
L'imaginaire colonial au cinéma. Qu'est-ce qu'un film colonial ?
Dans les anciennes puissances coloniales et impériales du Nord global, les gouvernants comme les gouvernés ont durablement autant que massivement la mémoire qui flanche dès lors qu'il s'agit de faire face à l'héritage de la colonisation et aux bilans de celle-ci, notamment dans sa partie la plus violente. Le cinéma est le parfait témoin de cette condition mémorielle : un fil colonial et impérial le parcourt depuis ses origines (Les actualités Lumière et Pathé), dès les années 1930, le film colonial y prospère comme un genre à part entière - tout en faisant l'objet d'un déni massif, en demeurant privé de son nom, vendu au public populaire en contrebande comme film d'aventures exotiques, drame militaire, film d'action, tragédie romantique... Cet essai s'attache à montrer que le film colonial existe comme genre spécifique, doté de ses caractéristiques propres, ses invariants, ses stéréotypes, ses ritournelles, aussi bien dans les cinématographies ouest-européennes que dans le monde enchanté d'Hollywood. C'est un cinéma totalement émancipé des faits et réalités de la colonisation réelle, constamment appliqué à la transfigurer au point d'en faire un monde de enchanté, un monde à rêver - une pure fantasmagorie. Cette métamorphose du monde colonial apparaît particulièrement litigieuse lorsque sont en question les violences coloniales, les massacres coloniaux - ici, l'usine à rêves qu'est censé être le cinéma se transforme en fabrique du mensonge historique. Les crimes de la colonisation reviennent méconnaissables vers le public populaire friand de ces films peuplés d'espèces sauvages et de paysages exotiques, théâtre d'aventures torrides : la civilisation blanche poursuit son inexorable marche en avant, le fusil à répétition à la main. Le film colonial, c'est le terrain d'aventure de l'imaginaire de l'homme blanc allégé du souvenir des méfait et des crimes de la colonisation.
| Nombre de pages | 144 |
|---|---|
| Date de parution | 11/03/2025 |
| Poids | 265g |
| Largeur | 150mm |
| EAN | 9791093250731 |
|---|---|
| Titre | L'imaginaire colonial au cinéma. Qu'est-ce qu'un film colonial ? |
| Auteur | Brossat Alain |
| Editeur | ETEROTOPIA |
| Largeur | 150 |
| Poids | 265 |
| Date de parution | 20250311 |
| Nombre de pages | 144,00 € |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

Des peuples et des films
Brossat AlainQuelle peut être la part du cinéma, en tant qu'il est une puis- sance agissante et non pas seulement un observateur du présent, concerné, souvent consterné, plus rarement enthousiaste, pas seulement un témoin, donc, et moins encore un miroir ou un reflet du moment (ou de l'époque), quelle part le cinéma peut-il prendre à la reconfiguration d'un peuple et à sa relance ? " Jean-Gabriel Périot le souligne dans la préface de cet ouvrage : Alain Brossat répond aux questions qu'il pose en proposant une traversée inédite de l'histoire du cinéma. Pour lui, il n'y a politique dans un film qu'à la condition que ce film soit lieu de l'inscription d'un peuple. Il ne s'agit pas tant de discerner ce qu'est le peuple, voire un peuple, que de dessiner les nom- breuses figures au fil desquelles se produisent le surgissement ou le délitement, la composition ou l'émiettement, l'apparition ou la disparition d'un peuple. Le cinéma doit tenir une position, ce qui est bien plus qu'adopter un point de vue et, davantage encore, que défendre une opinion. Tenir une position, c'est ce qui permet à un film de réintensifier un événement en associant cette capacité à la présence d'un peuple. Par contraste avec le cinéma du roman national destiné à relancer le peuple de l'Etat, le cinéma du peuple n'enseigne rien, n'exalte ni n'exhorte. Il transmet de l'expérience collective et il le fait à hauteur de l'homme ordinaire ; une expérience qui a certes l'histoire et la vie politique comme milieux, mais aussi les relations sociales, le travail, les épreuves subies en commun, les routines et l'inattendu... L'histoire de ce cinéma du peuple que raconte Alain Brossat n'est pas une histoire achevée. Rejetant la litanie du "c'était mieux avant", il ne voit aucun motif à désespérer du cinéma et de ses capacités agissantes. Comme les peuples se rappelleront toujours au bon souvenir de leurs gouvernants, le cinéma ne sera jamais totalement soumis.Sur commande, 4 à 6 joursCOMMANDER18,00 € -

Entre chiens et loups. Philosophie et ordre des discours
Brossat AlainLe rassemblement des textes qui composent ce volume milite en faveur d'une définition et d'un usage tout à fait distincts de la philosophie : constamment, en effet, et quelle que soit la diversité des objets qui y sont abordés, celle-ci y est rapportée à cette définition : une analytique des discours. Qu'il s'agisse d'envisager les formes contemporaines du gouvernement des vivants (la biopolitique), de la mémoire collective, des phénomènes de violence extrême ou bien encore la dimension politique de la littérature, c'est en effet le discours qui, dans ses formes infiniment variables, est saisi comme le fil conducteur d'une analyse, distinctement inspirée par les travaux de Michel Foucault, dont l'horizon est la mise en relation des modes d'énonciation, des formes de pouvoir et des (en)jeux de vérité. " Le discours, c'est l'ensemble des significations contraintes et contraignantes qui passent à travers les rapports sociaux ", rappelle Foucault. L'analyse de ce domaine de " contraintes ", c'est cela même qui dessine la dimension essentiellement politique du programme de la recherche philosophique ainsi entendue - la philosophie comme agir et comme pratique critique.Sur commande, 6 à 10 joursCOMMANDER32,50 € -

L'Épreuve du désastre. Le XXe siècle et les camps
Brossat AlainL'horreur d'Auschwitz et des crimes staliniens n'a mis un terme ni à l'histoire totalitaire, ni à celle des exterminations. Le présent est contaminé. L'actualité apporte chaque jour la preuve que la démocratie triomphante n'est pas incompatible avec la perpétuation, voire l'extension du monde concentrationnaire. Conserver la mémoire ne suffit pas. Il faut, pour l'avenir, passer à une compréhension du XXe siècle marqué plus que tout autre par la déchirure catastrophique du tissu de la civilisation que la démocratie mondialisée ne peut réparer. Alain Brossat, philosophe et enseignant à l'université Paris VIII, a voulu entreprendre cette tâche en relisant Hannah Arendt et Michel Foucault. Analysant la logique des discours concernant les génocides livrés aux émotions, aux jeux de mémoire et aux enjeux politiques, il élabore une histoire comparée des différentes scènes de l'extrême Auschwitz, la Kolyma, Hiroshima.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER26,95 €
Du même éditeur
-

Afrocritique. Essai sur l'infrapolitique des luttes noires
Bisoka Aymar Nyenyezi ; Kajibwami EmmanuelCe livre étudie les luttes de groupes de Noirs qui se battent pour leur dignité. Il examine le rôle déterminant joué par ces femmes et ces hommes noirs qui prennent soin des combattants, des blessés mais aussi des morts. Dans certaines situations, cette prise en charge de vies précaires et des corps sans vie peut produire des effets pervers : l'affolement, le chaos, voire l'extermination. Cependant, dans d'autres circonstances, elle peut sauver des vies, induire les bases d'une réorganisation de l'existence noire et contenir, par conséquent, les fragments d'un monde autre à venir pour lequel se battent ces subalternes. L'un des principaux facteurs de réorganisation de la vie, qui ressort de ces actes de soin, est la prise en charge de vies humaines, indépendamment de toute allusion au droit moderne et à l'appartenance sociopolitique. Comme si, prendre en charge véritablement la vie noire impliquait nécessairement la destruction de l'idée même de communauté politique au sens euro-occidental du terme. L'ouvrage propose de lier cet appel en faveur de la destruction de la communauté politique fondée sur le droit moderne, à l'appel à la destruction du monde blanc qui a marqué le long tournant induit par des Noirs d'Afrique et par leurs diasporas, dans les pensées critiques du début du siècle dernier. C'est précisément dans cet appel que ce livre situe l'infrapolitique des luttes noires. L'ouvrage se construit autour de ce projet, en rassemblant sous le vocable de tradition afrocritique un certain nombre de travaux d'auteurs d'Afrique et de ses diasporas qui, depuis un siècle, se sont intéressés aux relations entre modernité euro-occidentale, violence raciale et dignité noire dans le monde colonial et postcolonial.EN STOCKCOMMANDER24,99 € -

Gender. Sur le sexuel et sur le politique
Bernini Lorenzo ; Ciccarone Fontaine LeaThéorie du genre, idéologie du genre ou même, tout simplement, "gender". Depuis plus d'une décennie, cette construction rhétorique fait rage dans le discours public, elle fonctionne comme une propagande qui unifie la réaction contre les réalisations des mouvements féministes et LGBTQIA+ et sème le désordre au sein même de ces mouvements. Ce livre rassemble des contributions personnelles de divulgation sur le sujet, dans lesquelles l'auteur, l'une des voix les plus importantes dans le débat italien sur les théories queer et les études sur la sexualité, démystifie et clarifie, sans la simplifier ni la minimiser, la portée de l'affrontement politique et de la révolution symbolique en cours. Dans ces pages, vous trouverez des hypothèses radicales et non évidentes sur la relation entre le genre, le sexe et la politique, ainsi que des outils historiques et conceptuels indispensables pour s'orienter dans le présent.EN STOCKCOMMANDER17,00 € -

Rituels et violences dans la performance
Lussac OlivierPartant du postulat que la performance, en tant qu'art d'action, est une forme décomplexée et individuelle du rituel qui, autrefois, avait cours de manière collective dans toutes les sociétés, l'auteur tente d'évaluer la portée de cette création qui est apparue dans les années 70 et qui, aujourd'hui, recouvre de nombreux aspects. Convoquant en même temps les paroles d'artistes et des écrits théoriques sur le domaine, son propos se décline en trois chapitres. Le premier met en lumière une possible définition de la performance, en regard du rituel (dans ses définitions anthropologiques, artistiques et esthétiques). Cet aspect conduit l'auteur à estimer que la performance est peut-être une nouvelle activité rituelle non fixée, fondamentalement plastique. Le second s'applique ensuite à l'analyse du contexte des années 70, avec, comme apogée, une étude sur les actions de Carolee Schneemann, en regard de l'érotisme et de l'objectivation, de l'essentialisme féministe et de l'écoféminisme. Le troisième, davantage contemporain, décline enfin les activités artistiques d'une des plus grandes artistes actuelles, Regina José Galindo, et ses possibles influences, afin d'évaluer les fondements d'une création engagée, et dont les thèmes principaux sont la violence, l'abjection, l'obscénité, et portant à l'acmé les questions du viol et du féminicide... La performance n'est donc pas, comme on a souvent tendance à le faire croire, un jeu artistique conforme et gratuit, mais plutôt une résistance aux traumatismes sociétaux et un "au-delà de l'esthétisable".ÉPUISÉVOIR PRODUIT19,00 € -

Villes nomades. Histoires clandestines de la modernité
Cambot StanyUne double injonction est aujourd?hui faite aux villes et aux individus : les premières doivent devenir métropoles et les seconds mobiles. Ainsi, au programme de métropolisation du monde, répond une mobilité par lui souhaitée. Une mobilité de cadre métropolitain avec ses oripeaux (téléphones, ordinateurs, etc.) se déplaçant de "cité état" en "cité état" en avion ou train à grande vitesse. Les agents de la fabrique de la ville raccrochent alors le train, architectes en têtes, de peur de rater ce tournant comme ils ratèrent celui du développement pavillonnaire. On se pique désormais de mobile, de léger, de "logement une personne" ou de design de bidonville dans l?espoir qu?un marché émerge. Rien de subversif, mais l?aboutissement d?un programme économique et urbain qui se dessine dès le milieu du XIXe siècle dont le nouveau masque s?appelle métropole. Cependant et sans eux, depuis le nouveau millénaire, des tentes partout : des rassemblements militants ayant quitté la rue pour porter le coup là où, désormais, le pouvoir a Lieu, aux tristes révolutions oranges, en passant par les tentes contestataires ou nécessaires des sans-abris. Des camions, des caravanes, des containers aussi, abris ou logement de la renaissance d?un prolétariat nomade disparu dans les années 20. Des cabanes reconstituant, aux abords des métropoles rêvées, les bidonvilles que l?on croyait disparus. La fabrique même de la métropole génère ainsi une toute autre mobilité. On le voit ici comme à Moscou avec ces brigades d?ouvriers (pour utiliser la dénomination russe) venant de l?autre bout du pays ou du continent que l?on trouve en hôtel low cost, en camping, en caravane ou camion au pied du chantier, en lisière de métropole, au bord de la tache verte de la carte. C?est là, que ces mobilités de constructeurs croisent les espaces d?une autre mobilité, celle de la fuite. Celle de ceux que le programme urbain expulse que l?on retrouvent en camping, camion, campement, containers ou celle de ceux qui fuient la métropole l?entendant comme la construction d?un espace de contrôle (travellers, certains voyageurs, habitants de yourtes ou de cabane).Sur commande, 4 à 6 joursCOMMANDER17,50 €
De la même catégorie
-

Schnock N°56, Automne 2025 : La Boum
Houdaille FrédéricSi vous aussi, vous ressentez l'envie d'échapper à l'hystérie de l'époque en faisant un pas de côté et en tournant le dos au jeunisme ambiant, cette revue est faite pour vous. Elle vous fera replonger dans des oeuvres parfois oubliées, rencontrer des personnages hauts en couleur, mémoires encore vivaces de notre patrimoine culturel, vous permettant de satisfaire vos goûts de jeune ou de vieux Schnock. Ni rétrograde, ni passéiste. Schnock, donc. Tout bonnement. Alors rejoignez-nous ? ! Après vous...EN STOCKCOMMANDER17,50 € -

Schnock N° 58 : OSS 117
Houdaille FrédéricSi vous aussi, vous ressentez l'envie d'échapper à l'hystérie de l'époque en faisant un pas de côté et en tournant poliment le dos au jeunisme ambiant, cette revue est faite pour vous. Elle vous fera replonger dans des ouvres parfois oubliées, rencontrer des personnages hauts en couleur, mémoires encore vivaces de notre patrimoine culturel, vous permettant ainsi de satisfaire vos goûts de jeune ou vieux Schnock. Ni rétrograde, ni passéiste. Schnock, donc. Tout bonnement. Alors rejoignez-nous ! Après vous...EN STOCKCOMMANDER17,50 €



