Du classicisme au réalisme. Une histoire de la littérature française (XVIIe-XXIe siècles)
Brix Michel
KIME
29,00 €
Epuisé
EAN :9782380720259
La littérature française a vu, entre le XVIIe siècle et nos jours, se succéder deux modèles esthétiques dominants, ? le classicisme et le réalisme. La France a d'abord eu à connaître le règne du paradigme classique : celui-ci était fondé sur une certaine interprétation des littératures de l'Antiquité, notamment de la Poétique d'Aristote, et reposait sur la thèse que l??uvre littéraire devait apporter un enseignement susceptible d'éclairer le lecteur dans sa propre existence. Ce modèle, qui s'est diffusé aussi hors de France, a cependant subi un détricotage progressif au XVIIIe siècle, comme un chandail qui s'effilocherait maille par maille et dont on récupérerait la laine pour assembler un nouveau vêtement, très différent de l'ancien. Les Confessions de Jean-Jacques Rousseau marquent la fin du règne du classicisme et inaugurent l'ère de la « modernité ». Avec l'esthétique moderne, ou réaliste, l'enjeu d'une ?uvre ne se situe plus en aval, mais en amont d'elle-même : elle est censée fournir des informations sur son contexte de production et sur son auteur. Quand commence le XIXe siècle, la poétique classique a définitivement cédé le pas à ce nouveau paradigme, le réalisme, dans lequel un Boileau, un Racine ou un Molière ne se seraient pas reconnus, et à l'intérieur duquel des mots comme « art » ou « vraisemblable » ont changé de signification. Après avoir dominé le XIXe et le XXe siècles, le réalisme règne toujours aujourd'hui, en ce début de XXIe siècle, sur le champ littéraire.
Nombre de pages
337
Date de parution
17/09/2021
Poids
448g
Largeur
145mm
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EAN
9782380720259
Titre
Du classicisme au réalisme. Une histoire de la littérature française (XVIIe-XXIe siècles)
Auteur
Brix Michel
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
448
Date de parution
20210917
Nombre de pages
337,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Voici le livre qui manquait et que l'on attendait, celui qu'il fallait écrire parce qu'il n'existait pas : il retrace en un seul volume, et en un peu moins de 400 pages, toute l'histoire de la littérature française, depuis la Chanson de Roland jusqu'aux écrits de Sartre, de Malraux et du général de Gaulle. L'auteur nous offre le fruit de trente ans d'expérience dans l'enseignement de la littérature française. Son ouvrage prend la forme d'une narration argumentée et chronologique, organisée en trois grandes parties. Référence pour les étudiants en lettres, c'est aussi un livre passionnant et instructif à destination du grand public ; chaque lecteur pourra y suivre le chemin parcouru par la littérature française au cours des siècles. Est décrit dans cette Histoire tout ce qui fait la richesse et la particularité du patrimoine littéraire en français : les courants qui se sont développés en son sein, les évolutions qu'il a connues (tant pour la forme que pour le fond), les grands textes qui l'ont illustré, les apports de l'étranger qui l'ont influencé.
Les déesses absentes : en tête d'un essai sur Nerval, un titre semblable évoque immanquablement la figure de la mère de l'écrivain. Pourtant, le pluriel indique que ce n'est pas seulement à la mère que fait allusion pareil intitulé. La formule, au singulier cette fois, appartient à l'auteur lui-même : au cours d'une promenade à Ermenonville, près de l'endroit où fut enterré Rousseau, le narrateur d'Angélique aperçoit « le temple de marbre d'une déesse absente, ? qui doit être la Vérité ». Autant que le fantôme de la mère, l'ombre de cette déesse absente plane sur l'?uvre nervalienne. Des récits comme Les Faux Saulniers, le Voyage en Orient ou Les Illuminés (qui constituent le versant moins étudié des ?uvres de Nerval) ont mis en question les valeurs qui étaient celles de la France du XIXe siècle.Le présent essai s'attache à éclairer les causes et les caractères du scepticisme nervalien, au risque d'apporter quelques retouches à l'image consacrée du « doux Gérard ». L'ouvrage examine aussi comment l'?uvre nervalienne passe d'une « déesse absente » à l'autre ? de la vérité insaisissable à la mère disparue.
Dès la mort de Flaubert, s'est imposée très vite l'idée que les romans éminemment novateurs de cet écrivain constituaient une rupture radicale dans l'histoire de la création littéraire: l'auteur normand semblait avoir rendu caduques, définitivement, les principes esthétiques qui prévalaient avant lui. Et l'unanimité s'est faite, aujourd'hui, pour reconnaître que l'oeuvre de Flaubert marque le début d'une ère nouvelle de la narration et de la représentation: l'auteur de Madame Bovary est le père de la fiction contemporaine, celle qui met notamment l'accent, non sur l'événement raconté, mais sur la manière dont cet événement est raconté. Or, ce roman «nouveau », moderne, connaît bien des problèmes, et l'on entend beaucoup parler de la crise de la fiction en français. D'où cette question, à laquelle le présent essai s'attache à répondre: les réorientations imposées par Flaubert, puis par ses disciples, à la pratique romanesque ont-elles conduit celle-ci dans des voies fécondes ou dans une impasse...
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.