En 1655, dans une Rome en chantier que la peste menace, le grand peintre Andrea Sacchi, à qui des dessins furent volés, ne parvient pas à terminer la décoration de l'église Saint-Louis des Français commanditée pour le cardinal Mazarin. Battista Passerotti, un ancien élève retrouve dans un couvent les dessins volés par une prostituée convertie... Battista Passerotti, qui avait voulu devenir peintre après qu'une femme lui eut fait découvrir la grande peinture, mais que Sacchi avait renvoyé de son Académie, s'efforce sans succès d'écrire des Vies de peintres, domaine réservé de l'académicien Bellori. Quand il apprend que son ancien maître ne peint plus, Battista voit une occasion de se venger et sortir de l'obscurité dans laquelle il se débat. Se frayant un chemin entre les décombres des travaux que le pape Alexandre dirige du haut du Quirinal, tandis que son neveu cruel aux mains baguées noue des intrigues contre le cardinal Barberini commanditaire de Sacchi, Battista surprend le grand peintre se plaignant aux fresques de Raphaël du Vatican, saoul dans d'une taverne, et fumant du chanvre dans son atelier au lieu de peindre, autant d'aberrations qui finissent par s'expliquer par la perte des dessins qui lui auraient été volés. Décidé à retrouver ces dessins, Battista se met en chasse. Une ancienne maîtresse du fougueux Bernin qui l'avait défigurée, et qui est devenue marchande d'art réputée ; Matilda qui fait le négoce de la peinture et de son corps ; Serafino gamin des rues qui connaît Rome comme sa poche ; Salvator Rosa peintre fantasque des Sorcières ; Stalone, ancien compagnon de l'Académie Sacchi, un géant ; Giorgio, un petit chien qui manque se faire écraser par un carrosse, mais que Battista sauve in extremis au début du récit, sont autant de personnages qui accompagnent cet ancien élève du collège des jésuites dans sa quête. Battista finit par retrouver les dessins que Sacchi dans un couvent où les avait emportés la Cucchiarina, une prostituée convertie qui les avait volés pour le compte d'Agostino Tassi, violeur d'Artemisia Gentileschi et concurrent de Sacchi pour la décoration de l'église Saint-Louis des Français. La Cucchiarina n'était pas seule, Battista apprend alors la vérité sur la femme qui lui avait fait découvrir la grande peinture, et la raison pour laquelle Sacchi l'avait renvoyé de son Académie. Si Battista est dévasté, les confessions de Sacchi, à commencer par son vrai nom que Bellori ne connaît même pas, devraient lui permettre d'écrire un ouvrage riche en détails inédits sur le grand peintre, qu'il croit revenu à sa décoration. Mais ce n'est pas le cas. Alors, poursuivant plus avant son enquête, attiré par une lueur rouge vers laquelle il avait vu Sacchi se diriger, Battista descend dans les égouts souterrains de Rome. Dans une salle d'eau convertie en théâtre où la Transfiguration de Raphaël est projetée sur le mur, autour d'un feu de sorcières qui s'agitent frénétiquement sous l'oeil jubilant de cardinaux amis du neveu du pape, hilare, et de Rosa qui peint à une vitesse folle, apparaît Sacchi, chevelure dénouée, chevauchant une tortue géante, agitant un balai et hurlant le nom de Raphaël. Battista veut fuir, mais un coup sur la tête lui fait perdre conscience. Il ne la retrouvera que sur la barque pilotée par Rosa qui lui évite de justesse d'avoir la jambe happée par la pince d'un homard géant jailli des eaux noires. Exténué, hébété, Battista erre dans Rome où la peste commence à sévir. Tiré d'un évanouissement fatal par Giorgio qui lui mordille le bras, il finit par s'enfuir dans les Marches, loin de Rome, où le poursuit l'énigme du secret qu'il y a découvert.
Résumé : Saisir le spectateur : tel est le projet commun à Tintoret et Francis Bacon. Ceci non pas pour nous faire participer à quelque réflexion, mais afin de nous impliquer dans la soudaineté d'un dévoilement : celui du mystère de la chrétienté pour un peintre vénitien du XVI` siècle, celui du sens caché de la réalité quotidienne pour le peintre moderne. Jusqu'où est-il possible de transgresser les lois de l'équilibre ? A quel moment le sens d'un portrait se condense-t-il avant de s'évanouir dans l'abstraction ? A quel instant précis le geste miraculeux dévoile-t-il le surnaturel aux yeux d'une assemblée saisie de stupeur ? L'examen de ces questions conduit à la notion de singularité. Singularité, bifurcation, déchirement, cassure : il est un moment fatidique où un système, poussé dans ses retranchements, renonce à sa course et adopte soudainement un comportement imprévisible. Bacon, dans ses toiles, mais aussi dans sa vie tumultueuse et scandaleuse, a aimé côtoyer cette lisière où le sens bascule, qu'à d'autres fins Tintoret avait explorée avant lui, et qu'a sondée le mathématicien français René Thom dans sa fameuse " théorie des catastrophes ".
Etre peintre amateur et s'appeler Maurice De Vlaminck. On en sourit parmi ses amis. Lors d'un voyage professionnel à Londres, cet architecte parisien tombe amoureux d'une jeune anglaise pleine de fraîcheur et de spontanéité. Avec elle, il va fréquenter le milieu artistique londonien. Sa vie va être bouleversée. Ses allers et retours entre Londres et Paris, où il vit avec sa femme, Catherine, simplement, qui possède une galerie, et sa fille Miche, sortant de l'adolescence et détestant son prénom trop "ferroviaire", déclenchent une introspection, qui va le porter à écrire, enfin. Avec les références au Voyage autour du monde de Bougainville, discret et subtil fil rouge, ce récit nous promène dans le milieu des galeries, vernissages, ateliers, musées, où se percutent deux histoires d'amour : l'une, éphémère et romantique, l'autre, mature et profonde. Une tante qui a des souvenirs, un grand-père qui a des secrets, un instituteur amoureux de la rivière, une serveuse de café aux yeux rêveurs, une forêt profonde, un lac mystérieux : tel le papillon de nuit qui tourne autour de la lampe qui va le brûler, le, jeune homme venu de, Paris, enfant du pays de retour parmi les siens, s'efforce de toucher du doigt le mystère qui entoure ces personnages taiseux, icônes vivantes du pays du Haut-Bugey. Finalement, il n'aurait pas dû déplacer cette barque.
A Rome, le pape Innocent VIII est assiégé de problèmes qui mettent le Saint-Siège en danger. De son côté, pour protéger la république de Florence, ses intérêts, et sa propre personne, Laurent de Médicis a besoin d'avoir un espion au Vatican. Mais tous ceux qu'il envoie se font découvrir. Pourquoi ne pas envoyer à Rome un imbécile ? Le Goffo, artiste florentin, gaffeur... Le Goffo est un roman en deux parties dont l'action se situe en Italie à la fin du XVe siècle. En 1490, à Rome, le pape Innocent VIII est assiégé de problèmes : la guerre avec le royaume de Naples, la menace des Turcs, les caisses vides, sa santé défaillante, autant de périls qui mettent le Saint-Siège en danger. Pour protéger la république de Florence, les intérêts de sa banque, et sa propre personne victime d'un attentat récent, Laurent de Médicis a besoin d'avoir un espion au Vatican. Mais tous ceux qu'il envoie se font découvrir. Pourquoi ne pas envoyer à Rome un imbécile ? suggère alors son secrétaire faisant allusion au Goffo, un artisan florentin dont la dernière gaffe fait s'esclaffer tout Florence. Tourné en ridicule, le panneau qu'il vient de peindre à l'insu de son maître provoque néanmoins un miracle drolatique, et Laurent de Médicis entrevoie l'usage qu'il peut faire de l'ingénu. Ebahi par Rome, le Goffo découvre une ville salle au bord du chaos, mais une cuisinière d'auberge lui ouvre les yeux et son lit. Si la mission qu'on lui a confiée se heurte à un obstacle, elle lui donne accès au Vatican où on l'engage pour de menus travaux. Circulant dans le vieux palais labyrinthique, le Goffo surprend les affrontements entre les cardinaux, entend le pape gémissant qui se plaint à son paon, et met à jour la naissance d'un complot, autant d'événements historiques qu'il rapporte au maître de Florence dans un langage qui n'appartient qu'à lui.
Les italiens des années 50 aimaient les passions gémellaires : Sophia Loren et Gina Lollobrigida. Le plus fameux affrontement opposa Renata Tebaldi, qui régnait sur la Scala de Milan, à une nouvelle venue, Maria Callas, qui passa à la postérité. Mon chant aux étoiles est une histoire d'amitié entre deux hommes que tout oppose mais que réunit l'amour de l'art lyrique. Les italiens des années 50 aimaient les passions gémellaires : Fausto Copi versus Gino Bartali par exemple, ou Sophia Loren versus Gina Lollobrigida, jusqu'à les étendre au monde entier. Un des affrontements les plus fameux opposa Renata Tebaldi, la soprano à la voix d'ange, qui régnait depuis la fin des années quarante sur la Scala de Milan, à une nouvelle venue, Maria Callas, qui passa victorieuse à la postérité. C'est dans ce contexte que se déroule Mon chant aux étoiles, l'histoire de l'amitié de deux hommes que tout oppose mais que réunit l'amour de l'art lyrique. L'arrivée de Maria Callas déchire progressivement leur relation et ils s'éloignent à la fin dans la nostalgie des passions lointaines.
Le tableau du peintre de la Renaissance Lorenzo Lippi, L'Allégorie de la Simulation, qui représente une jeune femme tenant d'une main un masque de théâtre et de l'autre une grenade, est une énigme artistique depuis plus de trois siècles. Ces deux symboles jamais réunis dans une même oeuvre d'art vont transporter Paul, expert en dessins anciens, et Andrea, plasticienne contemporaine, sur les traces du fantasque peintre et poète. La Jeune Fille à la grenade, l'étrange chef d'oeuvre du maître florentin va peu à peu révéler son incroyable secret dans un tourbillon de rebondissements. De l'Antiquité jusqu'à la Révolution française en passant par la Renaissance, Andrea et Paul vont découvrir que cette oeuvre est peut-être détentrice d'un grand mystère séculaire, entretenu par une ancienne société secrète, et perdu au fil des siècles...
Gunther von Dauendorff est capitaine dans l'armée allemande en 1940. Il est chargé d'organiser la visite à Paris que Hitler doit effectuer le 23 juin, avec l'architecte Albert Speer et le sculpteur Arno Breker : il lui faut choisir les monuments où le Führer s'arrêtera, prévoir les mesures de sécurité. Il s'agit d'une mission à risque. Dauendorff va participer à la visite dans le même véhicule que Hitler, Speer et Breker. Cette balade sera fertile en incidents : portes fermées, guides absents, retards de toutes sortes, tensions dans l'entourage du dictateur. Mais le pire est à venir : Hitler a fait, au cours de sa carrière, l'objet d'une vingtaine d'attentats manqués. La promenade à Paris n'échappera pas à la règle, avec deux tentatives d'assassinat dont Dauendorff sera, directement ou indirectement, partie prenante. L'avenir de la Ville Lumière est en jeu.
Jacques Grinberg fut, dans les années soixante à Paris, l'un des précurseurs de la Nouvelle figuration. Puis sa vision du monde l'a éloigné de tous mouvements ou écoles. Il est resté dans la révolte et la contestation. Artiste totalement libre, il peignait, dessinait, et écrivait!, ce qu'il voulait et comme il voulait. Certains de ses tableaux, surtout vers la fin, semblent abstraits. Ils ne le sont jamais. Son art ne cherche jamais à plaire. Pourtant il plaît. Sa peinture est spontanée, violente, souvent cruelle jusqu'à l'insoutenable - et de l'autre côté, sa pensée est douce, humaine, caressante. Sa palette est mélancolique, tout en cultivant la dérision. Attiré par l'écriture, l'artiste s'est intéressé à la kabbale et au tao et s'en inspirait. Il y découvrait l'importance de l'écriture, du caractère, du signe, de la forme de la lettre.