?Il y a certainement très peu de personnes encore en vie qui ont connu l'exil sibérien sous le tsar ou qui ont vécu la révolution russe en tant que membre d'une famille de révolutionnaires.Ceux qui se souviennent de la vie à Moscou et à Saint-Pétersbourg pendant la guerre civile ne doivent pas être très nombreux non plus. Même le Berlin et le Paris des années 1920 semblent aujourd'hui bien loin. Les expériences décrites ici appartiennent aux confins de la mémoire vivante....D'une enfance dans la Russie de la révolution aux avant-gardes de l'Europe des années folles, entre émigrés révolutionnaires et dadaïstes enragés, Vera Broido traverse le chaos du XXe siècle. Fille de la révolution est le récit saisissant et effréné de sa vie, de sa liberté hors du commun.4e de couverture : ?Il y a certainement très peu de personnes encore en vie qui ont connu l'exil sibérien sous le tsar ou qui ont vécu la révolution russe en tant que membre d'une famille de révolutionnaires.Ceux qui se souviennent de la vie à Moscou et à Saint-Pétersbourg pendant la guerre civile ne doivent pas être très nombreux non plus. Même le Berlin et le Paris des années 1920 semblent aujourd'hui bien loin. Les expériences décrites ici appartiennent aux confins de la mémoire vivante....D'une enfance dans la Russie de la révolution aux avant-gardes de l'Europe des années folles, entre émigrés révolutionnaires et dadaïstes enragés, Vera Broido traverse le chaos du XXe siècle. Fille de la révolution est le récit saisissant et effréné de sa vie, de sa liberté hors du commun.
Dans Le Mariage du Ciel et de l'Enfer, recueil de poésies en prose publié en 1790, William Blake exprime sa méfiance vis-à-vis de la conception religieuse manichéenne de la vie. En Enfer, la sagesse des démons triomphe sur celle des anges. L'Ame et le Corps ne sont pas deux entités distinctes. Le poète proclame au contraire l'unité humaine, et un nouvel ordre moral dans lequel le vice et la vertu ne feraient qu'un. Mêlant prose et poésie, humour et cynisme, il en vient à écrire une véritable apologie du Mal, à l'encontre des opinions de son époque qui encensait la Raison. Moderne tant par ses idées que par son style hybride, William Blake se détache ici des conceptions religieuses pour proclamer une vision novatrice de la vie, pleine de lucidité.
Des plaines, des villes, des nuits, des îles... Demande à la brûlure est une errance peuplée de visions, de routes et de fantômes. Comme un carnet de voyage dans un monde flottant, les poèmes deviennent parfois des aphorismes, des fragments. "Le corps, amené à mourir / Un piège pour le désir" : comment lui échapper ? Comment se protéger de cette absence dont le souffle irradie la mémoire ? En se détachant du présent, au risque de se perdre en soi-même. En contemplant à travers de fragiles souvenirs le mouvement incessant du monde, les paysages dessinés par la mer et la fumée, un "soleil s'écroulant dans ma bouche". Et en rêvant le jour pour traverser les nuits, quand la puissance des images invoque et conjure des ombres voluptueuses. "L'obscurité s'accouple au vent / Pour me tenir ici".
Je me demande si je l'aime et je suis forcé de répondre : Non, je lui reproche de m'avoir châtré, c'est vraiment peu de chose, mais enfin... Et puis elle m'a mis au monde et je fais profession de haïr le monde. " Dans une langue à la beauté froide, Albert Caraco évoque la mort de sa mère. Vivant à l'écart de ses contemporains, celui dont la "vie entière est une école de la mort" préfère aux illusions de l'amour et de la procréation une "sainte indifférence". Quelques éclairs percent pourtant à travers ce texte aussi cruel que lucide. Les souvenirs heureux qui subsistent, le portrait pudique de la mère, le récit déchirant de son agonie. Dans cette méditation sur l'anéantissement, Caraco livre sa vision obsédante des mères et des fils, des femmes et des hommes, et de leur impossible rencontre.
Le grand spécialiste français du nazisme Johann Chapoutot décortique précisément mais avec beaucoup de clarté la politique allemande des années 1930 à 1933, moment de bascule de la république de Weimar où l’on assiste à l’agonie d’une démocratie parlementaire sombrant dans un présidentialisme de plus en plus autoritaire. Et pourtant, rien n'était joué à l'avance. L’historien se fait ici également essayiste en traçant des parallèles avec la situation politique française actuelle. C’est à la fois brillant, lucide et inquiétant.
Ce livre part d'un canular et choisit de le prendre au sérieux. En mars 1929, une lettre parvient à la Chambre des députés. Elle décrit le sort d'un peuple lointain, les Poldèves, victimes d'esclavage, de supplices et de famine, et appelle les élus français à intervenir. Plusieurs députés de gauche, au nom de la justice et de l'humanité, relayent l'alerte. Un mois plus tard, la supercherie est révélée : les Poldèves n'existent pas. Ils ont été inventés par l'Action française pour tourner en dérision les engagements humanitaires de leurs adversaires politiques. En revenant sur cet épisode oublié, le livre interroge moins la naïveté de ceux qui se sont laissé prendre que les ressorts politiques d'un scandale fabriqué par l'extrême droite — et ce qu'il dit, hier comme aujourd'hui, du faux et de ses usages en politique.
1923. Frederick Cook est derrière les barreaux. L'homme que l'Amérique encensait hier est condamné pour escroquerie. Pourtant, il avait tout d'un héros. Issu d'une famille d'immigrés, il s'est fait à force d'audace et de persévérance. Cet enfant des montagnes devenu laitier, médecin, puis explorateur a su tracer son chemin d'aventurier du Groenland à l'Antarctique, jusqu'aux plus hauts sommets de l'Alaska. Il ne manquait qu'un exploit à son palmarès : le pôle Nord. Gérard Guerrier redonne vie à Frederick Cook tout en explorant les frontières incertaines entre mensonge et vérité, héroïsme et imposture.