 2008, à la lumière des analyses des marchés financiers. Pour quantifier la nuisance lupine en Provence au XVIIe siècle, Eric Fabre expose une méthode de la mise en relation des " évènements loup " avec divers paramètres descripteurs du milieu (cadastres, enquêtes agricoles et démographiques). A partir d'un corpus de retraités tunisiens ayant travaillé dans la région parisienne de 1960 à 1980, Anne-Sophie Bruno propose l'emploi de méthodes d'analyse multi-niveaux, comme instrument pour affiner la réflexion sur les inégalités salariales, relançant ainsi le débat disciplinaire et scientifique sur le choix de méthodes.
Nombre de pages
180
Date de parution
20/01/2011
Poids
325g
Largeur
160mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782713222900
Titre
Histoire & Mesure Volume 25 N° 2/2010 : Varia
Auteur
Bruno Anne-Sophie
Editeur
EHESS
Largeur
160
Poids
325
Date de parution
20110120
Nombre de pages
180,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Les étrangers ont longtemps été les grands oubliés des enquêtes en France. Depuis le retournement de conjoncture des années 1970 et 1'apparition du chômage de masse, les inégalités et l'intégration sur le marché du travail sont devenues des questions centrales du débat public. Véritable " mosaïque " multiculturelle héritée de la période coloniale, les migrants de Tunisie constituent un laboratoire hors du commun pour étudier les phénomènes de discrimination au travail, en raison notamment de la multiplicité des motivations qui amenèrent ces populations sur le sol français et de leurs parcours en Tunisie comme en France. Les Tunisiens connaissent-ils une plus faible mobilité sociale que les Français de Tunisie ? Leur trajectoire individuelle suit-elle les mêmes chemins que les actifs français ? Sont ils, parce qu'étrangers, voués aux emplois sous-qualifiés et pendant toute leur carrière ? A l'aide des méthodes statistiques les plus récentes, Anne-Sophie Bruno propose une nouvelle manière d'appréhender le marché du travail et les trajectoires socioprofessionnelles, et procède à une relecture historienne des théories économiques. En croisant l'étude de centaines de données employeurs-salariés avec des entretiens individuels, elle rappelle que les mécanismes sociaux mis en évidence par les statistiques s'incarnent de façon complexe dans des expériences de vie singulières, celles de César, Azzedine, Zouiza et les autres.
Après tant d'études consacrées aux crises de subsistances et aux crises démographiques, de nombreux problèmes sont restés en suspens. Le lien entre les deux types de crises reste mystérieux, la relation labroussienne entre crise agricole et crise industrielle fait problème, la gamme des parades imaginées par les gouvernants pour les surmonter n'a pas été suffisamment explorée et le degré d'extension du phénomène à travers l'espace européen n'a pas été interrogé. Ce sont quelques-unes des questions que ce numéro d'Histoire et Mesure entend éclairer en parcourant quatre siècles, du XVIe au XIXe siècle.
Le thème du prix de la mort de ce numéro s'inscrit dans un champ traditionnel des sciences humaines, mais l'approche quantitative le situe dans la continuité des enquêtes initiées par les historiens dans les années 1960-1970. Ces six articles étudient les pratiques d'acteurs sociaux et de corps rapportées aux offres institutionnelles et économiques, en Europe de l'Antiquité au XXe siècle. En mobilisant des sources variées avec des instruments de mesure différents, ils restituent des gradations et des comparaisons exprimables en termes d'une économie de la mort et du deuil. Au-delà des choix individuels, ils rattachent les échelles locales de la mort aux disparités socio-économiques et politiques, aux rangs, aux hiérarchies et aux fortunes, afin de prendre la mesure des valeurs économiques qui circulent autour de la mort.
Au lendemain des attentats du 13 novembre 2015, des personnes de tous horizons se sont rassemblées dans les rues de Paris, aux abords des lieux attaqués, pour rendre hommage aux victimes. Des mémoriaux se sont formés, faits de milliers de messages, de bougies, de fleurs et d'objets les plus divers. Durant des semaines, les Archives de Paris en ont collecté le contenu qui appartient aujourd'hui au patrimoine national. Fruit d'une collaboration inédite entre chercheurs et archivistes, cet ouvrage enrichi de près de 400 photographies revient sur cette transformation et constitue ainsi un véritable livre-mémorial. Les textes de ce livre retracent le parcours de ces mémoriaux et sont autant de reportages illustrés sur leurs aspects, leur collecte ou leurs usages sociaux. Des courtes notices les accompagnent sur des sujets aussi divers que les citoyens s'étant érigés en gardiens des mémoriaux éphémères, le rôle des agents de nettoyage de la Ville de Paris dans le travail de collecte, la mémoire des attentats de 2015 à Saint-Denis, ou encore la relation particulière des supporteurs du PSG à la mémoire des attentats du 13 novembre. Eclairant sous un angle nouveau un événement majeur et récent de l'histoire de France, cet ouvrage est à son tour un mémorial unique et précieux, une réflexion originale et illustrée sur la manière dont une société est appelée à ne pas oublier.
Au Ve siècle av. J.-C., les Athéniens pouvaient exiler pour dix ans un citoyen soupçonné d'aspirer à la tyrannie, sans autre forme de procès. Le nom de la victime était inscrit sur des tessons d'argile : les ostraka. Conservés par milliers, ces fragments de poterie livrent aujourd'hui une parole populaire d'une rare intensité : aux noms s'ajoutent parfois des dessins moqueurs et des injures cinglantes adressées aux figures honnies de la cité. Souvent conçue comme un instrument d'oppression populaire, la procédure d'ostracisme était en réalité fort régulée : arbitraire dans son principe, elle était encadrée dans son déroulement et limitée dans ses effets. C'est ce qui explique qu'elle fut globalement acceptée, y compris par ceux qui en furent la cible. Elle permit de domestiquer les citoyens les plus puissants sans provoquer leur défection ni leur révolte. S'appuyant sur une documentation iconographique exceptionnelle, Vincent Azoulay enquête sur l'une des institutions les plus déroutantes de la démocratie athénienne. Il en met au jour le moteur caché - l'honneur et l'infamie - et en explore les résurgences de la Florence de la Renaissance à la Révolution française, jusqu'aux usages contemporains du "dégagisme".
Molho Tony ; Fleming Katherine E. ; Ginzburg Carlo
Sans m'attribuer le mérite de ma survie, le fait est que j'ai miraculeusement survécu. C'est à l'altruisme et à la bonté de certaines personnes, ainsi qu'à la chance que je le dois". Tony Molho retrace, dans un récit à la fois sensible et historique, son enfance en Grèce durant les années 1940, alors que la menace de la déportation par les nazis pèse sur sa famille. Caché chez un couple sans enfant, dans un train, au coeur d'un couvent, il échappe à la mort grâce à la détermination de ses parents et à la gentillesse des autres, des gens ordinaires - voisins, amis, inconnus - souvent modestes qui lui portent secours. Des années plus tard, Tony Molho, passé d'un pays à un autre, d'une langue à une autre, revient sur cette période fondatrice. Il y déploie une réflexion sur l'histoire, la mémoire, l'effacement de la communauté juive de Salonique et interroge la manière dont la conscience du traumatisme de la Shoah l'a aidé à comprendre le cours de sa propre vie.