L EXPERIENCE DE LA BEAUTE ESSAI SUR LA BANALISATION DU BEAU AU XVIIIE SIECLE
BRUGERE
VRIN
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EAN :9782711618101
Pourquoi la philosophie a-t-elle pris sur elle, à un moment donné, de libérer le beau d'idéaux et de règles qui le maintenaient dans une recherche métaphysique ? Au XVIIIe siècle, dans le registre de l'art, ont lieu de nouvelles expérimentations anthropologiques qui dissolvent les présupposés platoniciens de la beauté absolue. Les phénomènes esthétiques basculent dans une valorisation sans précédent du relatif. D'une part, la beauté est affaire d'expérience perceptive. D'autre part, son contenu dépend de l'époque, des institutions politiques, des coutumes et des modes. Le dispositif théorique qui contribue à ce renversement de perspective peut être nommé en philosophie l'empirisme. A l'intérieur de ce nouveau regard sur la beauté, les positions de philosophes comme Hutcheson, Hume, Smith ou Reid s'avèrent profondément novatrices. Ces pensées, à travers le souci d'une enquête sur la nature humaine, dressent un portrait de l'homme esthétique dans lequel percepts et affects déterminent une appréciation subjective de l'art. La beauté est une modalité essentielle de la tonalité affective de l'homme et indique un nouveau rapport à soi. Elle est aussi un instrument de la distinction sociale car elle participe d'un questionnement sur le progrès de la civilisation, le degré de raffinement, et le développement d'une société marchande qui l'intègre dans le tableau de la prospérité, du luxe et de la puissance.
Date de parution
21/02/2006
Poids
385g
Largeur
210mm
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EAN
9782711618101
Titre
L EXPERIENCE DE LA BEAUTE ESSAI SUR LA BANALISATION DU BEAU AU XVIIIE SIECLE
ISBN
2711618102
Auteur
BRUGERE
Editeur
VRIN
Largeur
210
Poids
385
Date de parution
20060221
Nombre de pages
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À quel cadre conceptuel peut-on s'adosser pour penser l'éclatement et la plasticité des pratiques artistiques contemporaines? Pourquoi la modernité esthétique a-t-elle déplacé les limites entre art et non-art, et entre art et vie? Si l'art n'a de cesse de traquer de nouvelles sensations et de problématiser le rapport au monde, la confusion n'est-elle pas inhérente à l'expérience esthétique? Toutes les oppositions conceptuelles autour desquelles s'est construite la tradition artistique ont été profondément ébranlées par la modernité esthétique: création et reproduction, oeuvre et objet, art et nature, contemplation et consommation, contemplation et participation, goût et mauvais goût, le musée et son dehors, toutes ces frontières deviennent de plus en plus poreuses. Mais si les pratiques artistiques remettent inlassablement en jeu les cadres théoriques, comment penser cette confusion esthétique sans pour autant renoncer au concept d'art?
Fabienne Brugère est professeure de philosophie à l'université de Bordeaux. Elle dirige la collection "Lignes d'art" aux PUF. Elle a publié récemment L'Expérience de la beauté (Vrin, 2006). Misère de la sollicitude paraîtra aux éditions du Seuil en octobre 2008. Blexbolex vit et travaille à Paris, après des études aux Beaux-Arts d'Angoulême, où il découvre la sérigraphie. Ses publications vont du livre d'artiste aux livres pour enfants, en passant par la bande dessinée. Son album L'?il privé a été nominé au Festival d'Angoulême en 2007.
Résumé : Depuis l'Antiquité, l'hospitalité est l'une des valeurs traditionnelles de l'Europe. Aujourd'hui, pourtant, devant l'arrivée d'exilés fuyant des conditions de vie insupportables, le continent se mue en forteresse. Une vertu fondatrice de notre humanité est-elle en train de disparaître ? Pour la première fois, deux philosophes s'emparent de la question de l'hospitalité. Ils associent la réflexion à l'enquête de terrain, défendant le principe d'un "reportage d'idées" qui les mène dans la "jungle" de Calais, à l'aéroport de Tempelhof à Berlin, dans les nombreux camps de réfugiés présents dans toute l'Europe. Refusant l'idéalisme comme le cynisme, ils posent les jalons d'un "réalisme de l'hospitalité": parce qu'elle est une épreuve existentielle pour les hôtes comme pour les arrivants, celle-ci ne peut être que collective, donc politique.
Résumé : Comprendre le sens de l'expérience esthétique à travers une analyse du jugement de goût, tel est le propos initial. Pendant longtemps, la réflexion sur le goût fut l'occasion d'une affirmation de la pureté, du désintéressement. La Critique de la faculté de juger de Kant en offrit la justification théorique. Disparaissait alors le matériau passionnel, anthropologique à partir duquel une compréhension de l'art et du jugement de goût pouvait avoir lieu. A y regarder de plus près, les choses ne se sont peut-être pas passées ainsi. En Italie dès la Renaissance, en France et en Grande-Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles, se noue en réalité un discours sur l'art qui souligne son appartenance à l'idée de civilisation, assignant des origines physiques, sociales et passionnelles au goût. Une nouvelle théorie de l'homme vit ainsi le jour à l'occasion d'une analyse de la matérialité artistique.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.