Les Enfants de Don Quichotte. Sociologie d'une improbable mobilisation nationale
Bruneteaux Patrick
PU VINCENNES
21,00 €
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EAN :9782842923693
Le mouvement des Enfants de Don Quichotte a eu un retentissement national. Qui a oublié les tentes de SDF le long du canal Saint-Martin et les campements qui se sont élevés dans les grandes villes de France ? Le président de la République a lancé l?idée de la loi pour le logement opposable, bousculant ainsi plusieurs siècles d?immobilisme. À ce jour, aucune enquête sociologique n?avait encore rendu compte de cet événement majeur de la lutte en faveur des sans-abri. C?est chose faite avec le recueil à chaud des témoignages des campeurs et des militants et de nombreux portraits des principaux leaders, à commencer par la famille Legrand dont le fils Augustin a été comparé à l?abbé Pierre. L?ensemble des phases de cette action collective est disséqué selon une multiplicité de points de vue qui surprendra le lecteur. Les images véhiculées par les médias et les riverains enthousiastes se révèlent en décalage avec les jeux de pouvoir, selon des logiques d?associations dont les accents rebelles scéniques ont si bien cadré avec la mémoire collective projetée sur les acteurs de terrain.
Commandé avant 16h, livré demain
Nombre de pages
222
Date de parution
20/06/2013
Poids
333g
Largeur
140mm
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EAN
9782842923693
Titre
LES ENFANTS DE DON QUICHOTTE
Auteur
Bruneteaux Patrick
Editeur
PU VINCENNES
Largeur
140
Poids
333
Date de parution
20130620
Nombre de pages
222,00 €
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Matraquage, tabassage, bavure accompagneraient fréquemment les manifestations et les grèves. De telles réactions de la part des forces de l'ordre ou des citoyens reflètent très imparfaitement l'usage ordinaire de la coercition dans les Etats démocratiques. Pour l'auteur, dont l'étude repose sur des archives inédites, des témoignages et des enquêtes, il s'agit là de "résidus" qui cachent une pacification globale de la violence de l'Etat dans les régimes démocratiques.
Rapporter ce constat, mille fois avéré par la littérature comme par les chercheurs, d'un mal - être fondamental des Antillais colonisés ne signifie pas ressusciter une fois de plus les recherches affirmant les multiples dépendances à l'égard de la métropole (colons / colonisés) ou les effets persistants du racisme dans toutes ses dimensions (Blancs/Noirs). Cet ouvrage entend exhumer une réalité taboue au travers d'une fonction sociale intermédiaire : le rôle des Noirs eux-mêmes dans le maintien de l'ordre esclavagiste et colonial ; ainsi que les circuits sociaux de la reproduction de cette " zone grise " jusqu'à aujourd'hui. D'où le fil directeur de cet ouvrage fondé sur la notion de tripartition : partir des structures socioraciales de l'Ancien Monde (békés / mulâtres / nègres), et plus particulièrement des rapports de force physiques entre colons, serviteurs et colonisés, pour suivre les transformations progressives de cet ordre relationnel jusqu'à aujourd'hui. Grâce à l'étude fine des représentations des acteurs et notamment des musées, il est possible de lire très distinctement ces jeux d'obédience à l'ordre néocolonial français : derrière le bruit d'un discours identitaire écran, on repère le travail persistant des mulâtres destiné à dissoudre les traces de leurs actions passées, à brouiller les jeux d'alliances entre élites issues du système colonial, et à légitimer leur pouvoir actuel ainsi que leur prétention à parler au nom du peuple noir.
Ce livre parle d'un invisible. Il redonne vie à un être issu du monde ouvrier mais qui semble avoir raté sa vie en devenant un "SDF". Or, bien loin de cette image négative, cet ouvrage a pour ambition de montrer que le parcours banal de ce migrant venu de la Lozère porte en lui quelque chose d'incroyable qui ne pouvait pas être vu avec les lunettes du monde ordinaire. Au terme d'un travail mené sur une quinzaine d'années, il est devenu possible d'entrer dans le monde intérieur de ce personnage réfractaire à l'usine. Au travers des concepts d'onirisme social, de circulations en tensions et en boucle du monde du travail aux mondes sous-prolétaires, de dédoublement de soi, ce récit de vie entend montrer comment on peut se construire et se réaliser dans et hors du monde social normé ; un monde souvent inhospitalier mais qui l'a fortement attiré, poussé vers d'autres dimensions vécues comme plus prometteuses. C'est le monde de la biffe, de la nuit, de l'alcool, de la sexualité, de la rue, mais c'est aussi, en cycles, les retours vers le travail ou le mariage qui sont ainsi retraduits dans son langage personnel. Une histoire recueillie dans un échange au long cours entre un chercheur et une "personne à la rue", dans les termes d'une aventure où le réel se dérobe souvent, à cheval entre des mondes imaginaires et des envolées incertaines vers d'autres manières de vivre.